L’Algérie aborde la Coupe du monde 2026 avec un mélange d’ambition, de prudence et de curiosité. De retour sur la plus grande scène internationale, les Fennecs veulent retrouver le fil de 2014, lorsque leur huitième de finale face à l’Allemagne avait laissé une trace forte dans l’histoire récente du football algérien. Mais cette fois, le contexte est différent. Le format a changé, la sélection a évolué, et Vladimir Petkovic avance avec un groupe où les cadres historiques côtoient une génération plus jeune, plus mobile, mais encore en quête de confirmation.
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La liste élargie de 28 joueurs révèle plusieurs choix forts. Les absences d’Ismaël Bennacer, Baghdad Bounedjah et Ilan Kebbal marquent les esprits. À l’inverse, les présences de Farès Ghedjemis et Ahmed Benbouali offrent un signal clair : les performances en club ont pesé dans la réflexion du sélectionneur. Au milieu, le retour de Nabil Bentaleb attire aussi l’attention, tandis que Yacine Titraoui confirme sa progression. Dans ce secteur, la concurrence a clairement fait des victimes, avec Bennacer et Zorgane laissés de côté.
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En défense, Petkovic a également tranché. Mohamed Tougaï est présent, alors que Dorval était pressenti. Les cadres, eux, sont bien là : Aïssa Mandi et Ramy Bensebaïni restent des piliers. Une incertitude existe encore chez les gardiens, puisque Luca Zidane et Melvin Mastil ont connu des pépins physiques. C’est ce qui explique la présence de cinq gardiens au rassemblement. Si tout se passe comme prévu, deux d’entre eux devraient être retirés de la liste définitive.
La liste de l’Algérie pour la Coupe du monde 2026
| Poste | Joueurs convoqués |
|---|---|
| Gardiens | Luca Zidane, Oussama Benbot, Melvin Mastil, Abdellatif Ramdane, Kilian Belazzoug |
| Défenseurs | Rafik Belghali, Achref Abada, Rayan Aït-Nouri, Samir Chergui, Jaouen Hadjam, Zineddine Belaïd, Mohamed Tougaï, Ramy Bensebaïni, Aïssa Mandi |
| Milieux | Hicham Boudaoui, Houssem Aouar, Nabil Bentaleb, Ramiz Zerrouki, Yacine Titraoui, Ibrahim Maza, Farès Chaïbi |
| Attaquants | Riyad Mahrez, Mohamed Amoura, Ahmed Benbouali, Adil Boulbina, Amine Gouiri, Farès Ghedjemis, Anis Hadj Moussa |
Cette liste compte 28 éléments, avec l’idée que deux joueurs devraient être écartés avant la liste définitive. La logique voudrait que ce choix concerne deux gardiens, si Luca Zidane et Melvin Mastil sont bien aptes physiquement. Le groupe actuel permet surtout à Petkovic de couvrir toutes les éventualités, tout en maintenant une concurrence forte dans chaque ligne.
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Le calendrier de l’Algérie au Mondial 2026
| Date | Match | Groupe |
|---|---|---|
| 16 juin 2026 | Argentine – Algérie | Groupe J |
| 22 juin 2026 | Jordanie – Algérie | Groupe J |
| 27 juin 2026 | Algérie – Autriche | Groupe J |
L’Algérie débutera par une affiche de prestige face à l’Argentine. Ce premier rendez-vous donnera immédiatement le ton de son Mondial. Le deuxième match contre la Jordanie pourrait ensuite être décisif dans la course à la qualification, avant une dernière rencontre face à l’Autriche, probablement capitale pour le classement final du groupe. Avec le nouveau format, sortir des poules ne signifie plus atteindre directement les huitièmes de finale, mais accéder aux seizièmes. Le chemin est donc plus long pour égaler le parcours de 2014.
Une liste marquée par des choix forts
La première lecture de cette liste fait ressortir plusieurs décisions importantes. L’absence de Bennacer est évidemment l’une des plus fortes, tant son nom reste associé au cœur du jeu algérien. Mais la concurrence au milieu s’est durcie. Bentaleb revient, Titraoui pousse, Maza s’impose comme un talent central, Boudaoui garde une place importante dans l’équilibre du groupe, et Zerrouki conserve la confiance du sélectionneur malgré les critiques dont il fait souvent l’objet.
Devant, les absences de Bounedjah et Kebbal ouvrent la porte à d’autres profils. Ghedjemis et Benbouali n’étaient pas des habitués du groupe, mais leurs saisons en club leur ont donné du crédit. Petkovic semble vouloir une attaque plus variée, capable de proposer de la profondeur, de la percussion, mais aussi des solutions nouvelles autour de Mahrez, Gouiri, Amoura ou Hadj Moussa.
