Qui d’autre que lui possède la légitimité pour parler de miracle, d’audace et de géants terrassés ? Salah Assad, le mythique « homme à la virgule », sait précisément ce que signifie aborder une phase finale de Coupe du monde dans la peau de l’outsider face à un ogre du football mondial. En 1982, face à la redoutable RFA, lui et ses partenaires avaient signé l’un des plus grands exploits de l’histoire du sport.
Aujourd’hui, à l’aube d’un choc titanesque contre l’Argentine, championne du monde en titre, l’ancien ailier gauche s’est confié. Dans des déclarations exclusives qu’il a réservées à notre rédaction d’Africafoot, il livre une analyse à contre-courant, pleine d’ambition et de pragmatisme.
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Refuser le piège du « match bonus »
Alors que de nombreux observateurs qualifient volontiers cette affiche d’entrée de « match bonus » — une rencontre sans pression où une défaite face à l’Albiceleste n’aurait rien de dramatique —, Salah Assad refuse catégoriquement cette posture d’esprit. Pour lui, chaque point en jeu est crucial et conditionne le destin d’un groupe :
Ce match-là va compter, c’est une erreur de penser le contraire. Le premier match est toujours très important. Il définit la suite. Il ne faudra pas le perdre.
Pas question donc de partir « petit bras » ou résigné face aux champions du monde. Assad exige de la jeunesse algérienne qu’elle aborde ce rendez-vous avec la ferme intention de bousculer la hiérarchie établie.
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Cette exigence de résultat n’a rien d’une utopie pour l’ancienne gloire des Fennecs, qui affiche un optimisme résolu quant au potentiel de la sélection de Vladimir Petković :
« Il faut l’être [optimiste]. On a de bons joueurs. Il y a de la qualité. Peut-être qu’il y a un petit manque derrière, mais on a des attaquants qui peuvent marquer et faire la différence.
Loin de s’avouer vaincu d’avance, Assad estime qu’un exploit initial est indispensable pour générer une dynamique positive :
Il ne faut pas perdre le premier match, et ça sera une bonne chose pour rejoindre le second tour. L’essentiel c’est de ne pas perdre contre les Argentins. Un match nul ou une victoire donnerait de la confiance à cette équipe jeune. Avec les autres équipes, on peut aussi tout à fait rivaliser et gagner.
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Mahrez, la clé de voûte pour encadrer la relève
Pour porter cet élan et guider la jeunesse dorée incarnée par les Ibrahim Maza ou Anis Hadj Moussa, Assad insiste sur le rôle prépondérant de Riyad Mahrez. Bien que le capitaine des Verts subisse actuellement des vagues de contestation quant à son niveau, l’ancien héros de Gijon rappelle le poids de son statut et son importance dans le vestiaire.
Mahrez, il est important dans l’équipe. Il a une belle histoire avec la sélection. Un champion d’Europe, un champion d’Afrique. Il a marqué de son empreinte le football algérien.
Riyad Mahrez doit-il démarrer le Mondial dans la peau d’un titulaire ?
Pour Assad, la simple présence de la star d’Al-Ahli est une bénédiction pour encadrer la relève :
Il peut aider nos jeunes, les Maza, les Hadj Moussa. Il peut leur insuffler ce côté compétiteur. Il peut énormément apporter à l’équipe.
À trois jours d’un rendez-vous qui s’annonce historique, le message de Salah Assad résonne comme un appel à la fierté et à l’audace. En rappelant que l’Algérie dispose des armes pour rivaliser avec n’importe qui, l’ancienne gloire trace la voie pour la bande à Petković. Face à l’Argentine, les Verts ne devront pas seulement regarder les étoiles en face d’eux, mais tout faire pour les faire vaciller. Un discours conquérant que les Fennecs devront matérialiser sur le rectangle vert.




