Cet article fait partie de notre série #TalentsAlgériens, consacrée aux 25 jeunes joueurs à suivre cette saison en Ligue 1 algérienne. Un classement forcément subjectif, qui ne repose pas uniquement sur le talent intrinsèque, mais aussi sur le potentiel, la place attendue en club et ce que la saison 2026/27 peut représenter dans leur progression. Pour ce nouvel épisode, place à Salah Eddine Bouziani, milieu de terrain de l’USM Alger.
En décembre 2019, Salah Eddine Bouziani n’a encore que 14 ans lorsqu’Arezki Remmane le repère dans une petite équipe de Béchar. Le talent attire immédiatement l’attention, mais le corps ne suit pas encore au même rythme. Le jeune milieu accuse alors un retard de croissance qui le prive notamment des sélections U17 sous les ordres du technicien.
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Le football, lui, est déjà là. Bouziani rejoint ensuite la JS Saoura, puis l’Académie de la FAF à Sidi Bel Abbès, où il passe trois années sous la direction de Remmane avant de poursuivre sa formation au Paradou AC.
Sept ans plus tard, le joueur que son développement physique avait obligé à patienter n’est plus un simple espoir. Il possède déjà une vraie expérience de la Ligue 1, vient de remporter les Jeux méditerranéens avec les U21 algériens et a coûté environ 80 millions de dinars, soit autour de 500 000 euros, à l’USM Alger cet été.
À 20 ans, Salah Eddine Bouziani arrive à un moment différent de sa carrière. Le talent n’est plus vraiment à démontrer. C’est sa capacité à l’exprimer avec régularité qui doit désormais être mesurée.
Le talent était déjà là à 14 ans
Arezki Remmane suit son parcours depuis sa détection à Béchar. Ancien sélectionneur des U17 algériens, formateur à l’Académie de la FAF et désormais DTS de l’USMA, il se souvient précisément de ses débuts :
En décembre 2019, je me rappelle l’avoir détecté. Il avait 14 ans et évoluait dans une petite équipe de Béchar, avant de rejoindre Saoura. Ensuite, il a rejoint l’Académie de la FAF à Bel Abbès sous ma coupe.
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La progression n’a pourtant pas été immédiate :
Malheureusement, il n’a pas eu de sélections avec moi chez les U17, car il avait un retard de croissance. Il a travaillé à l’Académie pendant trois ans, puis il a rejoint le Paradou et continué son processus de formation.
Le passage au Paradou change alors la dimension de son parcours.
Promu avec l’équipe première dès l’été 2024, à 18 ans, Bouziani accumule progressivement les minutes chez les professionnels et aborde aujourd’hui sa troisième saison au niveau senior. Contrairement à plusieurs jeunes de cette série, il n’arrive donc pas dans un grand club en découvrant entièrement les exigences de la Ligue 1.
Un relayeur qui sait sortir des petits espaces
Ceux qui l’ont observé au Paradou mettent d’abord en avant son niveau technique.
Azzedine Aït Djoudi, qui l’a dirigé au PAC, le décrit comme un milieu « pétri de qualités », avec « beaucoup de maîtrise » et un profil naturel de relayeur.
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Abdelkader Bouchaala apporte une description encore plus précise. Entraîneur de jeunes passé par le CRB et l’USMA, aujourd’hui au MC Alger, il avait suivi Bouziani la saison dernière :
Excellent joueur. Il a une belle mobilité, de l’élégance dans son jeu. Pas trop de déchet. Il sait bien orienter son corps et jouer dans les espaces réduits.
Bouziani n’est pas simplement un milieu capable de toucher beaucoup de ballons. Il sait les utiliser pour faire avancer le jeu.
Mehdi Aggoun, qui l’a également connu au Paradou avant de rejoindre le MCA, voit même en lui un profil qui rappelle un autre milieu originaire du Sud-Ouest algérien :
Pour moi, il a un profil à la Boudaoui. Lui aussi est issu de la région de Béchar.
La comparaison concerne davantage le registre que le statut : mobilité, activité, capacité à jouer dans plusieurs zones du milieu et qualité technique.
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Le sacre récent aux Jeux méditerranéens de Tarente est venu ajouter une nouvelle validation. Bouziani y a occupé une place importante dans le milieu de l’équipe U21 dirigée par Brahim Hemdani.
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Du Paradou à l’USMA, l’exigence change
Le transfert à l’USMA marque toutefois une vraie rupture. Au Paradou, Bouziani évoluait dans un environnement historiquement tourné vers la formation et le développement des jeunes. À l’USMA, les attentes sont différentes. Le résultat immédiat, la concurrence et la pression autour de l’équipe prennent davantage de place.
Bouchaala en a conscience :
J’espère qu’ils lui donneront la confiance à l’USMA et que la pression ne l’inhibe pas. Je le vois même faire une belle carrière professionnelle et intégrer la sélection A.
Aggoun est plus catégorique encore :
Cela fait deux ans qu’il joue en seniors à Paradou. C’est un joueur au fort caractère. Je suis sûr qu’il gagnera sa place à l’USMA. Le public usmiste aime ce genre de joueurs. Il aura une pression, mais elle sera positive.
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L’enjeu sera désormais de savoir quelle place l’entraîneur N’Diaye lui accordera dans une équipe où plusieurs jeunes, parmi lesquels Limane ou Achouri, attendent eux aussi leur chance.
Bouziani possède toutefois un avantage évident : il n’est plus un débutant.
Le talent n’est plus vraiment la question
Sofiane Benkhelifa, éducateur et formateur passé notamment par l’USMA, l’Olympique Akbou et l’ES Sétif, ne doute absolument pas des qualités footballistiques de Bouziani :
Très fort techniquement. Quand il décide de faire un bon match, il ne déçoit jamais. Il peut produire une prestation avec un volume de jeu plus important qu’un joueur aguerri.
Mais son constat comporte aussi un avertissement :
À l’entraînement, il lève un peu le pied, il ne se donne pas à fond tout le temps. Son problème, c’est donc le manque de rigueur. Il ne prépare pas bien ses matches. Mais au niveau technique, il est excellent.
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L’USMA va maintenant lui demander autre chose que ce que lui demandait le Paradou : reproduire ses meilleures performances, semaine après semaine.
À 14 ans, Salah Eddine Bouziani devait attendre que son corps le rattrape. À 20 ans, cette excuse n’existe plus.
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