Christian Gourcuff s’est éloigné du monde du football et plus encore de l’agitation médiatique. Mais lorsqu’il parle de l’Algérie, le ton change légèrement. L’ancien sélectionneur des Verts, en poste entre 2014 et 2016, n’a jamais totalement refermé cette parenthèse.
Dans un entretien exclusif accordé à Africafoot, le technicien français est revenu sur plusieurs joueurs qu’il a dirigés à l’époque, mais aussi sur ce qu’il garde de son passage à la tête de la sélection algérienne. À l’heure où l’Algérie s’apprête à retrouver la Coupe du monde, ses mots résonnent comme un retour en arrière à la fois sobre, lucide et chargé d’affection.
Christian Gourcuff garde un œil sur l’Algérie
Interrogé sur la longévité de Riyad Mahrez, Aïssa Mandi et Nabil Bentaleb, tous appelés à disputer le Mondial 2026, Gourcuff n’affiche aucune surprise :
Non, ils étaient jeunes à l’époque. Ils ont fait des choix de carrière intéressants, avec une progression fulgurante, surtout pour Riyad. Qu’ils soient toujours là, ça ne m’étonne pas. Ils aiment le foot, ils aimaient le jeu. Ça aide aussi à tenir.
Derrière cette réponse, il y a le regard d’un entraîneur qui avait vu éclore un groupe encore en construction, mais déjà animé par une vraie culture du jeu.
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Le cas Nabil Bentaleb lui inspire une analyse plus nuancée. Gourcuff l’a connu jeune, talentueux, parfois impulsif dans la gestion de ses émotions. Il se souvient aussi d’un joueur freiné par les blessures à la fin de son mandat, puis touché plus tard par un problème cardiaque :
Sa carrière a été un peu en dents de scie. Aujourd’hui, il n’est pas usé, car il n’a pas eu la carrière qu’il devait avoir. Cela fait qu’il a une certaine fraîcheur.
Une manière de dire que le milieu lillois, malgré les épreuves, arrive peut-être au Mondial avec des réserves que d’autres n’ont plus.
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Walid Sadi, un souvenir très humain
Au moment d’évoquer l’Algérie actuelle, Gourcuff ne cherche pas à se poser en supporter. Il garde sa distance naturelle avec le football d’aujourd’hui, dont l’environnement le lasse parfois :
Je ne m’impose pas de rester connecté au foot. Ce n’est pas le foot lui-même, mais le monde autour, l’environnement, qui m’écœure un peu. Je ne me force pas. Quand il y a des matches qui m’intéressent, je regarde.
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Puis vient cette phrase, simple mais significative :
Je ne vais pas dire que je suis supporter de l’Algérie, mais je les regarderai avec intérêt.
Ce lien tient aussi aux hommes croisés durant son passage. Gourcuff cite spontanément Walid Sadi, aujourd’hui président de la Fédération algérienne de football, qu’il avait connu lorsqu’il occupait un rôle important auprès de Mohamed Raouraoua :
J’avais une très bonne relation avec Walid Sadi. J’ai gardé de bons rapports avec lui, et de bons souvenirs. Rien que pour lui, j’espère que l’Algérie figurera bien au Mondial.
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Il insiste surtout sur la qualité humaine de cette relation :
C’était très humain avec lui, et avec moi ça fonctionnait très bien. Il me faisait entièrement confiance sur le plan technique. Il comprenait ce que je voulais faire. C’est l’une des personnes avec qui j’ai gardé de très bons souvenirs.
Dans un univers où les liens se défont souvent aussi vite qu’ils se créent, cette fidélité dit quelque chose de son passage en Algérie. Le chapitre s’était refermé dans un contexte compliqué, mais certains visages, eux, sont restés. Et lorsque les Verts entreront dans leur Mondial, Gourcuff ne sera pas devant son écran par obligation. Il le fera parce qu’une partie de cette histoire continue, quelque part, de lui parler.




