Nom : Inao Oulaï
Prénoms : Christ Ravynel
Date de naissance, ville : 6 avril 2006 à Yopougon, dans le district d’Abidjan (Côte d’Ivoire)
Club actuel : Trabzonspor
Poste : Milieu – Milieu central
Le salaire actuel Christ Ravynel Inao Oulaï à Trabzonspor
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Salaire annuel* |
500 000 euros (325 000 000 FCFA) |
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Salaire mensuel |
41 667 euros (27 083 333 FCFA) |
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Salaire hebdomadaire |
9 589 euros (6 232 877 FCFA) |
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Salaire journalier |
1 370 euros (890 411 FCFA) |
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* Données du 10/01/2026 |
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Les racines : Yopougon, terre de champions
Dans les rues poussiéreuses de Yopougon, l’un des 13 districts d’Abidjan, un enfant jongle avec un ballon usé entre les voitures et les passants. Nous sommes en 2006, et Christ Ravynel Inao Oulaï vient de naître dans une famille nombreuse de onze enfants, où il occupera la place de benjamin parmi les garçons. Comme tant d’autres talents africains avant lui, c’est sur la terre battue, pieds nus, que se forgent ses premiers réflexes de footballeur.
Dans cette Côte d’Ivoire qui a donné au monde certains des plus grands joueurs du continent, le jeune Christ grandit avec le football comme seul horizon. Pour lui, pas de PlayStation ni de distractions modernes : juste un ballon, la rue comme terrain, et une passion dévorante qui occupera chaque instant de sa vie.
Cette obsession précoce, nourrie par l’environnement familial et le bouillonnement footballistique d’Abidjan, façonne déjà le caractère déterminé qui le caractérisera plus tard.
La JMG Academy : l’école de la rigueur et du beau jeu
À 12 ans, Christ franchit une étape décisive : il intègre la JMG Academy de Djekanou, isolée de l’agitation urbaine. Fondée par Jean-Marc Guillou, cette académie s’est bâtie une réputation sulfureuse mais efficace dans la formation de jeunes talents. Ici, les méthodes sont peu orthodoxes et la philosophie radicale : pas de chaussures au début, pas de gardiens de but, interdiction de jouer en l’air. Tout est pensé pour privilégier le contrôle, la technique et le jeu vers l’avant.
Dans un entretien avec Corse-Matin, Christ Ravynel Inao Oulaï se souvient :
Les crampons se méritent. Au début tu joues pieds nus, on te fait faire des jongles toute la journée, puis on te donne des baskets et à la fin des crampons.
Le processus est implacable : d’abord pieds nus avec des exercices de jonglerie interminables, puis des baskets pour les plus appliqués, et enfin, récompense suprême, les crampons pour ceux qui ont prouvé leur valeur. Pour un enfant de 12 ans arraché à sa famille de onze frères et sœurs, l’épreuve est rude. La nostalgie du foyer familial, l’isolement de Djekanou, la discipline de fer :
J’avais douze ans, ma famille me manquait, c’était très difficile, mais il le fallait.
Cette période forge pourtant le joueur qu’il deviendra. À la JMG, Christ apprend la résilience, développe son sens du sacrifice et affine ses qualités techniques. L’académie alterne formation footballistique et enseignement scolaire, un équilibre que le jeune homme avoue malicieusement avoir parfois rompu :
J’avoue, ce n’est pas bien, mais je séchais les cours pour jouer dans la rue.
Ce sourire en coin trahit une vérité : pour Christ, le football n’est pas un métier mais une vocation absolue.
La réputation de l’académie lui ouvre également des portes européennes. Grâce aux contacts de la JMG, il passe des essais à Clermont, au Havre et même à Wolfsbourg en Allemagne. Autant d’expériences qui lui donnent un avant-goût du football européen et aiguisent son appétit pour une carrière au plus haut niveau.
La révélation d’un tournoi au Maroc : quand le destin frappe
L’histoire de la découverte de Christ Ravynel Inao Oulaï par le Sporting Club de Bastia tient du roman. En 2022, lors d’un tournoi international au Maroc réunissant une soixantaine d’académies africaines et deux européennes, un recruteur français nommé Pierre-Paul Antonetti remarque « un petit bonhomme » qui se distingue de tous les autres. Toujours au micro de Corse-Matin, le recruteur du Sporting raconte :
C’était au Maroc. Je crois qu’il y avait une soixantaine d’académies africaines et deux européennes. C’est un événement très en vogue pour les recruteurs. Et puis j’ai vu ce petit bonhomme aux qualités techniques au-dessus de la moyenne, mais surtout, avec une forte personnalité. Il était défenseur central, il jouait beaucoup vers l’avant. Rarement un joueur m’avait fait si bonne impression.
Le coup de foudre est immédiat, mais la réalité rattrape vite l’enthousiasme. Face à la concurrence de gros clubs européens, faire venir ce jeune prodige à Bastia semble mission impossible. Antonetti assiste plus tard dans l’année à un autre match de Oulaï, toujours aussi brillant, mais le rêve paraît inaccessible.
