Depuis la défaite du Maroc face à la France jeudi dernier en quarts de finale, l’Afrique n’a plus de représentants en Coupe du monde. Le Français Patrice Neveu, actuel sélectionneur du Togo, après avoir été celui de la Guinée, de la RD Congo, d’Haïti, de la Mauritanie et du Gabon, fait le bilan des sélections africaines lors de cette compétition, juste avant les demi-finales France-Espagne (mardi) et Angleterre-Argentine (mercredi).
En attendant les demi-finales, et notamment celle qui opposera la France à l’Espagne, Patrice Neveu a pris le temps d’analyser les performances des sélections africaines. L’expérimenté technicien français (72 ans), qui a effectué l’essentiel de sa carrière en Afrique, en entraînant des clubs et des sélections dans neuf pays, juge le bilan « plutôt correct », même s’il admet avoir attendu mieux.
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La dernière sélection africaine, le Maroc, a quitté la Coupe du monde au stade des quarts de finale. Dix sélections étaient engagées. Est-ce un bilan satisfaisant ?
C’est un bilan assez correct dans l’ensemble. Les sélections africaines ont progressé ces dernières années, elles sont capables de rivaliser avec les meilleures, il y a un nivellement des valeurs. Mais je pense que l’on pouvait espérer un peu mieux, avec dix sélections qualifiées pour la phase finale et neuf pour les seizièmes de finale.
Je pense que le Maroc, le dernier représentant africain, ne pouvait pas espérer mieux face à la France, qui lui était supérieure. Cependant, certaines sélections, dont on attendait mieux, n’ont pas effectué le parcours qu’elles imaginaient. Je pense notamment au Sénégal, à la Côte d’Ivoire et à l’Algérie.
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Comment expliquez-vous que l’Afrique du Sud, la RD Congo, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et l’Egypte aient perdu à chaque fois leur match à élimination directe dans les dernières minutes, parfois après avoir mené largement au score ?
Il y a à mon avis plusieurs explications. Dans la plupart des cas, un certain manque de profondeur de banc. Il y a aussi le fait que souvent, les sélections africaines mettent d’entrée de match beaucoup d’intensité, avec un réel engagement physique. Et avec la fatigue, le rendement des joueurs a tendance à diminuer au fil des minutes. Enfin, il faut tenir compte de la qualité des adversaires.
Mais la Suisse et la Norvège, qui sont de bonnes équipes, sont arrivées en quart de finale. Il y a des sélections africaines qui ont un niveau comparable, mais qui ne sont pas allées aussi loin. Et je pense qu’il y a une raison à cela…
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Laquelle ?
Dans certains cas, j’ai eu l’impression qu’une trop forte pression avait été mise sur certaines sélections. J’ai entendu dire plusieurs fois que telle ou telle sélection visait le titre mondial. C’est très bien et normal d’avoir de l’ambition, mais il faut éviter de mettre trop de pression sur le staff et les joueurs. Avez-vous beaucoup entendu Didier Deschamps, Lionel Scaloni ou Luis de la Fuente clamer haut et fort qu’ils seront champions du monde ? Non, alors que l’on parle des meilleures sélections du monde.
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Oui, comme souvent après une Coupe du monde, il y a du mouvement sur de nombreux bancs de touche, en Afrique et ailleurs. Et ce n’est pas forcément toujours une bonne solution de se séparer du sélectionneur. La stabilité sur un banc de touche est importante. Regardez la France avec Didier Deschamps, ou l’Argentine avec Lionel Scaloni.
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Je pense, pour revenir aux raisons qui, selon moi, peuvent expliquer les performances des Africains, que la Confédération Africaine de Football pourrait organiser un séminaire de réflexion, avec des techniciens, afin de travailler collectivement sur ce qu’il faudrait améliorer. Je pense aussi qu’il faut progresser dans le domaine de l’organisation, du moins pour certaines sélections. On a vu lors du Mondial que cela avait posé des problèmes pour la Tunisie, le Sénégal, l’Algérie. Il faut que les joueurs et les staffs soient dans une bulle, avec un maximum de sérénité.
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Quelles sont les équipes qui vous ont fait la meilleure impression ?
Le Maroc a montré de bonnes choses, mais il manque d’arguments offensifs, surtout quand Ismael Saibari, un excellent joueur, est blessé. Le Cap-Vert a réussi une très belle performance, comme la RD Congo. J’ai beaucoup aimé l’Égypte, qui a montré qu’elle savait à la fois bien défendre et pratiquer un football de qualité, en ayant par ailleurs une très bonne attitude.
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Et quelles sont celles qui vous ont déçu ?
Le Sénégal, perturbé par trop de problèmes. J’attendais mieux de la Côte d’Ivoire, qui a un bel effectif, et de l’Algérie, notamment sur le plan du jeu.




