Au lendemain du spectaculaire Algérie – Autriche (3-3), qui a permis aux Verts de valider leur qualification pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, Africafoot a sollicité Patrice Beaumelle afin de recueillir son regard sur le parcours de la sélection algérienne.
Ancien entraîneur du MC Alger, mais aussi ex-sélectionneur de la Zambie, de la Côte d’Ivoire et de l’Angola, le technicien français connaît bien le football africain et suit avec attention l’évolution des Fennecs. Loin d’un commentaire de circonstance, Beaumelle a livré une analyse détaillée, à la fois sur le contenu du match face à l’Autriche, la progression mentale de l’équipe, les individualités qui l’ont marqué et les axes d’amélioration avant la suite du tournoi.
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Pour lui, l’Algérie a montré un visage séduisant, notamment dans sa capacité à réagir, à assumer le jeu et à ne jamais céder malgré la pression. Mais le coach champion d’Algérie en 2023 estime aussi que les Verts devront gagner en concentration défensive et stabiliser certains postes clés pour espérer aller plus loin.
« J’ai retrouvé une Algérie offensive, joueuse et courageuse »
Quelle analyse globale faites-vous de ce match nul entre l’Algérie et l’Autriche ?
Patrice Beaumelle : C’est probablement l’un des matchs les plus palpitants que j’ai vus de l’Algérie depuis longtemps. Sur le plan émotionnel, il y avait tout. L’équipe a été menée, elle est revenue. Elle a encore été menée, elle est revenue de nouveau. Elle a même pensé arracher la victoire dans les arrêts de jeu avant que l’Autriche n’égalise sur la dernière action.
Au-delà du score, j’ai surtout retrouvé ce que l’on aime voir dans cette équipe algérienne : du talent offensif, des initiatives, du jeu combiné, des prises de risque, des joueurs qui vont au bout de leurs intentions. C’était un match spectaculaire, avec beaucoup d’intensité et une vraie pression, car une défaite pouvait coûter très cher.
Ce nul qualifie les deux équipes, donc les deux vestiaires ont certainement ressenti du soulagement. Mais côté algérien, il faut aussi retenir l’état d’esprit. Être mené deux fois dans un match aussi tendu et trouver les ressources pour revenir montre beaucoup de caractère.
« Sur les matchs couperets, l’Algérie peut être à la hauteur »
Quels progrès avez-vous décelés depuis le début de la compétition ?
Je ne parlerais pas seulement de progrès sur les trois matchs du Mondial, car j’avais déjà été séduit par les matchs de préparation. Après, une compétition reste toujours particulière. La poule était difficile, avec notamment l’Argentine, qui représentait un gros morceau.
Ce que je ressens aujourd’hui, c’est que les joueurs sont entrés dans leur compétition. Et ce que j’aime dans cette équipe, c’est que, sur des matchs couperets, l’Algérie peut être à la hauteur et ne craindre personne.
On l’a vu avant le tournoi, lorsqu’elle a été capable d’aller battre les Pays-Bas chez eux. Cela montre qu’il y a du potentiel. Ce qui manque peut-être encore à cette équipe, c’est de la confiance dans la durée. Elle a parfois fonctionné sur des montagnes russes : une victoire, puis une défaite, puis de nouveau une réaction.
Ce qui ferait beaucoup de bien aux Fennecs, c’est d’enchaîner. Après le titre africain de 2019, cette équipe avait construit une longue série d’invincibilité, et cela avait nourri une énorme confiance. Le talent est là. Maintenant, il faut installer cette confiance dans le temps.
Sentez-vous des ressources mentales particulières dans ce groupe ?
Oui, clairement. Sur ce Mondial, je trouve que l’Algérie fait preuve de calme. Il y a quelques mois, lorsqu’elle était menée, on sentait parfois de la précipitation, une tendance à jouer trop vite, à perdre un peu de maîtrise.
Là, j’ai vu autre chose. Sur le match contre l’Autriche, comme sur les dernières sorties, l’équipe a montré du caractère, mais aussi de la maturité. Elle a su revenir au score sans paniquer. Il y avait de la fougue, de l’envie, de la folie par moments, mais aussi de la patience et de la lucidité.
C’est dans ce registre que l’Algérie devient dangereuse : quand elle parvient à mélanger l’enthousiasme, la maîtrise et le calme.