C’est alors que le destin s’en mêle. L’année suivante, Antonetti retourne au même tournoi marocain. Surprise : Christ n’est plus dans l’équipe de l’académie :
Je retourne au Maroc, au même tournoi, mais il n’y a plus Christ dans l’équipe de l’académie. Je retourne voir ses agents, j’insiste un peu pour le recruter, au départ c’est compliqué, mais finalement, ils acceptent.
Cette persévérance d’Antonetti, qui fait écho à celle de son jeune protégé, changera la trajectoire de Christ.
Bastia : le choc du professionnalisme
Juillet 2024. Christ Ravynel Inao Oulaï pose ses valises en Corse et signe son premier contrat professionnel à 18 ans. Pour le jeune Ivoirien qui n’a connu que les terrains en terre de Yopougon et l’académie de Djekanou, le passage au monde professionnel européen est un électrochoc.
La Ligue 2 française, réputée pour sa rudesse et son imprévisibilité, ne fait pas de cadeau. Intensité physique décuplée, exigences tactiques complexes, rythme infernal : tout est nouveau, tout est plus dur. Christ doit se mettre au diapason et il lui faudra plusieurs mois pour y parvenir.
Préparation physique intensive, analyses vidéo à répétition, séances tactiques pointues : en l’espace de quelques semaines, le jeune milieu ingurgite une masse d’informations qui donnerait le vertige à beaucoup.
Mais Christ fait preuve de patience et d’humilité. Il fait ses classes en N3, apprend son métier loin des projecteurs, observe, écoute. Sa première apparition professionnelle arrive le 16 novembre 2024 en Coupe de France à Freyming. Une semaine plus tard, le 23 novembre, il découvre la Ligue 2 lors de la réception de Lorient. Des moments d’émotion intense pour celui qui jouait pieds nus quelques années auparavant.
L’éclosion : de la patience à la confirmation
Le véritable tournant intervient le 31 janvier 2025, lors de la réception de Metz. À partir de cette date, Christ enchaîne les matches et s’impose progressivement dans le onze de Benoît Tavenot. En quelques mois, il dispute onze rencontres, ne manquant que la réception de Dunkerque en raison d’une suspension pour accumulation de cartons jaunes, un détail qui en dit long sur son tempérament de feu.
Sur le terrain, Christ affiche ce qui fait sa force et sa faiblesse : une prise de risque constante. Pierre-Paul Antonetti, qui a cru en lui dès le départ, a eu raison d’insister pour le recruter :
Je pense que sa principale qualité est sa prise de risque. Il n’a que 19 ans (depuis le 6 avril ndlr) et il porte le ballon vers l’avant, il n’a pas froid aux yeux. Mais c’est aussi sa principale faiblesse, il peut commettre des erreurs qui coûtent cher. Il doit progresser là-dessus, mais sans changer sa personnalité. Il ne doit pas devenir un joueur stéréotypé.
L’enjeu est là : polir le diamant brut sans en altérer l’éclat naturel, canaliser l’audace sans l’étouffer. Cette audace, héritée de sa formation à la JMG et de sa personnalité naturelle, fait de lui un joueur différent, imprévisible, capable de déséquilibrer n’importe quelle défense.
Salaire et valeur marchande à cet instant : En aout 2025, la valeur marchande de l’international ivoirien est estimée à 600 000 euros. Sur l’ile de la beauté, il touchait un salaire annuel de 70 000 euros (45 500 000 FCFA).
La Turquie : le grand saut vers la reconnaissance
Le 20 août 2025, à peine un an après son arrivée à Bastia, Christ franchit une nouvelle étape spectaculaire. Le Trabzonspor, club historique du championnat turc, mise 5,5 millions d’euros sur lui et lui offre un contrat de cinq ans. Pour un joueur qui disputait encore des matches de N3 quelques mois auparavant, l’ascension est fulgurante.
Pourtant, quitter Bastia n’a pas été une décision facile pour lui. Dans une interview accordée à 225foot, il a déclaré :
J’ai énormément appris au SC Bastia. C’est un club qui m’a donné ma chance et qui m’a permis de progresser. Mais à 19 ans, je sentais qu’il fallait franchir un cap. Quand Trabzonspor m’a approché, je n’ai pas hésité longtemps. C’est un club historique avec un vrai projet pour moi.
J’arrive dans un championnat réputé difficile, avec des supporters passionnés et une intensité énorme. Je sais que ce ne sera pas simple, mais je viens ici pour grandir. Le foot, c’est ça : sortir de sa zone de confort.
Je ne viens pas comme une star, mais comme un jeune guerrier qui veut tout donner. Je veux d’abord m’imposer dans le vestiaire, gagner la confiance du coach, et petit à petit obtenir du temps de jeu. Je rêve de marquer mon premier but ici devant nos supporters. Ce sera un moment fort.
Le club m’a signé pour cinq ans. Ça veut dire qu’ils croient en moi, qu’ils me voient progresser et m’épanouir à Trabzon. Je veux rendre cette confiance sur le terrain.
