Cet article fait partie de notre série #TalentsAlgériens, consacrée aux 25 jeunes joueurs à suivre cette saison en Ligue 1 algérienne. Un classement forcément subjectif, qui ne repose pas uniquement sur le talent intrinsèque, mais aussi sur le potentiel, la place attendue en club et ce que la saison 2026/27 peut représenter dans leur progression. Pour ce nouvel épisode, et en deuxième position, place à Mohamed El Amine Ramdaoui, avant-centre de l’USM Alger.
Avant même le début du championnat, Khaled Lemmouchia demandait de la patience pour Mohamed El Amine Ramdaoui. L’adjoint de N’Diaye rappelait qu’un jeune attaquant de 21 ans, arrivé tardivement dans la préparation et avec le poids d’un transfert important, aurait forcément besoin de temps pour s’adapter à son nouvel environnement. Trois journées plus tard, Ramdaoui a déjà accéléré ce calendrier.
Titulaire lors des trois premiers matchs de l’USM Alger, il a d’abord participé au nul contre Khenchela avant d’ouvrir son compteur face à El Biar, d’une reprise de près. Samedi, contre l’Olympique Akbou, il a récidivé sur penalty, en deux temps, après avoir lui-même obtenu la faute.
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Deux buts en trois rencontres, trois titularisations et, surtout, un constat simple : parmi les jeunes USMistes déjà présents dans ce classement, Ramdaoui est pour l’instant celui à qui le staff a accordé le plus vite une vraie place.
Le gabarit saute aux yeux, pas forcément ce qui vient après
Avec ses 1,90 m, Ramdaoui donne d’abord l’image d’un avant-centre de puissance. Khaled Lemmouchia l’a évidemment remarqué dès les premières séances. Dans une interview exclusive accordée à la rédaction d’Africafoot, il a déclaré :
Déjà, dans un premier temps, son gabarit. Tout le monde sait que c’est quelqu’un d’assez fort et puissant pour un avant-centre. C’est donc un joueur sur lequel on va pouvoir s’appuyer.
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Mais ce qui a le plus surpris l’ancien international algérien se situe ailleurs :
Par rapport justement à son profil, ce qui m’a surpris, c’est qu’il est également très à l’aise techniquement. Il est capable, dans un petit périmètre, de trouver des solutions.
Lemmouchia insiste sur ce contraste. Un attaquant grand et puissant est souvent associé au jeu de profondeur, aux duels et à l’utilisation des espaces. Ramdaoui possède ces qualités, mais il n’est pas enfermé dans ce registre. Lemmouchie explique :
Généralement, quand vous êtes grand et costaud, vous pouvez avoir davantage de problèmes de motricité. Les petits espaces ne sont pas forcément votre point fort. Or, même dans les petits espaces, il m’a agréablement surpris.
Cette capacité à jouer dans peu d’espace élargit considérablement son registre. Ramdaoui peut servir de point d’appui, protéger le ballon, combiner, mais aussi se retourner et provoquer. Mourad Bounefouf, coordinateur du Paradou AC, insiste lui aussi sur cette dimension :
Un joueur solide, vraiment un balaise, très bon dans le un-contre-un. On dirait qu’il fait du 100 mètres tellement il est explosif.
Le gabarit n’empêche donc ni la vitesse ni l’initiative.
Le sens du but avant tout
Sofiane Benkhelifa connaît Ramdaoui depuis son passage à l’Académie de la FAF. Il se souvient même du surnom qui lui avait été donné :
On le surnommait « le puissant ». C’est quelqu’un qui a le sens du but, la force de pénétration, qui ne se loupe pas devant les buts. Il sait se placer.
Son premier but contre El Biar illustre assez bien cette dernière qualité. Rien de spectaculaire dans le geste : une présence au bon endroit, une reprise de près, et le ballon au fond.
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Ramdaoui n’a pas besoin de fabriquer chaque but depuis trente mètres. Il sait aussi lire une action, anticiper la zone où elle va finir et se présenter au moment juste.
Contre Akbou, le scénario a été différent. Cette fois, il provoque lui-même le penalty avant de le transformer malgré une première tentative repoussée.
Deux buts, deux situations distinctes, mais une même impression : l’avant-centre commence déjà à peser directement sur les matchs.
