La Confédération Africaine de Football (CAF) a annoncé la modification de l’horaire du quart de finale de la CAN U17 2026 entre le Maroc et le Cameroun. Initialement programmée à 20 h 00, la rencontre débutera finalement à 17 h 00 afin d’éviter une concurrence directe avec le match retour de la Ligue des champions africaine entre l’AS FAR et Mamelodi Sundowns.
Le stade numéro 8 du Complexe Mohammed VI de football à Salé accueillera, ce dimanche 24 mai 2026, une affiche très attendue. Les Lionceaux de l’Atlas abordent cette rencontre avec l’ambition de poursuivre leur défense du titre continental et de confirmer la progression du football marocain au niveau de la formation.
Dans ce contexte, Africafoot a recueilli l’analyse de l’ancien international marocain Tahar El Khalej. Ancien joueur du Kawkab de Marrakech, passé ensuite par l’União Leiria entre 1994 et 1997, puis par Benfica où il disputa 68 matchs pour 10 buts, avant des expériences en Premier League avec Southampton et Charlton Athletic, El Khalej dirige aujourd’hui l’une des académies de formation les plus réputées de Marrakech.
Tahar El Khalej a déclaré à Africafoot :
Sous le toit du Complexe Mohammed VI de Maâmora, précisément sur la pelouse du terrain numéro 8, tous les regards seront tournés vers un sommet footballistique de très haut niveau. Une rencontre qui opposera l’ambition et le pragmatisme des Lionceaux marocains à la puissance et à l’intensité des jeunes Lions camerounais.
Il poursuit :
Ce quart de finale dépasse largement l’enjeu d’une simple qualification. C’est une confrontation autour de l’identité footballistique africaine et un véritable test pour une nouvelle génération marocaine placée sous une forte pression sportive et médiatique.
Un choc de styles au cœur de Maâmora
Selon El Khalej, cette confrontation oppose deux écoles radicalement différentes :
Le Maroc, qui a terminé premier de son groupe avec sept points après une victoire importante contre l’Égypte (2-1), abordera ce match avec l’objectif de conserver son titre continental à domicile et de valider sa progression vers la Coupe du monde U17 au Qatar.
À l’inverse, le Cameroun représente selon lui un modèle tout à fait différent :
[Le Cameroun représente] le modèle africain classique basé sur la puissance physique, le pressing agressif et les duels.
L’ancien international estime que le principal défi pour le sélectionneur portugais Tiago Pereira sera d’éviter que ses joueurs tombent dans un combat physique direct durant les premières minutes :
Le Maroc devient beaucoup plus dangereux lorsqu’il parvient à accélérer la circulation du ballon et à exploiter les espaces entre les lignes adverses.
Il ajoute :
La capacité des Lionceaux à contrôler le rythme durant les vingt premières minutes sera déterminante.
Génération Baha vs. génération Pereira
Tahar El Khalej est également revenu sur les comparaisons entre l’équipe actuelle et celle sacrée championne d’Afrique sous les ordres de Nabil Baha :
La génération de Nabil Baha possédait davantage de joueurs capables de faire la différence individuellement et affichait une personnalité offensive très marquée.
Avant de nuancer :
L’équipe actuelle est peut-être moins spectaculaire individuellement, mais elle se distingue par sa discipline collective et son organisation tactique.
El Khalej a également salué le travail de Tiago Lima Pereira :
Pereira a réussi à donner un véritable équilibre défensif à cette sélection, notamment face à l’Égypte, où les joueurs ont montré une grande maîtrise dans la gestion des temps faibles.
Selon lui, cette discipline pourrait devenir l’un des principaux atouts du Maroc dans les matchs à élimination directe.
Rabbaj, Moustache et El Maâch : les hommes clés
Concernant les individualités marocaines, Tahar El Khalej considère Ibrahim Rabbaj comme l’un des joueurs les plus importants du système marocain :
Rabbaj possède la capacité de casser les lignes et de résister au pressing grâce à sa qualité de passe et sa vision du jeu.
Il a également mis en avant Mohamed Amine Moustache pour son sens du but et ses déplacements intelligents dans la surface, ainsi qu’Imran Talai pour son activité dans l’entrejeu.
El Khalej s’est aussi montré élogieux envers le gardien Adam El Maach :
Il a affiché une forte personnalité et des réflexes impressionnants, notamment dans les moments décisifs.
En revanche, il met en garde contre la vitesse des ailes camerounaises et l’impact physique des attaquants adverses.
Le changement d’horaire : un avantage psychologique pour le Maroc ?
L’ancien joueur de Benfica s’est également exprimé sur la polémique liée à la programmation initiale du match :
La décision de la CAF de modifier l’horaire était logique après les critiques suscitées par la première programmation.
Selon lui, jouer à 17 h 00 pourrait offrir une meilleure affluence au Maroc et renforcer le soutien populaire autour des Lionceaux. Il estime aussi que le Cameroun devra adapter sa préparation physique et mentale à ce changement de dernière minute, alors que le Maroc paraît plus habitué aux conditions locales.
Un match qui se jouera sur des détails
Tahar El Khalej estime que cette rencontre devrait rester très serrée tactiquement :
Le Maroc possède un léger avantage grâce au soutien du public, à la stabilité tactique et à la connaissance de l’environnement. Mais il devra surtout livrer un match intelligent plutôt qu’un match spectaculaire.
Il conclut :
Le scénario le plus probable reste une rencontre fermée, qui pourrait se décider sur un seul but ou sur un détail défensif.




