En Guinée, la multiplication des tournois de détection s’impose progressivement comme une véritable rampe de lancement pour les jeunes talents en quête d’un premier contrat professionnel. Si ces initiatives durables restent encore rares, leur impact sur le développement des académies est indéniable. La GFI Cup s’inscrit pleinement dans cette dynamique.
En seulement deux éditions, la compétition a pris une dimension remarquable, s’imposant comme un rendez-vous incontournable du football guinéen. Véritable plateforme d’exposition, elle attire désormais l’attention d’acteurs majeurs du football africain et européen.
À l’origine de ce projet, Mouhamoud Guirassy, ancien joueur guinéen formé à l’Olympique de Marseille. De retour au pays, il porte une ambition claire visant à valoriser le potentiel local et offrir une visibilité internationale aux jeunes talents. Pour cette deuxième édition, la Guinée Football International Cup (GFI Cup) a rassemblé scouts, agents et recruteurs venus de divers horizons, laissant une impression globalement très positive.
#EspoirsAfrique – Académie GFI, un modèle de formation qui fait son chemin
Dans une interview exclusive accordée à Africafoot, le fondateur est revenu sur les ambitions du tournoi :
Pour moi, c’est un tournoi fédérateur. L’objectif est de lui donner une dimension continentale en invitant des équipes étrangères afin de jauger le niveau, mais aussi de projeter une image positive du football guinéen, du travail quotidien des académies et de leur progression.
L’une des innovations majeures de cette deuxième édition réside dans le partenariat scellé avec la plateforme Eyeball, spécialisée dans l’analyse et la diffusion de données de joueurs à l’échelle mondiale. Une avancée stratégique qui a permis d’élargir considérablement la visibilité du tournoi. Il ajoute :
Cette année, nous avons franchi un cap avec Eyeball. L’idée n’était plus seulement de compter sur la présence physique des scouts, mais de permettre à plus de 200 clubs professionnels de suivre les matchs en direct, avec des données détaillées. Chacun peut ainsi observer et analyser les joueurs à distance.
Malgré certaines absences pour des raisons professionnelles, plusieurs recruteurs de renom ont effectué le déplacement, notamment un scout de l’AJ Auxerre ainsi que le directeur sportif d’Al Kholood. Parallèlement, des clubs comme l’AS Monaco, le Club Bruges, Benfica Lisbonne ou encore Vejle BK ont suivi la compétition à distance. Il souligne :
L’essentiel était d’assurer la présence des recruteurs. Nous avions des représentants d’Auxerre, d’Al Kholood, ainsi que des scouts espagnols. D’autres clubs comme Bruges ou Benfica sont impliqués via un suivi à distance. Nous travaillons également en étroite collaboration avec plusieurs directions sportives, notamment celles du FC Sochaux, de Vejle ou de Monaco.
Sur le terrain, le niveau affiché par les jeunes participants a confirmé la pertinence du processus de sélection mis en place par les organisateurs. Une rigueur assumée, tant pour les académies locales qu’internationales. Mouhamoud Guirassy en parle :
Nous avons ciblé des académies de référence, comme Besport Academy de Dakar, partenaire du FC Barcelone, ou encore l’AEF du Mali, reconnue pour sa capacité à valoriser ses joueurs à travers des transferts importants. Ce sont des modèles dont nous nous inspirons.
Au niveau local, l’objectif reste de consolider un noyau d’académies sérieuses tout en restant ouvert à de nouveaux projets émergents :
Nous avons maintenu une base solide d’académies engagées dans un travail structuré, tout en offrant une opportunité à de nouvelles structures prometteuses. Ce tournoi n’est pas fermé. Il récompense le sérieux et la qualité du travail.
Le bilan global de la première édition demeure particulièrement encourageant, avec plusieurs transferts à la clé, preuve concrète de l’efficacité du projet. Le dirigeant précise :
Le bilan est très positif. Pour une première édition, nous avons réussi à attirer plusieurs scouts et à conclure cinq transferts vers le haut niveau. C’est une réussite. Notre objectif est aussi de garantir de bonnes conditions d’accueil afin de donner une image positive de la Guinée.
Parmi les réussites notables issues de cette première édition, plusieurs jeunes talents ont franchi un cap important en signant leurs premiers contrats professionnels :
Abdoulaye Kolèv Camara a signé à Vejle BK au Danemark, Bangaly Camara et Moussa Suler Camara ont tous deux rejoint la Roumanie, notamment le FC Bihor Oradea. Mansour Camara s’est engagé avec Al Kholood en Arabie saoudite, tandis que Mohamed Touré (SOAR Academy) a signé au FC Sochaux Montbéliard.
Avec une telle trajectoire, la GFI Cup s’affirme progressivement comme un levier stratégique du développement du football guinéen, à la croisée de la formation locale et des opportunités internationales.




