La victoire du Maroc face à Haïti (4-2), lors de la troisième journée de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026, a confirmé la qualification des Lions de l’Atlas pour la suite de la compétition, mais elle a surtout mis en lumière deux visages bien distincts de la sélection nationale. D’un côté, des leaders capables de renverser une situation compromise ; de l’autre, plusieurs insuffisances qui devront être corrigées avant les matchs à élimination directe.
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Dans une déclaration exclusive accordée à Africafoot, l’ancien international marocain Karim El Ahmadi a livré une analyse détaillée des prestations des hommes de Mohamed Ouahbi, tout en saluant les progrès réalisés par la sélection depuis le Mondial 2022. Il déclare :
La manière dont le Maroc a débuté cette Coupe du monde, avec un match nul face au Brésil (1-1), une victoire contre l’Écosse (1-0), puis un succès 4-2 contre Haïti, reflète une équipe totalement différente en termes de maturité et d’identité de jeu. Les joueurs ont affiché un très haut niveau, notamment durant les 25 premières minutes contre le Brésil, avec une organisation remarquable et une réelle capacité à contrôler le rythme de la rencontre. C’est une évolution importante par rapport à ce que nous avions vu lors du Mondial 2022.
Tops
Hakimi, El Khannouss et Amrabat : le trio qui a porté le Maroc
Sur le plan technique, la remontée marocaine contre Haïti a reposé avant tout sur trois joueurs qui ont changé le visage de la rencontre.
Le premier est sans conteste Achraf Hakimi. Bien plus qu’un simple latéral droit, le capitaine des Lions de l’Atlas a incarné le véritable moteur offensif de son équipe. Son but égalisateur à un moment clé a relancé le Maroc psychologiquement avant qu’il ne multiplie les projections offensives et les initiatives décisives qui ont conduit à la remontée spectaculaire.
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À ses côtés, Bilal El Khannouss s’est imposé comme le maître du tempo. Grâce à sa qualité de relance, sa capacité à résister au pressing et à orienter rapidement le jeu, il a offert de nombreuses solutions à ses partenaires et permis au Maroc de retrouver sa maîtrise du ballon après une entame compliquée.
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Enfin, Sofyan Amrabat a une nouvelle fois démontré son importance dans l’équilibre collectif. Chargé de couvrir les espaces laissés par ses partenaires et d’interrompre les transitions adverses, il a joué un rôle essentiel dans la récupération du ballon et dans la protection de la défense marocaine.
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Flops
Brahim Díaz, Anass Salah-Eddine et Ayoub El Kaabi en difficulté
À l’inverse, plusieurs individualités ont connu une soirée plus compliquée.
Brahim Díaz, malgré son immense talent, a affiché une prestation en deçà des attentes. Son excès de confiance balle au pied et certaines prises de risques dans des zones sensibles ont coûté cher au Maroc, tandis que son repli défensif est apparu insuffisant sur plusieurs séquences.
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Sur le côté gauche, Anass Salah-Eddine n’a pas réussi à apporter la profondeur ni les solutions offensives attendues. Son manque d’impact a accentué le déséquilibre entre les deux couloirs, laissant toute la responsabilité de l’animation offensive à Hakimi sur le flanc droit.
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En pointe, Ayoub El Kaabi a souffert d’un isolement permanent. Mal servi et souvent enfermé entre les défenseurs haïtiens, il n’est jamais réellement parvenu à peser sur la rencontre ni à exploiter les rares ballons reçus dans la surface.
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El Ahmadi salue le courage tactique de Mohamed Ouahbi
Karim El Ahmadi estime toutefois que la gestion de l’effectif par le sélectionneur marocain constitue l’un des principaux enseignements positifs de cette rencontre :
Lors du match contre l’Écosse, les joueurs marocains ont fait preuve d’une énorme détermination et d’une grande volonté pour aller chercher la victoire. Malheureusement, ils ont laissé échapper l’occasion de s’imposer avec un score plus large en raison de plusieurs occasions franches manquées.
