Le football africain vit un moment historique lors de cette Coupe du monde 2026 organisée sur le sol nord-américain, puisque le passage à un format à 48 sélections a permis au continent d’envoyer une délégation inédite de 10 équipes.
La première journée de compétition a livré son verdict. Le Ghana et la Côte d’Ivoire ont empoché les trois points, tandis que le Maroc, l’Égypte, la RD Congo et le Cap-Vert ont décroché des nuls prometteurs. En revanche, le Sénégal, l’Algérie, la Tunisie et l’Afrique du Sud ont débuté par des défaites.
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C’est dans ce contexte que Mutiu Adepoju, ancien international nigérian présent au Mondial 1994 et 1998, s’est exprimé auprès de Footy-Africa pour analyser ces premiers pas collectifs qu’il juge globalement encourageants malgré la différence de résultats.
La satisfaction des premières victoires
L’ancien milieu de terrain de la Real Sociedad, célèbre pour son but mémorable contre l’Espagne en 1998, estime que les sélections africaines se sont globalement bien défendues et que la manière affichée sur le terrain s’avère parfois tout aussi importante que le résultat brut :
Je pense que nous avons vu des performances très encourageantes de la part des équipes africaines. Bien sûr, tout le monde veut toujours des victoires, mais parfois, la manière dont on joue est tout aussi importante. Les équipes qui ont gagné méritent beaucoup de crédit, tandis que celles qui ont obtenu des matchs nuls ont montré qu’elles pouvaient rivaliser avec des adversaires de taille.
L’ancien international de 55 ans a d’abord mis en avant les performances de la Côte d’Ivoire et du Ghana, qui ont idéalement lancé leur compétition en s’imposant d’entrée :
J’étais très heureux de voir le Ghana et la Côte d’Ivoire gagner leur premier match. Quand vous gagnez votre premier match dans une Coupe du monde, tout s’ouvre à vous. Même si les deux équipes n’ont pas très bien joué, elles ont obtenu la victoire, et c’est tout ce qui compte dans ce genre de tournoi. Ces deux équipes se sont mises dans une très bonne position, et j’espère qu’elles mesurent ce qu’elles ont accompli. Ce n’est pas le moment de se relâcher. Elles doivent capitaliser là-dessus.
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Des matchs nuls synonymes de progression
Le consultant nigérian s’est également montré particulièrement enthousiaste face aux performances défensives et tactiques du Cap-Vert, de la RD Congo et du Maroc. Il était satisfait du score nul vierge obtenu par les Cap-Verdiens face à l’Espagne, tout comme le score de parité de la RD Congo contre le Portugal :
Tenir l’Espagne en échec (0-0) n’est pas un mince exploit pour le Cap-Vert. L’Espagne est un ancien champion du monde. Et voir la RD Congo faire match nul avec le Portugal pour son retour en Coupe du monde après plus de 50 ans, c’est magnifique. Ce sont le genre de performances qui prouvent que le football africain progresse. Les joueurs n’ont plus peur des grands noms.
Quant au nul un partout du Maroc face au Brésil, quintuple vainqueur de la compétition, Adepoju rappelle que les Lions de l’Atlas confirment leur statut acquis au Qatar en 2022 et prouvent qu’ils ont leur place parmi l’élite mondiale :
Le Maroc a fait match nul contre le Brésil, une équipe qui a gagné la Coupe du monde cinq fois. Depuis Qatar 2022, ils continuent de prouver qu’ils ont leur place parmi les meilleures équipes du monde. Un nul contre le Brésil est un résultat sur lequel ils peuvent s’appuyer.
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Des revers sévères mais riches d’enseignements
À l’inverse, la première journée a été marquée par des déconvenues majeures, notamment la lourde défaite de la Tunisie face à la Suède et le revers de l’Algérie contre l’Argentine, tenante du titre. Adepoju affirme que ces résultats s’avèrent insatisfaisants et ne reflètent pas la qualité réelle de ces deux effectifs :
Écoutez, je ne vais pas prétendre que ces résultats étaient satisfaisants. La Tunisie et l’Algérie possèdent des joueurs de qualité et ces scores ne reflètent pas le niveau de leurs effectifs. Mais c’est la Coupe du monde. Si vous perdez votre concentration ne serait-ce que quelques minutes, vous le payez cash. Le plus important maintenant, c’est la manière dont ils vont réagir.
Concernant les défaites du Sénégal face à la France et de l’Afrique du Sud contre le Mexique, l’ancien milieu nigérian estime qu’il ne s’agit pas de catastrophes face à de telles oppositions :
La défaite du Sénégal face à la France n’est pas un désastre, car la France est l’une des meilleures équipes du monde, mais ils doivent se remobiliser et revenir plus forts. Il en va de même pour l’Afrique du Sud. Leur prochain match jouera leur va-tout.
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Un appel général à la mobilisation
À l’aube de la deuxième journée, l’ancien meneur de jeu des Super Eagles lance un appel clair et direct à l’ensemble des 10 nations engagées pour qu’elles élèvent leur niveau de jeu à l’approche des matchs à élimination directe :
Les équipes qui ont gagné ne doivent pas se relâcher. Elles doivent consolider ces victoires et être encore plus performantes lors de leurs prochains matchs. Les équipes qui ont fait match nul doivent transformer ces prestations en victoires, tandis que celles qui ont perdu doivent faire preuve de caractère et rebondir.
L’Afrique est venue ici avec dix équipes, plus que jamais auparavant. C’est une source de fierté, mais la fierté seule ne suffit pas. Chaque équipe a encore plus à donner. La phase de groupes est loin d’être terminée, et c’est le moment de montrer au monde ce qu’est réellement le football africain.




