Le Français Hervé Renard a signé un contrat de deux ans avec la Côte d’Ivoire, dont il avait déjà été le sélectionneur (2014/15) avec un titre de champion d’Afrique obtenu en 2015. Sa première mission sera de qualifier son équipe pour la CAN 2027.
Le coach français s’est entretenu en exclusivité pour Africafoot.
Votre contrat de deux ans a été signé le 6 août. Vous êtes-vous déjà mis au travail ?
Oui. Les deux premiers matches qualificatifs pour la CAN 2027 auront lieu au mois de septembre face au Ghana et à la Somalie. J’ai la chance de bien connaître l’effectif, car j’ai toujours continué de suivre le football africain. Je vais contacter les joueurs et suivre les matches des championnats qui vont bientôt reprendre en Europe, même si celui du Portugal a déjà commencé. Il y a aussi des internationaux ivoiriens qui sont concernés par les matchs des différentes coupes d’Europe.
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Allez-vous vous déplacer prochainement en Europe ?
C’est prévu. Je vais d’abord m’installer à Abidjan, d’où il me sera possible de suivre des matchs européens. Mais je me rendrai quand ce sera nécessaire en Europe pour rencontrer des joueurs.
Envisagez-vous de convoquer de nouveaux joueurs prochainement ?
Bien sûr. Cela fait partie du travail du sélectionneur. Il y a des joueurs qui évoluent en Europe, dont des binationaux, qui peuvent nous intéresser. J’ai la chance d’arriver dans une période où il n’est pas question de fin de cycle. Seul Jean Michaël Seri a décidé de mettre un terme à sa carrière internationale. C’était un des cadres de l’équipe, à un poste où il n’y a pas autant de possibilités que cela. Sinon, j’ai un effectif globalement jeune, avec des éléments un peu plus expérimentés. Dans le groupe actuel, je ne connais que Franck Kessié, qui avait effectué ses débuts alors que j’étais encore le sélectionneur de la Côte d’Ivoire.
Que pensez-vous du transfert de Yan Diomande au Real Madrid ?
Il va beaucoup progresser. C’est un jeune joueur avec beaucoup de talent. C’est un profil atypique, excellent dribbleur. On a beaucoup parlé de son transfert au Real Madrid, de son montant (125 millions d’euros), mais Diomande n’est pas responsable de ces tarifs très élevés. Moi, ce qui m’intéresse, c’est ce qu’il peut apporter de plus à la sélection. Il a montré de très belles choses lors de la Coupe du monde. Il y a un an et demi, il n’était pas très connu, quand il évoluait à Leganés, en Espagne. Depuis, il a réussi un très bon passage à Leipzig, en Allemagne, et il est devenu international. Mais il est encore très jeune et va encore s’améliorer.
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Le mercato a également vu Bazoumana Touré, Christ Inao Oulaï et Ousmane Diomandé rejoindre respectivement Newcastle United, la Fiorentina et Nottingham Forest…
C’est très positif que plusieurs internationaux signent dans de bons clubs européens, dans les meilleurs championnats. Cela ne pourra être que profitable à la sélection nationale. J’ai à ma disposition un effectif de grande qualité. On va essayer maintenant de faire passer la Côte d’Ivoire du statut de bonne à très bonne équipe.
Quel est votre avis sur les trois adversaires de la Côte d’Ivoire lors des qualifications pour la CAN 2027 ?
Il y a le Ghana, que je connais bien, la Gambie et la Somalie. Sur le papier, c’est un groupe abordable, mais il faudra faire preuve de beaucoup de concentration, d’abnégation. Le Ghana a manqué la dernière CAN au Maroc, il reste sur une Coupe du monde honorable, dispose de très bons joueurs, et sera a priori notre principal adversaire. La Gambie est une sélection en progrès depuis des années. Je connais moins la Somalie, qui ne peut pas jouer à domicile pour des raisons de sécurité, mais on va apprendre à mieux savoir comment elle joue. En Afrique, beaucoup de petites nations ont progressé, et aucun match n’est facile désormais.
Après les deux matchs de septembre face au Ghana et à la Somalie, envisagez-vous une rencontre amicale en septembre ?
Oui. De préférence à domicile, contre une autre sélection africaine. Nous y travaillons actuellement. Cela pourrait me permettre de donner du temps de jeu à certains, d’en observer d’autres.
Votre retour en Côte d’Ivoire semble globalement très apprécié…
J’ai reçu de nombreux messages de certains des joueurs avec qui nous avons remporté la CAN en 2015, comme Serey Dié, Wilfried Bony, Copa Barry, Max-Alain Gradel… Certains vivent ou sont souvent à Abidjan, j’espère les revoir. Ces messages me font très plaisir. Je connais pas mal de monde en Côte d’Ivoire, même si je ne suis resté qu’un an. Je suis très heureux d’être de retour dans ce pays, où il y a de grandes choses à faire. Nous avons de l’ambition, avec deux CAN à venir. Mais avant de parler de la phase finale de 2027, il faut faire les choses dans l’ordre, à commencer par se qualifier.