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En défense, le choix Tougaï confirme une volonté de solidité et de fiabilité, alors que Dorval pouvait espérer intégrer le groupe. Avec Mandi, Bensebaïni, Belaïd, Aït-Nouri, Hadjam ou Belghali, l’Algérie dispose de profils complémentaires. La défense à trois, testée récemment, pourrait aussi répondre à une nécessité tactique liée aux caractéristiques du groupe.
Les ambitions de l’Algérie selon Khaled Lemmouchia
Ancien international algérien, Khaled Lemmouchia appelle à l’ambition, mais aussi à la lucidité. Il explique :
En tant qu’Algérien, on est toujours confiant et optimiste. Mais si on analyse, on se rend compte que pendant les éliminatoires, on n’avait pas affronté de grandes équipes. On ne savait pas encore quel était notre réel niveau.
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Selon lui, la Coupe d’Afrique a permis à l’Algérie de mieux se situer avant le Mondial :
La CAN est arrivée à point nommé, ça nous a permis de nous situer. D’identifier nos qualités et le potentiel à améliorer, et aussi nos défauts. Je pense donc que cette CAN a été bénéfique.
Lemmouchia estime également que le rassemblement du mois de mars a apporté des indications, en particulier face à l’Uruguay :
Le match du Guatemala, je vais le mettre de côté, mais l’Uruguay, il y a eu des enseignements.
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L’ancien milieu souligne notamment l’évolution tactique de Petkovic. Il analyse :
Une défense à trois a été mise en place et c’est l’une des conséquences de la Coupe d’Afrique. Petkovic a dû se dire qu’à trois, c’est préférable, étant donné les profils qu’on a.
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Sur les ambitions, son discours reste mesuré mais positif :
Quand vous voyez toutes ces données-là, on a la possibilité de passer le cap des poules. Après, ça ne sera pas comme au Brésil, vu qu’il n’y aura pas directement les 8es, mais les 16es de finale. Pour faire aussi bien qu’en 2014, il faudra donc franchir un seuil de plus. On est capables de sortir de la poule et ensuite prendre match par match.
Ibrahim Maza, la star à suivre
Dans cette équipe d’Algérie, Ibrahim Maza concentre une grande partie des attentes. Le jeune joueur du Bayer Leverkusen a franchi un palier ces derniers mois et semble désormais difficile à sortir du onze ou, au minimum, du noyau dur de la sélection. Sa Coupe d’Afrique a déjà séduit, par sa maturité, sa qualité technique et sa capacité à exister dans plusieurs zones du terrain.
Maza n’est pas seulement un jeune talent prometteur. Il offre un profil rare dans le football algérien actuel : capable de jouer derrière l’attaquant, plus bas dans l’entrejeu, ou dans une position intermédiaire où sa vision et son volume deviennent précieux. Dans une équipe qui cherche encore son équilibre entre les cadres et la nouvelle génération, il représente une passerelle idéale.
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Khaled Lemmouchia le place à part dans cette sélection. Il déclare :
Maza, pour moi, c’est la pépite, on a la chance de l’avoir, c’est la pépite des prochaines années. C’est un joueur qui a 20 ans, on l’oublie des fois, mais qui a une maturité dans son jeu, qui est capable de jouer dans toutes les positions du terrain, devant la défense, derrière l’attaquant, qui a un volume de jeu très important, techniquement qui est fin, qui est à la conclusion, mais qui est aussi dans la passe. Donc vraiment un vrai joueur de football, Maza.
Les cinq joueurs à suivre selon Khaled Lemmouchia
Zineddine Belaïd
Il est en train de s’installer doucement. Ça fait maintenant quelques matchs, notamment avec la Coupe d’Afrique, qu’il rentre en cours de match quand on passe à trois derrière, notamment le match contre le Burkina Faso où il a marqué des points. On sent qu’il prend de la confiance. Il a fait un bon match contre l’Uruguay, on le voit monter sur corner, il gagne beaucoup de duels offensifs. Donc on sent Belaïd, malgré un petit passage compliqué à Saint-Trond en Belgique où je pensais qu’il allait revenir avec peut-être une perte de confiance, au contraire, ça lui a fait du bien, ça lui a permis de faire un bilan et de bien se situer. Donc avec la JSK, il fait de bonnes performances, en équipe nationale, il fait de très bonnes performances. Maintenant, j’ai envie de le voir lors de la Coupe du monde, j’ai envie de le voir lors de compétitions importantes, j’ai envie de voir un peu sa personnalité, j’ai envie d’avoir ses performances. Donc lui, en plus, il fait partie des joueurs qui, je pense, auront un mot à dire dans les prochaines années. Je m’attends à la retraite de Mandi, à la retraite de Mahrez. Donc voilà, c’est des joueurs que j’ai envie de voir au haut niveau et qui vont, Inchallah, nous donner de bons espoirs pour la suite.
