Le Maroc s’apprête à entamer sa campagne de qualification pour la Coupe d’Afrique des nations avec deux rendez-vous face au Gabon et au Lesotho. Deux rencontres qui interviennent dans un contexte particulier, marqué par l’ouverture d’un nouveau cycle sous la conduite de Mohamed Ouahbi, après la fin du parcours des Lions de l’Atlas à la Coupe du monde 2026.
Pour décrypter ces deux affiches, mais aussi les premières orientations du nouveau sélectionneur, nous avons donné la parole à Mohamed Timoumi. Ancien international marocain et Ballon d’or africain en 1985, l’ex-milieu offensif livre une lecture essentiellement tactique de ces deux rencontres et des défis qui attendent la sélection nationale.
Pour Timoumi, ces deux matchs ne doivent pas être considérés comme de simples rencontres d’ouverture des qualifications pour la CAN. Ils constituent surtout, selon lui, le premier véritable test de l’identité que Mohamed Ouahbi souhaite donner à l’équipe nationale.
Timoumi : « La question n’est pas seulement de savoir si le Maroc va gagner »
Le Maroc aborde cette nouvelle étape avec un statut différent. La sélection sort d’un parcours mondial qui l’a menée jusqu’aux quarts de finale, mais elle ouvre parallèlement une nouvelle page avec un nouvel entraîneur, une évolution progressive de son groupe, plusieurs absences importantes et l’intégration de jeunes joueurs appelés à prendre progressivement leur place.
Mohamed Timoumi estime que Mohamed Ouahbi a déjà donné plusieurs indications sur sa philosophie à travers ses choix, en insistant notamment sur l’équilibre tactique, la complémentarité avec son système de jeu et la forme actuelle des joueurs. Le sélectionneur a également rappelé qu’aucun joueur ne disposait d’une place garantie.
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Pour Timoumi, c’est précisément à ce niveau que commencent les véritables interrogations.
La question ne sera donc pas uniquement de savoir si le Maroc remportera ses deux matchs. Il faudra surtout observer comment les Lions de l’Atlas vont jouer, et quels joueurs seront capables d’assumer les responsabilités laissées vacantes par certaines figures qui ont constitué l’ossature de la sélection ces dernières années.
Gabon : un premier test d’équilibre
La rencontre face au Gabon, prévue le vendredi 25 septembre au complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat, représente, aux yeux de Timoumi, le test tactique le plus intéressant de cette fenêtre internationale.
Pas nécessairement parce que le Gabon serait le plus grand adversaire du groupe, mais parce que le Maroc devra probablement prendre l’initiative face à une équipe capable de passer rapidement de la phase défensive à la transition offensive.
La présence de joueurs comme Denis Bouanga, mais aussi de plusieurs éléments expérimentés, constitue selon l’ancien Ballon d’or africain un élément que Mohamed Ouahbi devra prendre en considération.
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Une question se pose alors : le Maroc sera-t-il capable d’imposer son jeu sans offrir au Gabon les espaces qu’il recherche ?
Si les Lions de l’Atlas décident de monopoliser le ballon et d’attaquer avec beaucoup de joueurs, ils devront parallèlement conserver suffisamment de joueurs derrière le ballon afin d’éviter qu’une perte de balle ne se transforme en contre-attaque dangereuse.
Pour Timoumi, la possession ne suffira donc pas. Il faudra surtout parvenir à mettre en place une possession sécurisée, capable de permettre au Maroc de contrôler le match tout en limitant les possibilités de transition de son adversaire.
L’absence de Hakimi : bien plus qu’un problème de poste
L’absence d’Achraf Hakimi pour les deux premières rencontres, en raison de sa suspension, représente également un défi qui dépasse la simple question de son remplacement au poste d’arrière droit.
Timoumi rappelle que Hakimi n’a pas seulement occupé un rôle défensif sur le côté droit au cours des dernières années. Il a également constitué l’une des principales solutions offensives du Maroc, grâce à sa capacité à donner de la largeur, à attaquer les espaces intérieurs et à créer des supériorités numériques dans le dernier tiers.