Au Paradou, un numéro 9 s’est construit
La saison précédente avait déjà largement installé Ramdaoui dans le paysage de la Ligue 1 algérienne. Avec le Paradou, il avait inscrit dix buts en championnat et terminé parmi les meilleurs buteurs de la compétition, tout en ajoutant plusieurs passes décisives.
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Sofiène Hidoussi, qui l’a dirigé au Paradou lors de la campagne en question, avait travaillé avec cette génération pour enrichir des joueurs techniquement à l’aise mais encore perfectibles sans ballon. Il affirme :
On leur a appris à permuter, à faire des appels, l’animation offensive, quand jouer à une ou deux touches de balle… On a fait un travail spécifique.
Pour Ramdaoui, le travail s’est également concentré sur des aspects très liés à son poste :
Il sait jouer dos au but. Il a marqué beaucoup de buts avec moi, et je l’ai encouragé à travailler plus athlétiquement pour éviter les blessures.
Cette capacité à jouer dos au but donne une autre dimension à son profil. Il peut servir de relais dans une attaque placée, absorber le contact d’un défenseur et permettre à son équipe de remonter, sans renoncer pour autant à attaquer la profondeur.
Azzedine Aït Djoudi, autre ancien entraîneur du Paradou, retient lui aussi cette alliance entre gabarit et qualité technique :
Un bon gabarit, une bonne maîtrise technique. Il lui faut des matchs de haut niveau pour continuer à s’aguerrir.
Un mercato qui aurait pu l’emmener beaucoup plus loin
Son été aurait pourtant pu modifier complètement cette trajectoire. Ramdaoui a longtemps été annoncé proche de l’USMA avant que le dossier ne se bloque. Une opportunité en Russie s’est ensuite présentée, avec un accord autour d’un transfert vers le Baltika Kaliningrad. Le joueur s’est déplacé, a passé ses examens médicaux, puis a finalement renoncé à poursuivre cette piste et est revenu en Algérie.
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Quelques semaines plus tard, il signait finalement à l’USMA. Le feuilleton aurait pu laisser des traces. Il est surtout arrivé avec un peu de retard sur le reste du groupe. Lemmouchia n’a pourtant pas constaté de relâchement :
C’est un bosseur. Il est arrivé avec un peu de retard en raison de son transfert, alors que le groupe avait déjà entamé la présaison et la préparation. Mais il travaille, il essaie de rattraper le temps perdu, et il est généreux dans l’effort.
Bounefouf dresse un constat similaire :
Un vrai bosseur durant la semaine, un joueur d’avenir avec une marge de progression énorme, solide, explosif, rapide et très lucide devant les buts.
Benkhelifa décrit de son côté un joueur calme :
Il a la tête sur les épaules. Tranquille, on le constate avec ses propos. Il est zen.
Lemmouchia demandait du temps, Ramdaoui a gagné des minutes
Avant la première journée, le staff souhaitait encore éviter de l’exposer trop rapidement. Lemmouchia expliquait qu’un jeune arrivant dans un club comme l’USMA devait être accompagné progressivement, notamment en raison de la pression populaire :
Il ne faut pas les juger sur leurs premières prestations. Il faut leur laisser le temps de digérer, de prendre leurs marques, de se développer et de progresser dans tous les domaines : physique, technique et tactique.
Il ajoutait alors que Ramdaoui possédait suffisamment de qualités pour s’imposer rapidement. La suite lui a donné raison plus vite que prévu. N’Diaye ne l’a pas seulement utilisé quelques minutes pour l’acclimater. Il lui a confié la pointe de l’attaque dès le départ et l’a maintenu lors des trois premières journées.
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Contrairement à plusieurs autres jeunes du club, à commencer par Bouziani, Limane ou Achouri, qui doivent encore patienter pour obtenir leurs premières véritables opportunités cette saison, Ramdaoui, lui, est déjà installé dans le onze.
Avant le coup d’envoi du championnat, Lemmouchia résumait déjà la logique du staff :
S’il y a du rendement, peu importe l’âge ou le statut, un jeune peut progressivement nous amener à nous poser des questions sur une éventuelle titularisation.
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Pour Ramdaoui, la question n’a pas attendu longtemps. Il possède encore une marge de progression importante. Mais après trois journées, le problème n’est déjà plus de savoir quand Mohamed El Amine Ramdaoui obtiendra sa chance. Il l’a obtenue. Et il a commencé à s’en servir.
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