Cet article fait partie de notre série #TalentsAlgériens, consacrée aux 25 jeunes joueurs à suivre cette saison en Ligue 1 algérienne. Un classement forcément subjectif, qui ne repose pas uniquement sur le talent intrinsèque, mais aussi sur le potentiel, la place attendue en club et ce que la saison 2026/27 peut représenter dans leur progression. Pour ce nouvel épisode, place à Issam Abdelhamid Naim, défenseur central de l’ES Sétif. Il occupe le 12e rang de notre liste.
Issam Abdelhamid Naim vient de vivre un été qui tranche avec les difficultés rencontrées quelques mois plus tôt en club. Né le 21 décembre 2005 à Tissemsilt, le défenseur de l’ES Sétif a porté le brassard de l’Algérie U21 lors du sacre aux Jeux méditerranéens de Tarente. Dans l’axe, il a joué en patron, formant notamment une paire solide avec Mahdid Daniel Ilyès.
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Avec la sélection, Naim affiche de l’assurance, dirige, gagne ses duels et assume les responsabilités. À Sétif, sa première véritable exposition chez les seniors a été beaucoup plus irrégulière. Quelques erreurs, des réactions sévères et une confiance parfois ébranlée ont rappelé qu’un jeune défenseur ne grandit pas uniquement grâce à ses qualités avec le ballon.
Un défenseur qui refuse de seulement défendre
Sofiane Benkhelifa connaît bien le joueur pour l’avoir côtoyé la saison dernière dans l’environnement de l’ESS. Éducateur et formateur passé notamment par l’USMA et l’Olympique Akbou, il décrit d’abord un défenseur très solide dans le duel :
C’est le capitaine de la sélection U21. Un bon joueur, très bon dans les duels.
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Naim possède également des qualités qui correspondent davantage au profil du défenseur central moderne qu’à celui du simple stoppeur :
Sur le plan technique, il a les qualités. Il fait de bonnes relances et aussi des montées balle au pied.
Imad Bella, ancien footballeur et ex-joueur de l’ES Sétif devenu agent, va dans le même sens :
Naim, c’est un 2005, il est pétri de qualités. Élégant, il sait bien jouer au pied. Il peut jouer en 6 ou comme défenseur central moderne, car il est assez complet, à la fois solide et bon balle au pied.
Abdelkader Bouchaala, entraîneur de jeunes passé notamment par le CRB, l’USMA et l’ESS, avait pour sa part connu Naim dès les U17 du CR Belouizdad.
Il insiste auprès d’Africafoot sur son jeu vers l’avant :
Il joue vertical, ne se précipite pas. Il a sa rage et c’est un vrai patron. Il a une vraie assurance aussi.
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Benkhelifa identifie néanmoins une limite physique encore perfectible :
Il lui manque juste un peu de vitesse.
Mais ce n’est pas là que se situe, selon lui, le principal chantier.
À Sétif, apprendre à survivre à l’erreur
Le passage chez les professionnels a surtout confronté Naim à une autre exigence : celle de la réaction immédiate à chaque faute.
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Benkhelifa raconte un joueur qui avait parfois montré de l’appréhension en intégrant les seniors alors qu’il évoluait avec beaucoup plus d’assurance dans les sélections de jeunes :
La saison dernière, il a fait quelques petites erreurs et le public a alors été sévère avec lui. Quand c’est arrivé, c’est devenu difficile pour lui mentalement.
Le technicien rappelle aussi une réalité particulière au poste :
C’est ça le football. Quand un attaquant se troue, ça ne se voit pas trop, mais quand un défenseur se loupe, ça se paye cash.
Bouchaala estime que l’environnement autour du jeune défenseur n’a pas suffisamment facilité cette transition :
Il a joué 16 matches comme titulaire à l’ESS, mais ils ne l’ont pas bien accompagné, que ce soit le staff, la direction ou les supporters. Ils ne lui ont pas donné le coup de pouce nécessaire.
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Bouchaala insiste notamment sur l’impact possible des critiques extérieures :
Les critiques sur les réseaux sociaux, ça peut le toucher. Il doit dompter cette pression.
Bella formule un constat similaire :
La saison dernière, il ne fallait pas le briser à ses premières erreurs. Il fallait maintenir la confiance et corriger ses lacunes, car ça reste un jeune.
Pour Naim, l’enjeu mental n’est donc pas de devenir insensible. Il doit surtout apprendre à ne pas laisser une erreur ou une mauvaise période modifier complètement son football.
Le brassard comme rappel
Le brassard et le titre méditerranéen ne font évidemment pas disparaître les difficultés connues à Sétif. Ils rappellent en revanche que Naim peut parfaitement assumer un rôle de leader lorsqu’il évolue avec confiance.
Bouchaala le souligne :
Avec la sélection, il performe comme il se doit. Et s’il est capitaine chez eux, ce n’est pas pour rien. Mais il n’a pas trouvé le même contexte à Sétif.
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Chez les U21, Naim ne s’est pas contenté d’être sélectionné. Il a dirigé la défense d’une équipe qui a terminé le tournoi au sommet.
Bella rappelle également que le défenseur a pu effectuer une bonne partie de la préparation avec les seniors et côtoyer des joueurs plus expérimentés :
Il peut apprendre auprès des joueurs chevronnés.
Naim n’a plus besoin de prouver qu’il possède les qualités techniques ou physiques nécessaires pour exister à ce niveau. Plusieurs entraîneurs soulignent ses duels, sa relance, ses conduites, sa verticalité et sa capacité à jouer aussi devant la défense.
Il doit désormais construire autre chose : la stabilité, celle qui lui permettrait de rester le même joueur à Sétif qu’à Tarente.
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À 20 ans, Issam Naim sait déjà ce que signifie porter un brassard et commander une défense. Le prochain cap sera peut-être plus difficile encore : retrouver cette même assurance lorsque le public de Sétif juge chaque duel, chaque relance et surtout chaque erreur.
Vous pouvez aussi lire le focus sur Salah Eddine Bouziani, paru dans le cadre de notre série #TalentsAlgériens.




