Cet article fait partie de notre série #TalentsAlgériens, consacrée aux 25 jeunes joueurs à suivre cette saison en Ligue 1 algérienne. Un classement forcément subjectif, qui ne repose pas uniquement sur le talent intrinsèque, mais aussi sur le potentiel, la place attendue en club et ce que la saison 2026/27 peut représenter dans leur progression. Pour ce nouvel épisode, et à la 16e place, nous avons Abderrahmane Zaoui, ailier de la JS Kabylie et plus jeune joueur de notre classement.
Abderrahmane Zaoui n’a pas encore 17 ans, mais il a déjà pris l’habitude de jouer avec des plus âgés que lui. Né le 25 octobre 2009, le jeune ailier formé à Mekhedma est passé directement des cadets aux seniors la saison dernière, sans même s’arrêter par la catégorie juniors. Il évoluait alors au niveau régional, où son talent commençait déjà à dépasser le cadre de son club. Ses performances avec les sélections de jeunes ont ensuite accéléré les choses et convaincu la JS Kabylie de le recruter cet été.
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À son âge, la tentation est grande de parler de prodige. Zaoui en possède certains signes : surclassements à répétition, sélections nationales, premiers matchs chez les adultes et transfert dans l’un des plus grands clubs du pays. Mais cette étiquette peut aussi devenir un poids. À la JSK, son véritable enjeu sera moins de confirmer immédiatement tout ce que l’on raconte sur lui que de continuer à progresser sans que son avance ne devienne une obligation de réussir trop vite.
Des cadets aux seniors sans passer par les juniors
Ahmed Mofredj connaît le parcours de Zaoui depuis ses années à Mekhadma. Ancien entraîneur du joueur chez les jeunes, il se souvient d’abord d’une qualité mentale qui l’avait marqué très tôt :
Ce qui m’a marqué chez lui, c’est sa confiance en ses qualités. Et il est aussi explosif, avec beaucoup de vivacité. Une fois qu’il prend le ballon et percute avec, il est difficile de l’arrêter.
Zaoui évolue principalement sur le côté gauche, mais son ancien coach estime qu’il peut également occuper une position plus intérieure, comme second attaquant. Son parcours à Mekhadma n’a rien eu de classique :
Il a été surclassé de cadets, où je le dirigeais, puis directement seniors, sans passer par les juniors.
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La saison dernière, Zaoui a ainsi connu ses premières minutes avec les adultes, parfois titulaire, parfois remplaçant :
Il a joué avec les seniors chez nous, au niveau régional. Il a marqué cinq ou six buts.
Pour Mofredj, ce passage précoce chez les grands ne l’a pas intimidé :
Comme je l’ai dit, j’ai été marqué par sa confiance en ses qualités. Ça lui permet de franchir beaucoup d’obstacles.
Ce passage précoce chez les seniors régionaux lui a déjà appris ce que signifie affronter des joueurs plus âgés et plus puissants, même si le niveau d’exigence qu’il rencontre désormais n’a évidemment plus rien à voir.
À 16 ans, il sait déjà quand dribbler
Son transfert à la JS Kabylie aurait pu pousser un joueur de son âge à vouloir immédiatement démontrer son talent à chaque ballon. Karim Belhocine a justement observé l’inverse.
Interrogé par Africafoot, quelques jours après l’arrivée du jeune ailier, le nouvel entraîneur de la JSK insiste moins sur ses dribbles que sur la manière dont il les choisit :
Il est jeune, mais il est très à l’écoute, il progresse. Ce que j’aime, c’est qu’il ne cherche pas toujours à entrer dans les dribbles et joue assez juste.
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Belhocine détaille :
Quand il doit donner, il donne. Quand il doit percuter, il percute. Et s’il doit mettre un centre, il centre. Pour son jeune âge, il arrive à faire les bons choix.
Zaoui possède l’explosivité et la vivacité décrites par Mofredj, mais il ne semble pas chercher systématiquement à transformer chaque possession en duel individuel. Savoir quand provoquer et quand transmettre représente déjà une forme de maturité pour un ailier de 16 ans. Il semble aussi s’être vite fondu dans le groupe :
C’est un garçon très respectueux de la vie de groupe et des consignes.
Zaoui n’a d’ailleurs pas attendu longtemps pour se signaler pendant la préparation. Le 7 août, il a inscrit un doublé lors du large succès amical face à l’ES Bouaouane, avant de rejoindre les U17 algériens. Un doublé ne garantit toutefois aucune place immédiate dans le groupe professionnel.
La priorité : ne pas aller plus vite que son développement
Rabah Bensafi avait déjà repéré Zaoui avant son arrivée en Kabylie. L’ancien entraîneur de la JSK explique l’avoir observé avec les sélections de jeunes après la fin de sa mission et avoir alors évoqué son nom avec l’ancien manager général Hakim Medane Doudene.
Son avis sur la saison qui attend le jeune ailier reste néanmoins très mesuré. « Là, il s’entraîne avec les seniors, mais je ne pense pas qu’il va beaucoup jouer car il y a la puissance, l’intensité et la maturité tactique qui lui font encore défaut. Il doit travailler davantage« , nous a-t-il confié.
Zaoui occupe une place élevée dans notre classement précisément parce que son potentiel et son avance sur son âge sont remarquables. Mais cela ne signifie pas qu’il soit déjà davantage prêt pour la Ligue 1 que certains joueurs plus âgés apparus avant lui dans cette série, à commencer par ses coéquipiers Youcef Izem ou Slimane Tichtich.
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Pour lui, une bonne saison ne se mesurera donc probablement pas au nombre de titularisations. Elle peut consister à s’entraîner régulièrement avec les professionnels, prendre davantage de puissance, comprendre plus vite les exigences tactiques et profiter des quelques occasions que Belhocine pourrait lui offrir lorsque le contexte s’y prêtera.
Mofredj résume d’ailleurs le conseil qu’il donnerait encore à son ancien joueur :
Travailler et être humble, et le reste suivra. Il faut rester sur la bonne voie.
À Mekhadma, le départ de Zaoui représente naturellement une fierté. Le club du Sud avait déjà vu passer d’autres joueurs appelés à évoluer plus haut, parmi lesquels les frères Imad et Mohamed Azzi. Cette fois, c’est un garçon de 16 ans qui rejoint directement la JS Kabylie après avoir déjà goûté au football senior.
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Tout est allé vite jusqu’ici. C’est précisément pour cette raison que les prochains mois devront peut-être aller un peu moins vite.
Abderrahmane Zaoui possède déjà l’explosivité, la confiance et cette capacité à faire des choix justes qui ont attiré l’attention de ses entraîneurs. Il lui reste un chantier plus concret : la puissance et la maturité tactique que Bensafi juge encore insuffisantes. Le reste, la lucidité et les bons choix, il les a déjà à 16 ans.
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