Mohamed Amoura
Il est passé un peu à côté de la Coupe d’Afrique et il est un peu en difficulté en fin de saison, c’est Amoura. Je m’attendais beaucoup de lui en Coupe d’Afrique, je me suis dit que c’était peut-être le moment de prendre au moins le leadership offensif. Donc il a fait un bon match contre le Soudan, mais après, au fur et à mesure de la compétition, on l’a un peu moins vu. Alors c’est vrai qu’il n’a pas toujours été utilisé à son poste, notamment quand Petkovic essayait de le mettre avant-centre. J’ai impatience de voir un peu ses performances lors de la Coupe du monde, j’espère qu’il va se sublimer et qu’il va nous apporter de la fraîcheur.
Nabil Bentaleb
J’espère peut-être un retour de Bentaleb (ndlr, il a bien été rappelé), qui fait une grande saison avec Lille. C’est vrai qu’il y a un Bentaleb en club et un Bentaleb en équipe nationale, c’est un joueur que j’aime beaucoup, mais c’est vrai qu’en équipe nationale, il ne performe pas comme il performe dans son club. Donc j’espère que ça va être la bonne occasion, déjà que j’espère qu’il sera rappelé, mais s’il est rappelé, ce sera la bonne occasion pour lui de briller et de montrer tout le bien qu’on pense de lui.
Hicham Boudaoui
Et un autre joueur aussi que j’aime beaucoup, parce qu’il prend beaucoup de place dans l’effectif de Petkovic. Pour moi, c’est un élément qui est très important. Et pareil, il sort d’une saison compliquée où là il joue des barrages avec Nice pour ne pas descendre en Ligue 2. J’espère que pour lui, ça va être une bonne Coupe du monde et qu’il va partir de Nice pour essayer de trouver un challenge qui est un peu plus grand, parce que je pense que Boudaoui a le potentiel pour faire une belle carrière. Donc oui, j’aimerais bien voir aussi Boudaoui briller lors de cette Coupe du monde.
Ramy Bensebaïni
Je pense qu’il sera le patron de l’équipe nationale. Déjà, il l’est de manière indirecte. Il fait partie des cadres avec Mandi et Mahrez. Je pense que quand Ramy, quand Mandi, Aïssa et Riyad vont partir, je pense qu’après la Coupe du monde, ça va être lui qui va reprendre le flambeau, qui va porter cette équipe nationale. Donc oui, Ramy aussi, j’ai envie de le suivre en taille patron.
Mahrez, Bensebaïni, Mandi : les derniers grands cadres ?
Cette Coupe du monde pourrait aussi marquer la fin d’un cycle. Riyad Mahrez reste l’indéboulonnable référence technique de cette sélection. Même lorsqu’il suscite des débats, son expérience, sa qualité de passe et sa capacité à faire basculer un match demeurent uniques dans le groupe. Dans un tournoi de ce niveau, l’Algérie aura besoin de ses moments de classe.
Derrière lui, Mandi et Bensebaïni représentent l’autre partie de l’ossature. Leur vécu international, leur connaissance des grands rendez-vous et leur capacité à encadrer les plus jeunes seront essentiels. Bensebaïni, en particulier, apparaît comme un relais naturel vers la prochaine génération, un point que Lemmouchia souligne clairement lorsqu’il explique que le défenseur pourrait « reprendre le flambeau » après le Mondial.
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Ce mélange entre cadres et nouveaux visages donne à l’Algérie un profil intéressant. L’équipe n’est pas totalement reconstruite, mais elle n’est plus figée non plus. Petkovic avance avec un groupe de transition, qui doit produire tout de suite tout en préparant l’avenir.
Une Algérie capable de sortir de son groupe ?
Sur le papier, l’Algérie n’a pas hérité d’un groupe simple, mais elle peut nourrir des ambitions réelles. L’Argentine sera évidemment le favori naturel. L’Autriche représente un adversaire européen solide, structuré et difficile à manœuvrer. La Jordanie apparaît comme le match que les Fennecs devront absolument bien négocier pour espérer aller plus loin.
Le vrai enjeu sera la constance. L’Algérie possède du talent dans toutes les lignes, mais elle devra trouver une stabilité tactique, éviter les trous d’air et faire preuve d’efficacité dans les moments clés. Comme le rappelle Lemmouchia, « on est capables de sortir de la poule et ensuite prendre match par match ». Cette formule résume bien l’approche la plus raisonnable : ambition, mais sans emballement.
Aït Djoudi décrypte la révolution des Verts et le sort des cadres avant le Mondial 2026
Avec Mahrez, Maza, Amoura, Gouiri, Bentaleb, Boudaoui, Bensebaïni ou Aït-Nouri, l’Algérie a suffisamment d’arguments pour viser la qualification. Le défi sera de transformer ce potentiel en équipe solide, lisible et compétitive sur trois matchs.




