Il y a des présences qui comptent au-delà du temps de jeu. Riyad Mahrez, Aïssa Mandi et Nabil Bentaleb s’apprêtent à disputer une nouvelle Coupe du monde avec l’Algérie, douze ans après celle du Brésil. Trois rescapés de 2014, trois trajectoires différentes, mais une même valeur symbolique dans un groupe qui aura besoin de repères au moment d’entrer dans le grand bain. Même si leur statut sportif n’est plus aussi évident qu’autrefois, leur vécu reste un atout majeur.
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Medjani insiste sur le poids de l’expérience
Carl Medjani sait de quoi il parle. L’ancien international algérien, fort de 62 sélections entre 2006 et 2018, a partagé le Mondial 2014 avec eux et connaît la valeur d’une telle compétition. Dans un entretien exclusif accordé à Africafoot, il ne tourne pas autour du sujet :
C’est primordial d’avoir Mahrez, Bentaleb et Mandi au Mondial. Ce sont trois joueurs qui connaissent la Coupe du monde, et une Coupe du monde, ce n’est pas une Coupe d’Afrique. C’est totalement différent. Il y a d’autres exigences, d’autres paramètres qui entrent en compte.
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Ce n’est pas seulement une question de nostalgie. Dans une compétition aussi courte, aussi exposée, l’expérience peut peser dans les détails : la gestion de la pression, le rythme des rassemblements, la vie de groupe, les temps faibles d’un match. Medjani voit en eux des joueurs capables d’aider les autres à mieux entrer dans l’événement, même si leur rôle exact dépendra des choix de Vladimir Petković.
Mahrez, Bentaleb et Mandi : trois histoires à finir
Pour Riyad Mahrez, le Mondial 2014 appartenait presque au début de l’histoire. Medjani affirme :
Quand il a disputé la Coupe du monde 2014, c’était l’une de ses premières sélections. Aujourd’hui, il aura à cœur de finir peut-être son parcours en équipe nationale sur une bonne note.
Le capitaine algérien n’a plus rien à prouver sur sa carrière, mais cette Coupe du monde peut encore peser dans la trace qu’il laissera avec les Verts.
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Le cas de Nabil Bentaleb touche à une autre forme de revanche. Medjani se souvient de lui comme d’un titulaire à ses côtés au milieu de terrain face à la Belgique et à la Russie. Depuis, le joueur a connu des saisons heurtées, des blessures, des doutes, puis un retour remarquable avec Lille. L’ancien défenseur ajoute :
Il aura envie de performer pour son pays, pour lui-même et par rapport à tout ce qu’il a pu connaître ces dernières années.
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Aïssa Mandi, lui, incarne la continuité silencieuse. Plus de 100 sélections, une longévité rare, une fiabilité qui l’a maintenu dans le paysage alors que plusieurs générations se sont succédé autour de lui. Pour Medjani, le défenseur sait sans doute qu’il vit sa dernière Coupe du monde. Comme Mahrez et Bentaleb, il voudra « laisser une encore plus belle image » en sélection, même si son parcours est déjà très solide.
Un ancien coéquipier devenu premier supporter
Le regard de Medjani est précieux parce qu’il ne parle pas de loin. Il a partagé le vestiaire, les matchs, les campagnes et les exigences du haut niveau international :
Quand on a plus de 100 sélections, peu de joueurs peuvent se vanter d’avoir autant de capes en équipe nationale. Donc c’est une grande fierté pour nous de les avoir. Moi, en tant qu’ancien coéquipier, je serai leur premier supporter et je leur souhaite tout le meilleur pour cette compétition.
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Cette fidélité dit quelque chose du lien qui unit encore certains joueurs de 2014 à l’équipe actuelle. Medjani ne se lance pas dans des pronostics, fidèle à une forme de prudence. Il préfère parler de plaisir, de fierté et de représentation :
À chaque fois qu’on regarde un match de l’équipe nationale, peu importe le sport, on est fier des personnes qui défendent le pays.
L’Algérie ira au Mondial avec des joueurs en pleine ascension, mais aussi avec trois anciens qui savent ce que signifie cette scène. Mahrez, Mandi et Bentaleb ne joueront peut-être pas tous le même rôle, ni toutes les minutes importantes. Mais dans un tournoi où l’expérience, la maîtrise émotionnelle et la mémoire des grands rendez-vous comptent autant que la forme du moment, leur présence peut valoir cher. Pour Medjani, elle est même indispensable.




