La claque a fait l’effet d’une douche froide. En s’inclinant lourdement face à l’Argentine (0-3) pour son entrée en lice dans ce Mondial, l’équipe d’Algérie a déçu ses supporters et soulevé de nombreuses interrogations. Qu’est-ce qui a fait chuter les Fennecs de manière si brutale ? Était-ce un blocage mental face aux champions du monde en titre, un manque d’agressivité ou une simple faillite collective ?
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Pour décrypter ce faux pas et analyser les failles de l’équipe nationale, Africafoot a sollicité le regard avisé d’un grand nom du football algérien : Chérif Oudjani. Héros national et unique buteur de la finale de la CAN 1990, qui a offert à l’Algérie son tout premier trophée sur la scène internationale, l’ancien attaquant n’a rien perdu de sa ferveur. Toujours très impliqué dans le monde du ballon rond, que ce soit en tant qu’adjoint aux sports dans sa ville de Lens ou via son rôle de recruteur pour le club anglais de Newcastle, il continue d’étudier le jeu avec une grande acuité. S’il pointe du doigt le respect excessif accordé à Lionel Messi et un mental défaillant lors de cette première rencontre, Oudjani refuse de céder au pessimisme et se projette avec lucidité sur le match couperet qui attend l’Algérie face à la Jordanie. Entretien.
Comment allez-vous ? Donnez-nous un peu de vos nouvelles ?
J’habite Lens. Je suis adjoint au maire aux sports à la ville de Lens, où je gère les sports. Et je travaille pour le club anglais de Newcastle comme recruteur. Tout va bien.
Votre premier avis sur le match de l’Algérie contre l’Argentine pour son premier match du Mondial ?
Un peu déçu. Comme tout le monde. On a été trop respectueux. Après, un match, ça se prépare avant aussi. Je pense que peut-être l’Argentine avec Messi, le fait qu’ils soient champions du monde, ça a inhibé quelques-uns. Donc après, bon… il y a un fait de jeu aussi où, bon… si c’est un autre joueur que Messi, je pense qu’il est peut-être expulsé, hein.
« Si c’était un autre joueur que Messi, il prenait rouge direct »
Oui, un geste qui a fait beaucoup parler…
Après, ce n’est pas extrêmement violent… on voit, il ne fait pas exprès, ce n’est pas ça. Mais le problème, c’est que si c’était un autre joueur que Messi, je pense qu’il aurait été expulsé. Si c’était un Algérien qui avait commis cette faute sur Messi, je pense qu’il prend rouge direct. Donc la VAR n’intervient pas, et là, c’est problématique. Bon après, il n’y a rien à dire, Messi, c’est l’un des plus grands joueurs de l’histoire du monde, il a mis trois buts et tout, ça, personne ne le conteste. Mais si on veut être objectif, c’est un fait de match qui aurait changé beaucoup de choses.
L’équipe a-t-elle plus failli mentalement que tactiquement face à l’enjeu ?
C’est un tout. Dans ce genre de compétition, il faut que les onze joueurs soient au top physiquement, mais surtout mentalement, en termes de motivation. Il suffit que quelques-uns soient un peu en dedans ou n’évoluent pas à leur meilleur niveau, et les faits de jeu s’enchaînent. Un but, puis deux, et ça va très vite en football. Le match précédent face aux Pays-Bas avait donné de grands espoirs, donc commencer le tournoi par une défaite aussi sèche fait mal. Même si l’expulsion de Messi aurait pu rééquilibrer les débats et rendre le match plus « normal », le score final reste tout de même de trois buts à zéro.
Avez-vous tout de même décelé quelques satisfactions, notamment sur le plan individuel ?
Je regarde toujours les choses d’une manière globale. Je n’aime pas faire de comparaisons individuelles. Tout le monde porte le même maillot, ce n’est donc pas le moment de créer des clivages. Concrètement, c’est un match qui a été manqué. Notre grande chance, c’est qu’il reste cette rencontre face à la Jordanie. Sans leur manquer de respect, c’est un adversaire à notre portée. La victoire est désormais obligatoire.
Justement, comment se remettre mentalement de ce revers et se remobiliser rapidement ?
C’est dans ces moments-là que l’on voit la différence entre les grandes équipes et les autres. Prenez l’exemple de Kylian Mbappé : il a récemment été très critiqué, que ce soit sur son transfert au Real Madrid ou son mutisme lors des matchs amicaux avec l’équipe de France. Et d’un seul coup, sur le terrain, il remet les pendules à l’heure. Les grands joueurs réagissent quand ils ont le dos au mur. Une équipe friable psychologiquement accusera le coup et enchaînera une deuxième contre-performance.
Regardez l’Argentine en 2022 : elle perd son premier match de Coupe du monde contre l’Arabie saoudite, une équipe a priori inférieure. Une équipe forte analyse son erreur, des leaders comme Messi ou Di Maria élèvent leur niveau de jeu au match suivant, et la dynamique s’inverse. L’Algérie se trouve exactement dans ce cas de figure. Les joueurs doivent prouver qu’un accident peut arriver, mais pas deux.
« L’équipe est au pied du mur, les paroles doivent laisser place aux actes »
Sur le plan technique, notre équipe est certainement supérieure à la Jordanie et peut-être même à l’Autriche. Vous êtes d’accord ?
Il n’y a absolument aucun complexe à faire. Côté jordanien, je ne connais que Mousa Al-Tamari, qui évolue à Rennes et qui est d’ailleurs un très bon joueur. Mais de notre côté, nous avons des éléments qui évoluent dans de très grands clubs européens, à Dortmund, à City, à Marseille… Nous avons même un Ballon d’Or africain avec Riyad Mahrez. Nous possédons de fortes individualités.
Cependant, il y a toujours une grande différence entre le papier et le terrain. À un moment donné, les paroles doivent laisser place aux actes. L’équipe est aujourd’hui au pied du mur, et ce match est le plus important. En cas de défaite, même s’il restera un troisième match contre l’Autriche, cela installerait une dynamique extrêmement négative.
Pour conclure, restez-vous optimiste pour la suite du parcours de l’Algérie ?
Je reste toujours optimiste, mais il faut faire preuve de réalisme. Je suis dans le milieu du football depuis assez longtemps pour savoir qu’il y a d’un côté le cœur, qui veut la victoire, et de l’autre la raison. On sait que tout peut se passer. Il suffit de regarder les surprises récentes créées par des équipes considérées comme inférieures : le Cap-Vert qui accroche l’Espagne, le Qatar qui tient la Suisse en échec ou le Japon face aux Pays-Bas.
Il faut donc rester extrêmement vigilant. Nous avons grillé notre joker d’entrée. Sur un match sec, les soi-disant « petites équipes » peuvent poser d’énormes problèmes. Le cœur appelle à la victoire, mais la raison exige désormais de tout donner sur le terrain et de le prouver par des actes.
Très bientôt, l’Algérie disputera son match de la 2e journée de la Coupe du monde 2026 face à la Jordanie. La société de paris 1xbet (vous pouvez télécharger 1xbet ici) propose les cotes suivantes pour ce match – l’Algérie gagne à 1,57, un match nul est évalué à 4,15, et la Jordanie gagne à 5,80.