Ses débuts en Süper Lig, le 27 septembre contre Fatih Karagümrük SK, confirment que le pari est justifié. Mais c’est le 25 octobre face à Eyüpspor que Christ inscrit son nom dans les annales : son premier but, d’une beauté remarquable, est élu but du mois du championnat turc. Une consécration symbolique qui valide son statut de révélation de la Süper Lig.
En Turquie, Christ retrouve une intensité et une passion qui ne sont pas sans rappeler l’Afrique. Les stades bouillonnants de Trabzon, l’exigence des supporters, l’ambiance électrique : autant d’ingrédients qui stimulent ce joueur nourri au football de rue et formé dans l’exigence. Il s’y épanouit, confirme match après match son talent, et attire naturellement les regards.
L’avenir : un diamant à polir
Aujourd’hui, Christ Ravynel Inao Oulaï est à la croisée des chemins. À 19 ans, il a déjà vécu plusieurs vies : celle de l’enfant des rues d’Abidjan, celle du pensionnaire austère de la JMG Academy, celle du professionnel débutant à Bastia, celle de la révélation en Turquie, et maintenant celle d’international ivoirien.
Son parcours fulgurant témoigne d’un talent indéniable, mais aussi d’une détermination hors norme. « Travail, acharnement et persévérance », telle est sa devise. Et surtout, Christ n’oublie jamais d’où il vient. Les onze enfants de sa famille, les rues de Yopougon, les premiers pas pieds nus : ce sont ces racines qui le maintiennent ancré malgré le tourbillon de sa carrière.
Le principal défi qui l’attend désormais est de transformer l’essai. Passer du statut de révélation prometteuse à celui de joueur confirmé et régulier. Affiner sa lecture du jeu, réduire les erreurs liées à sa prise de risque excessive, tout en conservant cette audace qui fait sa singularité. Un équilibre délicat que peu de joueurs parviennent à trouver.
Mais si l’on en croit Pierre-Paul Antonetti, qui a eu le nez creux en insistant pour le recruter, Christ possède tous les atours pour y parvenir. Inao est un diamant brut. Au Trabzonspor, à l’équipe nationale ivoirienne, et dans les clubs qui ne manqueront pas de le convoiter à l’avenir, de le polir pour qu’il révèle tout son éclat.
L’histoire de Christ Ravynel Inao Oulaï ne fait que commencer. Mais déjà, elle porte en elle tous les ingrédients des grandes épopées footballistiques : le talent à l’état brut, la volonté de fer, les épreuves surmontées, et cette étincelle particulière qui distingue les bons joueurs des grands champions. Le monde du football suit désormais avec attention ce jeune Ivoirien au destin prometteur. Et Yopougon, dans les rues où tout a commencé, peut être fier de son enfant prodigue.
Salaire et valeur marchande à cet instant : La cote de Christ Inao Oulaï a considérablement augmenté depuis son arrivée au Trabzonspor, illustrant sa progression remarquable dans le championnat turc. Le jeune talent ivoirien est désormais estimé à 8 millions d’euros sur le marché des transferts. Son salaire annuel actuel est de 500 000 euros (325 000 000 FCFA).
Les Éléphants : le rêve national
Novembre 2025. Emerse Faé, sélectionneur de la Côte d’Ivoire, ne peut plus ignorer l’éclosion de ce jeune talent devenu l’une des attractions de la Süper Lig turque. Pour la première fois, Christ Ravynel Inao Oulaï est convoqué en équipe nationale pour deux matches amicaux contre l’Arabie saoudite et Oman.
Pour le gamin de Yopougon qui jonglait pieds nus dans les rues d’Abidjan, c’est l’aboutissement d’un rêve. Porter le maillot orange des Éléphants, représenter son pays, marcher dans les pas de ses idoles : tout ce pour quoi il s’est battu depuis l’enfance prend soudain sens. À 19 ans seulement, Christ rejoint la dynastie des grands milieux ivoiriens qui ont marqué l’histoire du football africain.
Cette première sélection n’est qu’un début. Avec son profil atypique, son audace naturelle et sa progression fulgurante, Christ incarne une nouvelle génération de footballeurs ivoiriens. Formé à l’africaine mais aguerri à l’européenne, technique mais combatif, jeune mais déjà expérimenté : il possède tous les ingrédients pour devenir un pilier des Éléphants dans les années à venir.
Historique des transferts de Christ Ravynel Inao Oulaï
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Date de transfert |
Venant de…, allant à… |
Coût de transfert |
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20 aout 2025 |
De SC Bastia à Trabzonspor |
5,5 millions d’euros |
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6 juillet 2024 |
De JMG Abidjan à SC Bastia |
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Évolution du salaire de Christ Ravynel Inao Oulaï
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Saison |
Club |
Salaire annuel |
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2025/26 |
Trabzonspor |
500 000 euros (325 000 000 FCFA) |
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2024/25 |
SC Bastia |
70 000 euros (45 500 000 FCFA) |
Réseaux sociaux de Christ Ravynel Inao Oulaï en chiffres
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348 followers |
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122 k followers |