« Le petit manque de concentration coûte encore cher »
Quels sont encore les axes d’amélioration avant les seizièmes de finale ?
Il y a encore des choses à corriger, notamment sur le plan défensif. J’ai parfois la sensation que l’Algérie encaisse des buts à des moments où personne ne s’y attend. Le troisième but autrichien en est un exemple : à la 95e ou 96e minute, on ne s’attend pas à voir ce ballon finir au fond.
Il faut peut-être, dans ces moments-là, faire preuve d’une solidarité défensive encore plus forte. Tout le monde doit être au diapason pour empêcher les ballons d’arriver trop facilement dans la surface.
Cela dit, je pense que cette équipe a les qualités et les ressources pour corriger cela. Le point positif, c’est qu’elle a su revenir, puis mener. Mais elle doit éviter ce petit relâchement collectif qui lui a coûté deux points. La qualification est là, c’est l’essentiel, mais à partir du prochain tour, ces détails peuvent peser très lourd.
Les individualités qui ont marqué Patrice Beaumelle
Quelles individualités algériennes vous ont particulièrement plu contre l’Autriche ?
Avant de parler des joueurs, je veux d’abord souligner le collectif. Je suis un entraîneur qui aime l’équipe, l’esprit de groupe. Pour moi, la mention spéciale revient d’abord au collectif, à cette envie commune de franchir le premier tour et d’aller plus loin.
Ensuite, bien sûr, Riyad Mahrez m’a beaucoup plu. Il a été décisif, affûté, souriant, plaisant à voir jouer. Dans un match aussi difficile, il a répondu présent.
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J’ai aussi beaucoup aimé Maza. C’est un jeune joueur, mais, pour moi, il a déjà quelque chose d’un grand joueur. Il se place bien, il est intelligent, et il va encore progresser avec l’expérience.
Belghali m’a également intéressé, notamment par sa capacité à se projeter et à finir son action. Au milieu, Chaïbi et Bentaleb ont fait un gros travail. Ils ont su répondre dans le défi, tout en restant disponibles pour soutenir l’attaque. Et j’ajouterais une mention pour Aouar : cela m’a fait plaisir de le revoir heureux et efficace.
« Il faut qu’un gardien sente tout un pays derrière lui »
Le poste de gardien fait beaucoup parler. Est-ce risqué de changer de portier en plein tournoi ?
C’est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre depuis plusieurs mois. Sans être spécialiste des gardiens, je dirais que, si tout le monde parle autant de ce poste, c’est peut-être parce qu’aucun gardien ne s’est encore imposé de manière évidente comme numéro un.
Par le passé, l’Algérie avait des repères très clairs. Raïs M’Bolhi, champion d’Afrique en 2019, a longtemps été un numéro un incontestable. J’ai souvent affronté l’Algérie, et M’Bolhi était une référence dans cette équipe.
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Aujourd’hui, les gardiens sont bons, mais peut-être qu’aucun ne s’est encore imposé comme un excellent numéro un sur cette Coupe du monde. Il faut peut-être leur laisser du temps. Le plus important, désormais, c’est que celui qui jouera le prochain match puisse sortir une grande prestation.
Un gardien a besoin de confiance. Il doit sentir que ses coéquipiers, son staff et tout un peuple sont derrière lui. Avant même les matchs, on parle beaucoup de ce poste, et cela crée forcément une pression. J’espère que le gardien qui sera choisi fera un gros match, pour lui-même d’abord, mais aussi pour gagner définitivement la confiance de tout le peuple algérien.
A travers vos réponses, on sent qu’il y a un grand attachement envers l’Algérie et un vraie passion pour l’équipe nationale ?
Oui, c’est un pays qui m’est cher et envers lequel j’ai un vrai attachement. Et les Fennecs, c’est une sélection que je suis et j’apprécie beaucoup. Je leur souhaite le meilleur. 1,2,3, viva l’Algérie.
Très bientôt, l’Algérie disputera son match des seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 face à la Suisse. La société de paris 1xbet (vous pouvez télécharger 1xbet ici) propose les cotes suivantes pour ce match – l’Algérie gagne à 4,33, un match nul est évalué à 3,25, et la Suisse gagne à 1,91.