Dès lors, estime l’ancien international marocain, la véritable question ne devrait pas être uniquement :
Qui va remplacer Hakimi ?
Mais plutôt :
Qui va remplacer les fonctions qu’assumait Hakimi ?
Dans cette perspective, Timoumi considère que Noussair Mazraoui pourrait jouer un rôle important, notamment s’il est utilisé sur le côté droit, tandis qu’Anass Salah-Eddine pourrait être appelé à évoluer sur le flanc opposé.
L’absence de Hakimi pourrait ainsi pousser le Maroc à redistribuer certaines responsabilités et à construire davantage depuis l’axe, plutôt que de compter systématiquement sur les solutions offensives qui venaient du côté droit.
Bouaddi, El Aynaoui et Ounahi : la question des responsabilités
Parmi les éléments que Mohamed Timoumi dit vouloir particulièrement observer face au Gabon figure la relation entre Ayyoub Bouaddi, Neil El Aynaoui et Azzedine Ounahi.
Car, selon lui, la notion d’équilibre ne se limite pas à la répartition des joueurs sur le terrain. Elle dépend aussi de la clarté des responsabilités.
Qui lance la construction ? Qui se projette ? Qui couvre les espaces ? Et qui reste derrière le ballon lorsque les autres joueurs avancent ?
Timoumi estime que si Bouaddi était utilisé dans un rôle davantage orienté vers la première relance, qu’El Aynaoui se voyait confier une fonction lui permettant de se projeter et de faire le lien, tandis qu’Ounahi bénéficiait de davantage de liberté dans le dernier tiers, le Maroc pourrait adopter différentes structures au cours de ses phases de possession.
Pour lui, l’une des idées possibles dans la philosophie de Mohamed Ouahbi serait justement de ne pas enfermer les joueurs dans leur position de départ, mais de leur permettre d’adapter leur placement en fonction de la situation de jeu.
L’absence de Saibari oblige à trouver d’autres solutions
L’absence d’Ismael Saibari lors du premier match en raison de sa suspension réduit également les options de Mohamed Ouahbi, notamment dans le jeu entre les lignes.
Timoumi rappelle que Saibari offre plusieurs possibilités dans les rôles offensifs. Son absence pourrait donc accroître la responsabilité de Brahim Diaz dans la création de différences.
Mais l’ancien international insiste sur un point : Diaz ne doit pas devenir le joueur à qui l’on demande de résoudre toutes les situations à lui seul.
L’objectif doit plutôt être de lui permettre de recevoir le ballon dans des zones où il peut se retrouver face à la ligne défensive adverse, pendant que ses coéquipiers travaillent à créer des espaces autour de lui. C’est dans ce contexte que Timoumi évoque le rôle d’Abdessamad Ezzalzouli.
Ezzalzouli : le dribble ne suffit pas
Si Mohamed Ouahbi décide d’utiliser Ezzalzouli sur l’aile, son rôle ne devrait pas, selon Timoumi, se limiter à rester sur la ligne et à rechercher systématiquement le duel individuel.
Ses déplacements vers l’intérieur pourraient au contraire contribuer à créer des espaces, notamment lorsque le latéral est en mesure de prendre la profondeur ou d’occuper le couloir.
En l’absence de Hakimi, une animation différente pourrait ainsi apparaître, avec Ezzalzouli qui rentre davantage dans l’axe, Mazraoui qui apporte de la largeur et Brahim Diaz qui évolue entre les lignes.
Une telle organisation permettrait au Maroc de rechercher des triangles offensifs et des supériorités numériques, plutôt que de dépendre exclusivement des exploits individuels.
Zabiri, Ouazane et El-Faouzi : intégrer la nouvelle génération
Pour Timoumi, la convocation de jeunes joueurs comme Yassir Zabiri, Abdellah Ouazane et Soufiane El-Faouzi constitue un signal clair envoyé par le staff technique. Mais l’essentiel, insiste-t-il, est de ne pas réduire leur présence à un simple test individuel.
L’idée devrait plutôt être de les intégrer progressivement dans une structure composée également de joueurs expérimentés.