À propos du succès contre Haïti, il poursuit :
Le sélectionneur Mohamed Ouahbi a réussi ses choix face à Haïti mercredi. Il a atteint l’essentiel en remportant le match et en prenant les trois points, tout en récoltant de nombreuses informations importantes sur son groupe.
Il ajoute :
Il ne s’agit pas seulement du résultat. Il a pu évaluer l’état de préparation de certains joueurs qui pourraient être utiles dans les moments difficiles, identifier plusieurs défauts à corriger et offrir du repos à des éléments qui s’étaient illustrés lors des deux premières rencontres.
L’ancien milieu de terrain insiste également sur un point tactique fondamental :
La décision la plus facile pour Mohamed Ouahbi aurait été d’aligner la même équipe que contre le Brésil et l’Écosse afin d’assurer une nouvelle victoire. Mais après ? Aujourd’hui, il a gagné le match et, surtout, il a obtenu des enseignements techniques et tactiques qui pourraient avoir encore plus de valeur pour la suite de la compétition.
Une identité de jeu en pleine évolution
Au-delà de cette rencontre, El Ahmadi voit une transformation profonde dans le football pratiqué par les Lions de l’Atlas :
Le Maroc ne s’appuie plus uniquement sur sa solidité défensive ou sur son état d’esprit combatif. L’équipe est désormais capable de monopoliser le ballon, de construire le jeu et d’imposer son rythme, notamment grâce à son milieu de terrain, qui constitue aujourd’hui sa véritable force.
Selon lui, l’entrejeu est devenu la principale arme de cette génération :
Avec des joueurs comme Saibari et El Khannouss, le Maroc dispose d’une grande variété de solutions offensives. Cette équipe sait désormais créer depuis l’axe, conserver le ballon sous pression et développer un football qu’elle ne maîtrisait pas avec autant de qualité auparavant.
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Le réalisme offensif reste le principal chantier
Malgré ses éloges, El Ahmadi estime que les Lions de l’Atlas doivent encore progresser dans un domaine essentiel.
Le Maroc s’est créé beaucoup d’occasions contre le Brésil comme contre l’Écosse. Mais les grandes nations, comme la France ou l’Argentine, savent transformer la moindre demi-occasion en but. C’est précisément ce qui fait la différence dans les grandes compétitions.
Un Maroc capable de viser très loin
Interrogé sur ses favoris pour cette Coupe du monde organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, El Ahmadi répond :
La compétition est plus ouverte que jamais. La France et l’Argentine restent parmi les principales favorites, aux côtés du Portugal, de l’Espagne et de l’Angleterre. Mais les écarts entre ces équipes sont désormais très faibles et plus aucune sélection ne peut prétendre dominer facilement ses adversaires.
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Il poursuit :
Les sélections africaines sont aujourd’hui capables de rivaliser avec les meilleures. Le Maroc, en particulier, fait désormais partie des équipes qui peuvent aller très loin grâce à l’évolution de son organisation technique et de sa maturité mentale.
L’ancien international marocain a également salué la progression de l’Arabie saoudite, estimant que le développement de son championnat a eu un impact direct sur la qualité et l’expérience internationale de ses joueurs.
En conclusion, Karim El Ahmadi estime que cette édition 2026 de la Coupe du monde se jouera sur des détails :
Les équipes qui feront preuve de la meilleure organisation, de la plus grande efficacité et qui sauront exploiter les moindres détails seront celles qui iront le plus loin. Le Maroc possède aujourd’hui beaucoup de ces qualités, ce qui en fait un adversaire redoutable sur la scène mondiale.
Face à Haïti, les Lions de l’Atlas ont démontré une remarquable force de caractère pour renverser la situation. Mais cette victoire a aussi rappelé que, derrière les performances éclatantes de Hakimi, El Khannouss ou Amrabat, certaines failles individuelles et collectives subsistent encore. Des imperfections que Mohamed Ouahbi devra impérativement corriger avant les prochains rendez-vous à élimination directe.




