Au deuxième jour des seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, Philippe Troussier a livré à Africafoot son regard sur le parcours exceptionnel des sélections africaines. Neuf des dix représentants du continent ont franchi le premier tour, seule la Tunisie ayant quitté la compétition dès la phase de groupes, avant l’élimination de l’Afrique du Sud face au Canada.
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Aujourd’hui consultant pour la télévision japonaise, mais surtout figure majeure du football africain, l’ancien sélectionneur de l’Afrique du Sud, du Maroc, du Nigeria, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire estime que ce bilan marque « le caractère historique de cette Coupe du monde pour le football africain ».
Philippe Troussier salue une progression profonde du football africain
Surnommé le « Sorcier blanc » lors de ses années sur le continent, Troussier estime que ce tir groupé traduit « une évolution profonde du football africain ». Selon lui, il ne s’agit « ni d’un phénomène ponctuel ni d’un simple concours de circonstances », mais de « l’aboutissement de plusieurs décennies de progression », à la fois dans la formation des joueurs et dans l’organisation des sélections nationales.
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Le technicien français insiste notamment sur l’impact des joueurs africains évoluant dans les grands championnats européens. Il souligne :
Ils sont confrontés chaque semaine à des exigences tactiques, physiques et mentales extrêmement élevées.
À ses yeux, ces internationaux arrivent en sélection avec « cette expérience, cette rigueur et cette capacité à gérer les grands rendez-vous internationaux ». Le Maroc, le Sénégal, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Ghana ou encore la RD Congo bénéficient directement de cette mutation.
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Troussier relève aussi deux modèles particuliers : l’Égypte et l’Afrique du Sud. Contrairement à d’autres sélections plus dépendantes de leurs expatriés, ces deux nations conservent une base fortement liée à leur championnat local. L’Égypte, explique-t-il, s’appuie sur « des joueurs expérimentés, habitués à la pression populaire et aux compétitions continentales », tandis que l’Afrique du Sud, malgré son élimination, a montré « de réelles qualités techniques et une grande capacité de résistance ».
Un premier sacre africain est-il possible dès 2026 ?
Pour Philippe Troussier, l’Afrique a changé de dimension. Le Cap-Vert, qu’il présente comme « l’une des plus belles révélations » du tournoi, symbolise cette nouvelle profondeur. Voyant dans ce parcours la preuve que la progression ne concerne plus seulement les nations historiques du continent, il déclare :
Un petit pays peut construire un projet sportif cohérent et performant.
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La question d’un sacre mondial africain n’est donc plus taboue. Philippe Troussier affirme :
Je ne pense pas qu’il soit trop tôt pour envisager une nation africaine championne du monde.
Pour lui, les matchs à élimination directe peuvent ouvrir des brèches :
Le tirage au sort, les circonstances de jeu, la gestion émotionnelle et la pression qui pèse sur les grandes nations peuvent créer des opportunités.
Dans ce contexte, il cite notamment la Côte d’Ivoire, le Maroc et le Sénégal comme des sélections capables d’aller très loin.
Les joueurs qui incarnent cette nouvelle génération selon Troussier
Interrogé sur les individualités, Troussier préfère d’abord saluer les collectifs. Selon lui, les sélections africaines « ne reposent plus uniquement sur quelques individualités », mais sur « de véritables collectifs capables de rivaliser avec les meilleures nations mondiales ». Le Maroc lui apparaît même comme « probablement l’équipe africaine la plus complète », autour du leadership d’Achraf Hakimi, de la créativité de Brahim Díaz, de la montée en puissance d’Ismael Saibari et de la justesse de Bilal El Khannouss.
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Il cite aussi Simon Adingra et Franck Kessié pour la Côte d’Ivoire, Ismaïla Sarr et Kalidou Koulibaly pour le Sénégal, Riyad Mahrez et Nabil Bentaleb côté algérien, Mohamed Salah avec l’Égypte, sans oublier Ryan Mendes et Vozinha pour le Cap-Vert. Sa conclusion est claire :
Il n’est pas impossible que cette première consécration intervienne dès cette année.