Un jeune joueur n’a pas seulement besoin de temps de jeu, estime Timoumi. Il a aussi besoin d’un environnement qui lui permette de comprendre ses responsabilités, ses espaces et son rôle dans le collectif.
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Concernant Zabiri, notamment, l’ancien Ballon d’or africain considère que sa réussite ne devra pas uniquement être mesurée au nombre de buts ou de dribbles. Il faudra également observer sa capacité à se déplacer dans le système, à participer à la construction, à exploiter les espaces et à savoir quand rester dans sa zone ou attaquer la profondeur.
Quant à Ouazane, son intégration au groupe A représente surtout, selon Timoumi, une occasion importante de découvrir les exigences du très haut niveau international, sans pour autant lui demander de transformer immédiatement le visage de la sélection.
Le Lesotho : un tout autre type de test
Si le match contre le Gabon représente avant tout un test d’équilibre et de gestion des transitions, la rencontre face au Lesotho, prévue le mardi 29 septembre, posera des questions différentes.
Le Maroc pourrait avoir davantage le ballon et faire face à un adversaire disposant de moins d’espaces à exploiter. Dans ce contexte, la patience et la vitesse de circulation seront essentielles.
Timoumi rappelle toutefois qu’une forte possession ne garantit pas automatiquement un grand nombre d’occasions.
Il faudra surtout déplacer le bloc adverse, changer rapidement le point d’attaque, rechercher les espaces entre les lignes et permettre aux milieux de pénétrer dans la surface au bon moment.
Dans ce type de rencontre, la qualité des déplacements sans ballon sera aussi importante que celle des passes.
Deux matchs, un même test pour l’identité de Ouahbi
Pour Mohamed Timoumi, les deux rencontres peuvent donc être considérées comme deux tests différents mais complémentaires.
Face au Gabon, la question sera de savoir comment le Maroc peut attaquer tout en conservant son équilibre.
Face au Lesotho, il s’agira plutôt de déterminer comment transformer la maîtrise du ballon et la domination territoriale en occasions et en buts.
Entre les deux rencontres, Mohamed Ouahbi disposera ainsi d’une première opportunité de construire progressivement les contours de son équipe.
Le sélectionneur ne part pas de zéro. Il hérite d’une sélection qui possède une importante expérience mondiale, des automatismes construits au cours des dernières années et des joueurs habitués à évoluer au plus haut niveau.
Mais Timoumi estime également que cette nouvelle étape ne peut pas reposer uniquement sur ce qui a été réalisé dans le passé.
Le Maroc doit, selon lui, construire une nouvelle identité capable de tirer profit de l’héritage existant sans en devenir prisonnière.
Le véritable test : ce qui se passe au-delà du résultat
En conclusion, Mohamed Timoumi estime que le début du mandat de Mohamed Ouahbi ne devrait pas être analysé uniquement à travers les résultats ou le nombre de buts inscrits.
L’ancien international marocain dit vouloir observer des détails plus révélateurs : Comment le Maroc commence-t-il ses attaques ? Comment sort-il du pressing adverse ? Qui prend la responsabilité de la construction ? Comment les latéraux se déplacent-ils ? Qui protège l’équipe après une perte de balle ? Comment les espaces sont-ils créés pour Diaz et Ezzalzouli ? Et comment les jeunes joueurs sont-ils intégrés au collectif ?
Pour Timoumi, ce sont ces détails qui permettront progressivement de comprendre le visage du Maroc sous Mohamed Ouahbi.
Les matchs face au Gabon et au Lesotho ne constituent donc pas seulement les deux premières étapes des qualifications pour la CAN. Ils offrent surtout une première fenêtre pour observer les contours du nouveau projet des Lions de l’Atlas, la philosophie de leur nouvel entraîneur et la manière dont celui-ci entend faire passer la sélection de l’après-Mondial 2026 vers un nouveau cycle.
Très bientôt, le Maroc disputera son match de la 1ère journée des qualifications de la CAN 2027 face au Gabon. La société de paris 1xbet (vous pouvez télécharger 1xbet ici) propose les cotes suivantes pour ce match – le Maroc gagne à 1,10, un match nul est évalué à 8,00, et le Gabon gagne à 17,00.




