À seulement 17 ans, Honest Ahanor se retrouve déjà à la croisée des chemins. Le défenseur nigérian de l’Atalanta Bergame attise les convoitises des plus grands clubs européens, transformant ce qui devait être une saison d’apprentissage en tremplin vers une carrière potentiellement exceptionnelle. Entre rester, partir trop tôt ou choisir le bon projet, l’avenir du jeune prodige s’annonce palpitant et décisif.
Pour sa première saison avec l’Atalanta, Honest Ahanor a fait bien plus que simplement s’adapter. Le natif d’Aversa a littéralement éclaboussé la Serie A de sa maturité défensive, au point de transformer les tribunes de Bergame en défilé de recruteurs.
Newcastle, Nottingham Forest, Tottenham, Manchester United en Premier League, l’Atlético Madrid en Liga, Naples avec Antonio Conte en tête de file, et même l’AC Milan qui regrette encore de s’être fait coiffer au poteau l’été dernier : la liste ressemble à un who’s who du football européen.
Valorisé à 25 millions d’euros par Transfermarkt et sous contrat jusqu’en 2028, Ahanor perçoit actuellement 930 000 euros annuels (609 millions de FCFA). Des chiffres qui pourraient exploser dès cet été. Mais derrière l’euphorie du marché se cache une question cruciale : quel chemin choisir pour maximiser son potentiel sans brûler les étapes ? Africafoot analyse les options.
#1 La fidélité bergamasque ou l’art de la maturation
Rester à l’Atalanta une saison supplémentaire, voire deux, pour continuer son développement dans un environnement stable et formateur est une possibilité. L’Atalanta n’est pas n’importe quel club. C’est une véritable académie pour jeunes talents. Ahanor bénéficierait d’un temps de jeu régulier, d’une exposition en Ligue des champions et d’un système de jeu qui valorise les défenseurs modernes.
À 17 ans, il a encore tout à apprendre : lecture du jeu de haut niveau, gestion de la pression sur 50 matchs par saison, expérience des grands rendez-vous européens. Bergame offre ce luxe rare : du temps et de la confiance. Une ou deux saisons supplémentaires pourraient transformer un talent prometteur en défenseur complet, augmentant sa valeur marchande bien au-delà des 25 millions d’euros actuels.
Le football ne pardonne pas les blessures ou les baisses de forme. Une mauvaise saison et l’engouement pourrait retomber. Par ailleurs, l’Atalanta, consciente de l’intérêt autour de sa pépite, pourrait se montrer moins patiente dans son développement, créant une pression supplémentaire. Enfin, économiquement, refuser des offres à 40 ou 50 millions d’euros cet été pour espérer mieux plus tard comporte toujours une part de pari.
4 pépites africaines parmi les joueurs U18 les mieux valorisés au monde
#2 Le saut en Premier League, le grand bain anglais
Rejoindre l’un des prétendants de Premier League (Newcastle, Tottenham ou même Manchester United) pour s’exposer au championnat le plus médiatisé au monde.
La Premier League représente le summum en termes de visibilité, d’intensité et de développement physique. Pour un défenseur, c’est l’école de la guerre : duels permanents, rythme infernal, exigence maximale. Un club comme Newcastle, en pleine construction d’un projet ambitieux avec des moyens financiers colossaux, pourrait offrir à Ahanor un statut de titulaire rapidement, surtout face à leurs besoins défensifs.
Tottenham, habitué à développer de jeunes défenseurs, pourrait garantir une progression encadrée. Quant à Manchester United, malgré leur instabilité récente, le prestige du maillot rouge et le rayonnement médiatique restent incomparables. Un transfert en Angleterre multiplierait son salaire par trois ou quatre et propulserait sa notoriété mondiale.
La Premier League broie aussi les jeunes talents. Arriver trop tôt dans un environnement aussi exigeant peut étouffer un joueur avant qu’il n’éclose. Le cas de Manchester United est particulièrement délicat : club en reconstruction, pression médiatique énorme, instabilité sportive. Même Newcastle ou Tottenham, malgré leurs qualités, n’offrent pas la stabilité d’un projet italien. Le danger ? Devenir une recrue parmi d’autres, perdre du temps de jeu et voir sa progression stagner entre banc de touche et prêts successifs.
#3 Naples et l’appel de Conte, le choix de l’évidence italienne
Rejoindre Naples, où Antonio Conte en a fait une priorité absolue et où Giovanni Manna orchestre une révolution tactique.
Antonio Conte est l’un des meilleurs entraîneurs au monde pour forger des défenseurs. Son système en 3-5-2 valorise les défenseurs centraux, leur donnant des responsabilités accrues dans la relance et le marquage. Avec Conte, Ahanor ne serait pas un simple recrue : il deviendrait un pilier du projet napolitain. Le directeur sportif Giovanni Manna, reconnu pour son œil avisé, cible des joueurs capables de s’inscrire dans la durée.
