Pour l’ancien défenseur nigérian, le talent individuel ne suffit pas à décrocher le Ballon d’Or. Victor Osimhen et Ademola Lookman doivent s’appuyer sur des performances collectives plus convaincantes et faire preuve de davantage de régularité pour espérer retrouver les sommets du football mondial.
L’absence de Victor Osimhen et d’Ademola Lookman parmi les 30 nominés au Ballon d’Or masculin 2026 relance le débat sur leur place dans la hiérarchie du football mondial. Pour Sam Sodje, ancien défenseur nigérian passé notamment par Brentford, les deux attaquants ont encore les moyens de revenir dans la course, à condition de retrouver leur meilleur niveau et de bénéficier d’un collectif plus performant.
Dans un entretien accordé à Footy-Africa, l’ancien international nigérian a insisté sur le poids des résultats collectifs dans l’attribution de la plus prestigieuse distinction individuelle du football. Il estime également que les performances de la sélection nigériane ont pu peser sur les chances de ses deux représentants :
Je sais que le Ballon d’Or est une récompense individuelle, mais le football en général n’est pas individuel. Cela dépend de la performance de votre équipe. Je pense que les mauvaises performances de l’équipe nationale ont aussi pu affecter les joueurs. Ils n’ont pas été au meilleur de leur forme.
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Osimhen et Lookman, un retour au premier plan à construire
Les deux Nigérians ont pourtant déjà prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleurs. Victor Osimhen avait terminé à la huitième place du Ballon d’Or 2023, tandis qu’Ademola Lookman s’était classé quatorzième en 2024. Des performances qui avaient placé le Nigeria sous les projecteurs, sans toutefois garantir une présence durable de ses représentants parmi les favoris.
Parcours de Victor Osimhen, coûts des transferts, rémunération et plus
Depuis son départ de Naples, Osimhen poursuit sa carrière à Galatasaray, en Turquie. De son côté, Lookman a connu une période d’incertitude autour de son avenir après son passage à l’Atalanta. Pour Sodje, le contexte dans lequel évolue un joueur compte autant que ses qualités techniques lorsqu’il s’agit de convaincre les votants :
Osimhen joue bien, mais il est en Turquie, et son équipe ne figure pas parmi les meilleurs clubs de la Ligue des champions ni des autres compétitions. Ils se débrouillent bien, mais cela prouve simplement que, pour remporter le Ballon d’Or, il faut que toute l’équipe joue bien.
Parcours d’Ademola Lookman, coûts des transferts, rémunération et plus
Le message est clair : même un attaquant capable d’enchaîner les buts peut voir ses chances limitées si son équipe ne brille pas sur les grandes scènes européennes. Pour espérer retrouver le haut du classement, Osimhen et Lookman devront donc associer leurs performances individuelles à des résultats collectifs marquants, aussi bien en club qu’en sélection.
La confiance et la régularité, deux facteurs déterminants
Au-delà des résultats, Sam Sodje insiste sur la confiance, la constance et la capacité à maintenir un haut niveau de performance dans la durée. Selon lui, les deux attaquants ne doivent pas se laisser décourager par leur absence de la liste des nominés cette année :
Personnellement, je ne pense pas qu’ils aient réalisé leurs meilleures performances ni qu’ils aient été au sommet de leur forme. Il y a de nombreux facteurs à prendre en compte. Je joue depuis longtemps, donc je sais que la confiance permet de faire un bon match ou une bonne période. Ils ne peuvent pas le regretter. Ils doivent simplement continuer à travailler dur. Quand son pays performe bien, ça aide.
Cette analyse renvoie également aux performances des Super Eagles, dont les résultats peuvent contribuer à renforcer ou à fragiliser la candidature de leurs meilleurs joueurs. Pour Sodje, les succès en sélection constituent un atout supplémentaire dans la course aux distinctions individuelles. Un parcours collectif convaincant permet aux joueurs de gagner en visibilité et de mieux valoriser leurs performances.
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Achraf Hakimi, une absence qui s’explique par les blessures
Sam Sodje s’est également exprimé sur le cas d’Achraf Hakimi, dont les performances avec le Paris Saint-Germain et le Maroc ont nourri les discussions autour du Ballon d’Or. L’ancien défenseur s’est dit surpris par la place accordée au joueur au regard des résultats de ses équipes, tout en reconnaissant que ses blessures ont pu peser dans l’évaluation de sa saison :
J’étais surpris de son absence, mais soyons clairs : il n’y a rien de caché. Il a été blessé pendant un certain temps et a manqué de nombreux matchs. Certes, le pays a bien joué, mais n’oubliez pas qu’il a manqué les deux premiers matchs de la Coupe du monde. Il a intégré l’équipe en cours de compétition. Personnellement, il était hors jeu. Son pays et son club se portaient bien, mais il était blessé. Je ne pense donc pas qu’il y ait eu de trucage.
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Sodje a ensuite réaffirmé que l’indisponibilité du défenseur constituait, selon lui, une explication suffisante à son absence des premières places :
J’étais très surpris qu’il ne figure pas sur la liste, compte tenu des performances de son club et de son pays lors de la Coupe du monde et de la Ligue des champions. Mais, individuellement, je pense que sa blessure explique son absence, donc c’est tout à fait justifié.
À travers cet exemple, l’ancien défenseur rappelle qu’une équipe peut connaître le succès sans que tous ses joueurs en tirent les mêmes bénéfices sur le plan individuel. La disponibilité, la régularité et la contribution personnelle restent des critères essentiels dans une distinction qui récompense avant tout les performances d’un joueur sur une période donnée.
Le Ballon d’Or, un défi toujours immense pour l’Afrique
La quête du Ballon d’Or reste un enjeu symbolique majeur pour le football africain. Depuis la création du trophée, le Libérien George Weah demeure le seul joueur africain à l’avoir remporté, en 1995. Plus récemment, le Sénégalais Sadio Mané a terminé deuxième en 2022, tandis que la huitième place d’Osimhen en 2023 constitue le meilleur classement jamais obtenu par un joueur nigérian.
Pour Osimhen comme pour Lookman, retrouver cette élite passera donc par une saison aboutie, des performances décisives dans les grands rendez-vous et des résultats collectifs à la hauteur de leurs ambitions. Sam Sodje ne remet pas en cause leur talent, mais rappelle une réalité du football de haut niveau : pour prétendre au Ballon d’Or, les exploits individuels doivent aussi s’inscrire dans une dynamique collective forte et durable.




