Ancien sélectionneur de l’équipe nationale d’Algérie (2006-2007), Jean-Michel Cavalli garde un attachement viscéral pour les Fennecs et le football africain. Toujours très convoité sur le continent, le technicien, qui est actuellement libre, est d’ailleurs en discussions très avancées avec deux sélections nationales et plusieurs clubs ambitieux.
Il a suivi avec une grande attention l’entrée en lice manquée des Verts face à l’Argentine dans cette Coupe du monde 2026. Dans cet entretien accordé en exclusivité à Africafoot, il n’élude aucun sujet : le manque d’agressivité face à un Lionel Messi laissé trop libre, l’absence préjudiciable de Riyad Mahrez au coup d’envoi, et les leçons à tirer de son propre affrontement héroïque contre l’Albiceleste au Camp Nou en 2007.
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L’heure n’est toutefois plus aux regrets. Alors que l’Algérie affronte la Jordanie ce dimanche pour un deuxième match de poule déjà décisif, Cavalli appelle à un réveil immédiat. Pour lui, l’équation est simple : une victoire est impérative pour relancer la machine et faire honneur au maillot algérien.
Quel regard portez-vous sur la prestation de l’Algérie face à l’Argentine lors de ce premier match ?
J’ai été très déçu. Je ne pense pas que l’Algérie ait véritablement joué comme il le fallait face à cette équipe d’Argentine. Elle a manqué de rigueur défensive et n’a, à aucun moment, cherché à prendre le jeu à son compte. L’équipe a trop attendu son adversaire, se contentant de garder le ballon par séquences pour ne pas trop emballer la rencontre.
Cela donnait l’impression que les joueurs avaient peur. Ils semblaient tétanisés, soit par l’enjeu, soit par le fait qu’ils n’arrivaient pas à se trouver sur le terrain. Nous avons vu le mauvais visage de l’Algérie, une nation pourtant redoutée pour sa vitesse, sa qualité technique et sa capacité à se procurer des occasions. En jouant aussi bas, nous leur avons donné la possibilité de tirer au but très facilement.
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On a justement le sentiment que les joueurs ont été trop respectueux, voire admiratifs, laissant notamment une liberté totale à Lionel Messi…
C’est exactement cela. Quand on laisse autant de liberté à un joueur comme Messi à 20 mètres de nos buts, il ne peut arriver qu’une catastrophe. C’est ce qui m’a le plus déçu. Pour faire un parallèle, lorsque nous avions affronté l’Argentine au Camp Nou en 2007, c’était la meilleure équipe du monde.
Elle était première au classement FIFA et comptait des joueurs de très grand caractère comme Zanetti, Cambiasso, Tevez, Crespo ou Milito, avec un jeune Messi qui allait bientôt marcher sur le football mondial. Nous avions encaissé un but au bout d’une minute, mais nous avions réagi avec énormément de caractère pour mener 2-1 à la mi-temps.
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À l’époque, nous n’avions pas fait de marquage individuel sur Messi, mais nous avions mis en place une prise à deux systématique, à 25 mètres, avec Zarabi et Belhadj, pour le forcer à s’excentrer et l’empêcher de prendre l’axe. Nous avions refusé de respecter excessivement l’Argentine.
Nous avions fait valoir notre volonté et notre détermination pour faire honneur au peuple et au drapeau algérien. C’est cette attitude combative qui a cruellement manqué la semaine dernière. L’Algérie avait pourtant réalisé une excellente préparation, avec des victoires probantes contre les Pays-Bas (1-0) et la Bolivie (4-0). Voir cette copie ratée face à l’Argentine a été une vraie surprise.
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Un autre grand absent au coup d’envoi était Riyad Mahrez. Son entrée en jeu en seconde période a pourtant semblé stabiliser l’équipe. Faut-il impérativement le relancer ?
Pour moi, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Dès sa rentrée, on a vu que l’Argentine a reculé. Ce n’est pas un hasard : Riyad Mahrez n’est pas n’importe qui, c’est un joueur indispensable. Pour avoir une grande équipe, il faut de grands joueurs sur le terrain. Messi a joué ce match en marchant.
À 39 ans, ce n’est plus le joueur explosif de 2007 que nous devions marquer à deux ou trois, il sait s’économiser pour n’accélérer qu’au moment décisif. Si un joueur comme Cristiano Ronaldo est encore titulaire avec le Portugal, Mahrez a largement sa place. Il est en fin de carrière, c’est sa dernière Coupe du monde, il a l’expérience nécessaire pour mettre le pied sur le ballon, calmer le jeu et faire passer des messages à ses coéquipiers sur le terrain.
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Ce mardi, c’est le match décisif face à la Jordanie. Après le manque d’engagement reproché face à l’Argentine, le danger n’est-il pas de tomber dans un excès d’agressivité ? Quel doit être le discours ?
Il ne faut surtout pas tout casser ni tomber dans l’excès d’agressivité sous prétexte qu’on en a manqué au premier match. Face à l’Argentine, le problème n’était pas un manque d’agressivité volontaire, mais plutôt une erreur d’approche : les joueurs ont cru pouvoir rivaliser tranquillement au lieu d’aborder la rencontre comme un combat pour leur survie.
Aujourd’hui, face à la Jordanie, la donne est différente. Sans faire offense à cette équipe, si l’Algérie ne gagne pas ce match, c’est à n’y rien comprendre. Nous sommes l’une des plus grandes nations africaines. Il faut redonner confiance aux joueurs, qu’ils prennent leurs responsabilités et restent concentrés à 100 % pendant 95 minutes.
Surtout, il faut jouer à l’algérienne ! On a coutume de dire que les Algériens sont les Brésiliens de l’Afrique du Nord. On ne peut pas se permettre de jouer en marchant, en faisant des passes latérales ou en reculant. L’Algérie est faite pour développer un jeu de qualité, se projeter vers l’avant, créer du danger et marquer des buts.
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Vous êtes donc confiant pour une qualification des Fennecs au prochain tour ?
Je reste très optimiste. Il y a un petit doute qui flotte, mais personnellement, je n’y crois pas. Souvenez-vous de la Coupe du monde 2014 au Brésil : l’Algérie était complètement passée à côté de son premier match contre la Belgique.
Vahid Halilhodzic avait alors bousculé la hiérarchie en changeant trois ou quatre joueurs, l’équipe s’était remise en ordre de marche et avait réalisé un parcours exceptionnel. Il n’y a pas de raison que cela ne se reproduise pas. Bousculer les choses de temps en temps ne fait pas de mal. L’essentiel ce soir, c’est de gagner pour se qualifier. J’en profite pour glisser un mot aux supporters : que le peuple ne lâche pas cette équipe. Les joueurs en ont plus besoin que jamais.
Jordanie – Algérie : les compos probables avant le choc
Très bientôt, l’Algérie disputera son match de la 2e journée de la Coupe du monde 2026 face à la Jordanie. La société de paris 1xbet (vous pouvez télécharger 1xbet ici) propose les cotes suivantes pour ce match – l’Algérie gagne à 1,57, un match nul est évalué à 4,15, et la Jordanie gagne à 5,80.