Naples offre aussi une continuité culturelle et linguistique (Ahanor connaît déjà la Serie A), un projet sportif clair (reconquête du Scudetto), et un environnement passionné mais moins médiatisé que l’Angleterre. Financièrement, Naples peut s’aligner sur les offres anglaises tout en garantissant un statut de titulaire quasi-assuré. L’histoire récente prouve que Naples sait transformer des talents en stars mondiales.
La pression napolitaine est intense, presque suffocante. Échouer sous le maillot bleu ciel peut marquer une carrière. De plus, rester en Serie A pourrait limiter son exposition internationale comparé à la Premier League. Enfin, si Naples ne se qualifie pas pour la Ligue des champions, Ahanor perdrait une vitrine essentielle pour son développement.
#4 L’Atlético Madrid, le pari de la renaissance espagnole
Rejoindre l’Atlético Madrid et profiter du renouveau tactique du club sous Diego Simeone ou un éventuel nouvel entraîneur. L’Atlético a toujours été un laboratoire pour défenseurs. Pour Ahanor, ce serait l’occasion d’apprendre la rigueur défensive espagnole tout en évoluant dans un championnat technique et en participant à la Ligue des champions.
L’Atlético cherche actuellement à rajeunir son effectif vieillissant. Ahanor pourrait devenir une pierre angulaire de cette reconstruction, bénéficiant d’un encadrement expérimenté et d’une structure rodée pour développer les jeunes. Sur le plan financier, le club dispose des moyens pour rivaliser avec les Anglais.
Le système ultra-défensif de Simeone pourrait brider le développement offensif d’Ahanor. Par ailleurs, l’Atlético traverse une période de transition incertaine, avec des doutes sur l’avenir de Simeone lui-même. Rejoindre un projet en mutation peut s’avérer risqué, surtout si le club enchaîne une saison difficile. Enfin, la concurrence en défense centrale reste féroce.
#5 Le come-back milanais, la revanche de l’histoire
Rejoindre l’AC Milan, qui regrette encore de l’avoir laissé filer l’été dernier à l’Atalanta. Milan représente l’histoire, le prestige et un projet de reconstruction ambitieux. Sous la direction d’un entraîneur moderne, Ahanor pourrait incarner le nouveau visage d’une défense milanaise à reconstruire. Le club, habitué à miser sur de jeunes talents, sait créer les conditions de leur épanouissement.
Le scénario serait presque romanesque : refusé l’été dernier, il reviendrait en star confirmée. Milan offre aussi la vitrine de la Serie A, une formation tactique reconnue et un environnement moins étouffant que Naples. Financièrement, le club peut s’aligner sur la concurrence.
Milan traverse une période d’instabilité sportive avec des résultats irréguliers et un avenir européen incertain. Le club change régulièrement d’entraîneur, ce qui complique la continuité dans le développement des jeunes. De plus, Ahanor risque de revivre le syndrome du « recrue refusée » : une pression supplémentaire pour prouver que Milan a eu tort de le laisser passer.
L’enjeu : ne pas devenir le prochain talent gâché
L’histoire du football regorge de talents précoces qui ont brûlé leurs ailes en choisissant trop vite le mauvais projet. Renato Sanches, Adnan Januzaj, Freddy Adu : autant de noms qui rappellent qu’à 17 ans, le choix du club est plus déterminant que le montant du transfert.
Pour Honest Ahanor, la décision devra répondre à plusieurs critères : temps de jeu garanti, entraîneur formateur, stabilité du projet, qualité de l’encadrement et exposition internationale. L’argent viendra de toute façon. Mais la carrière, elle, ne se reconstruit pas.
Le verdict de la raison : Naples, le choix optimal
Si l’on analyse froidement les cinq options, Naples sous Antonio Conte apparaît comme le choix le plus équilibré. Ahanor y trouverait un entraîneur capable de le faire progresser, un système valorisant son profil, une continuité culturelle et linguistique, un projet sportif ambitieux et une pression gérable pour son âge.
Rester à l’Atalanta une saison supplémentaire constituerait la décision la plus sage sur le plan du développement pur, mais le football moderne ne laisse pas toujours le luxe d’attendre. La Premier League, bien que séduisante, comporte trop de risques à 17 ans. L’Atlético et Milan présentent des projets intéressants mais trop instables.
Naples coche toutes les cases. Reste à savoir si Honest Ahanor et son entourage feront le choix de la raison ou celui du cœur (et du portefeuille). Une chose est certaine : l’été 2025 marquera un tournant décisif dans la carrière de ce prodige nigérian. Et l’Europe entière observe, retenant son souffle.




