Cet article fait partie de notre série #TalentsAlgériens, consacrée aux 25 jeunes joueurs à suivre cette saison en Ligue 1 algérienne. Un classement forcément subjectif, qui ne repose pas uniquement sur le talent intrinsèque, mais aussi sur le potentiel, la place attendue en club et ce que la saison 2026/27 peut représenter dans leur progression. Pour ce quatrième épisode, et à la 22e place, Youcef Gherbi, milieu de terrain de l’Olympique Akbou.
Dans la jeune génération qui pousse actuellement à l’Olympique Akbou, les noms de Bitam et Chikhaoui reviennent assez naturellement. Youcef Gherbi avance avec beaucoup moins de bruit. Pourtant, à l’intérieur du club, le milieu né en décembre 2007 à Ain-Ouessara bénéficie d’une appréciation particulièrement intéressante : il serait peut-être déjà l’un des plus aptes à supporter les exigences du football senior, grâce à un aspect nettement moins spectaculaire que sa technique : un énorme volume de travail.
12,5 kilomètres par match : un moteur déjà prêt
Mohamed Mekhazni connaît particulièrement bien cette génération. Directeur technique sportif de l’Olympique Akbou, l’ancien sélectionneur des U20 algériens place Gherbi dans une situation un peu particulière par rapport aux autres jeunes du club.
Interrogé par Africafoot, il le présente comme moins exposé que certains de ses coéquipiers, mais pas moins avancé :
Peut-être moins connu que Bitam et Chikhaoui, mais c’est celui dont je peux dire qu’il est vraiment apte à jouer en seniors dès maintenant, par rapport à son très grand volume de jeu.
Mekhazni appuie son observation avec une donnée relevée la saison dernière chez les U20 :
On a fait la moyenne des distances parcourues et il était le premier, avec une moyenne de 12 kilomètres et demi par match. Un gros coffre donc.
Le chiffre raconte une partie du joueur. Gherbi, dont le frère Mohamed évolue à l’USMA, n’est pas simplement un milieu qui attend le ballon pour organiser le jeu. Il couvre du terrain, récupère et accompagne les actions. Une activité qui correspond davantage au profil d’un relayeur moderne qu’à celui d’un meneur uniquement tourné vers la création.
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Mekhazni pouruit :
Il est capable de récupérer beaucoup de ballons. Capable de marquer aussi, ce qui n’est pas mal pour un milieu relayeur. Donner aussi des ballons de but. Un vrai joueur d’avenir et très prometteur.
Ce mélange de solidité défensive et d’apport offensif est ce qui, aux yeux de Mekhazni, autorise déjà Gherbi à évoluer en seniors. Et les deux buts qu’il a marqués en amical contre Béja au début de ce mois ne font que conforter ce sentiment.
Un meneur qui court comme un relayeur
Sofiane Benkhelifa apporte un regard complémentaire. Éducateur et formateur passé notamment par l’USMA et l’Olympique Akbou avant de rejoindre le staff de l’ES Sétif, il voit chez Gherbi davantage les qualités d’un joueur capable d’organiser :
C’est un meneur de jeu. Techniquement très fort, avec une qualité de passe extraordinaire, intelligent dans le jeu.
Le volume de jeu relevé par Mekhazni et la qualité de passe soulignée par Benkhelifa dessinent en réalité un seul profil : celui d’un joueur capable d’occuper le rôle de relayeur tout en se rapprochant des attaquants grâce à son pied gauche.
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Benkhelifa le confirme :
Il peut jouer en 8 ou en 10.
Abdelkader Amrani n’a eu besoin que de quelques semaines pour remarquer certaines de ces qualités. Le très expérimenté entraîneur, arrivé cet été à Akbou après près de trois décennies sur les bancs algériens, a découvert plusieurs jeunes issus du club et décidé d’en conserver cinq avec son groupe professionnel. Gherbi en fait partie.
Amrani confie à Africafoot :
Avec son pied gauche, il a beaucoup de qualités. Je suis sûr et certain qu’il peut gagner sa place. C’est un joueur très prometteur, l’avenir de l’équipe, lui, Chikhaoui et Bitam.
Un corps encore à adapter aux seniors
Gherbi n’est cependant pas présenté comme un joueur déjà achevé. Son principal chantier apparaît lui aussi clairement dans les témoignages. Benkhelifa pointe notamment l’écart physique qui sépare encore le football de jeunes de celui des seniors :
Il manque de puissance physique, car il est encore un peu frêle, il manque de masse musculaire. Ce qui fait que dans les duels, il est limité. Mais avec du travail, il progressera. C’est tout à fait normal.
Cette limite est d’autant plus intéressante que Gherbi possède déjà le volume nécessaire pour répéter les efforts. Le moteur semble donc capable d’encaisser les kilomètres. Il reste à renforcer le joueur qui les parcourt pour répondre aux contacts et à l’intensité des duels professionnels.
Amrani a lui aussi identifié cette transition physique chez les jeunes qu’il vient d’intégrer :
Au niveau physique, c’est un peu plus difficile pour eux avec les seniors, vu que la charge d’entraînement est conséquente.
Mais l’entraîneur ne veut pas transformer cette adaptation en sélection immédiate. Sa méthode consiste justement à laisser les jeunes progresser sans leur faire porter trop tôt le poids des résultats :
J’essaye d’aller tout doucement avec eux, pour ne pas qu’ils perdent leurs repères. Je ne veux pas les freiner et je ne veux pas qu’ils aient trop peur. Quand je les vois faire des erreurs, je ne les blâme pas. Ce que je crains pour eux, c’est la gestion de la pression. Je ne veux pas les brûler.
Mekhazni se montre, lui, rassurant sur cet aspect. Il estime Gherbi, Bitam et Chikhaoui très bien préparés mentalement pour commencer avec les seniors et considère que l’expérience d’Amrani constitue un environnement favorable pour franchir cette étape.
C’est cette étape qui attend désormais Youcef Gherbi. Son nom circule encore moins que ceux de certains jeunes de sa génération, mais son profil possède déjà une cohérence intéressante : le volume d’un relayeur, le pied gauche et la passe d’un créateur, avec une marge physique encore importante.
À 18 ans, rien ne l’oblige à brûler les étapes. Mais un DTS qui le juge déjà prêt pour les seniors, et un entraîneur qui vient à peine de le découvrir et s’en dit déjà convaincu, cela ne s’ignore pas. Le moteur tourne déjà. Il reste maintenant à voir combien de kilomètres Youcef Gherbi pourra réellement parcourir parmi les professionnels.
Vous pouvez aussi lire le focus sur Abdelaziz Kahia, paru dans le cadre de notre série #TalentsAlgériens.




