L’Algérie a été tenue en échec par le Burundi (2-2), mardi après-midi à Bujumbura, lors de la deuxième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2027. Menés de deux buts après seulement douze minutes de jeu, les Verts ont réussi à revenir dans la rencontre grâce à Mohamed Bachir Belloumi et Adil Boulbina, arrachant ainsi un point après une entame particulièrement difficile.
Si ce résultat permet à l’Algérie de préserver l’essentiel dans la course à la qualification, la prestation des joueurs algériens a été marquée par des rendements individuels contrastés. Pour analyser les performances des internationaux algériens, Africafoot a sollicité l’expertise d’Azzedine Aït Djoudi, ancien sélectionneur de l’équipe nationale olympique algérienne et entraîneur de plusieurs clubs des championnats algérien et marocain.
Après avoir suivi la rencontre face au Burundi, Aït Djoudi a livré à Africafoot son Top 3 des joueurs algériens les plus performants ainsi que son Flop 3. L’ancien technicien a notamment expliqué les raisons qui l’ont conduit à retenir certains joueurs pour leur influence dans le retour des Verts, tandis qu’il a relevé les insuffisances de plusieurs autres éléments.
Le Top 3 d’Azzedine Aït Djoudi
#1 Mohamed Bachir Belloumi – la principale satisfaction
Pour Azzedine Aït Djoudi, Mohamed Bachir Belloumi a été le joueur algérien le plus marquant de la rencontre.
L’ancien sélectionneur olympique considère que l’attaquant a été « le moteur offensif principal » de la réaction algérienne après le début de match très compliqué. Belloumi a réduit l’écart à la 30e minute, permettant aux Verts de reprendre confiance et de relancer leurs espoirs dans cette rencontre.
Selon Aït Djoudi, Belloumi a particulièrement séduit par sa mobilité et sa capacité à alterner entre le couloir droit et les zones intérieures. L’ancien technicien analyse :
Il a montré une grande liberté dans ses déplacements entre l’aile et l’axe.
Aït Djoudi estime également que sa vitesse et sa qualité technique lui ont permis de poser de nombreux problèmes au bloc défensif burundais. Le joueur, poursuit-il, a régulièrement cherché à provoquer son adversaire et à créer des décalages dans le dernier tiers.
Pour l’ancien entraîneur, Belloumi a également été l’un des joueurs algériens les plus actifs dans les dribbles et les passes clés. Il souligne :
Il a constamment maintenu la défense du Burundi sous pression et a été capable de créer des solutions dans les zones offensives.
#2 Adil Boulbina – le sauveur des Verts
Azzedine Aït Djoudi place Adil Boulbina en deuxième position de son Top 3. Le technicien algérien retient avant tout le but de l’égalisation inscrit par l’attaquant à la 63e minute, une réalisation qui a permis aux Verts de revenir à 2-2 et de préserver leur première place dans le groupe.
Pour Aït Djoudi, Boulbina a démontré un « sens du but très développé » et une grande intelligence dans son positionnement offensif. Malgré le retard au score et les conditions difficiles de la rencontre, l’attaquant a su faire preuve de sang-froid dans la surface.
L’ancien sélectionneur olympique insiste également sur ses déplacements dans les espaces laissés par la défense burundaise. Selon lui, Boulbina a régulièrement cherché à attaquer la profondeur grâce à ses accélérations et a représenté une menace pour l’arrière-garde adverse. Aït Djoudi, qui considère son but comme un élément déterminant dans le retour de l’Algérie, déclare :
Il a su répondre présent dans un moment où l’équipe avait besoin d’un joueur capable de faire la différence.
#3 Achref Abada – le métronome et l’homme de l’équilibre
Achref Abada complète le Top 3 établi par Azzedine Aït Djoudi. Pour l’ancien entraîneur, le milieu de terrain a joué un rôle important dans le rééquilibrage du jeu algérien après une entame de match très difficile.
Aït Djoudi décrit Abada comme « le véritable métronome du milieu de terrain », mettant notamment en avant sa capacité à calmer le jeu et à participer à la reconstruction du collectif algérien.
Selon son analyse, le joueur s’est distingué par la précision de ses passes, notamment dans le jeu long et les transmissions permettant de casser les lignes. Il a également, selon Aït Djoudi, contribué à orienter le jeu vers les couloirs et à donner davantage de fluidité aux offensives algériennes.
L’ancien sélectionneur olympique souligne aussi son intelligence dans la sortie de balle sous pression ainsi que son activité dans la récupération des deuxièmes ballons et l’interruption des transitions adverses. Aït Djoudi, qui considère sa prestation comme l’une des principales satisfactions algériennes de la rencontre, fait savoir :
Abada a apporté de la sérénité et de l’équilibre au milieu de terrain.
Le Flop 3 d’Azzedine Aït Djoudi
#1 Farès Chaïbi – une entame particulièrement difficile
Farès Chaïbi figure en première position du Flop 3 établi par Azzedine Aït Djoudi. L’ancien sélectionneur olympique pointe notamment sa responsabilité sur le premier but encaissé par l’Algérie dès la 5e minute, après une passe en retrait mal ajustée vers son gardien.
Pour Aït Djoudi, cette erreur a constitué « un début de match particulièrement difficile » pour le joueur et a placé les Verts dans une situation compliquée sur les plans mental et tactique.
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Le technicien estime également que Chaïbi n’a pas suffisamment réussi à retrouver son niveau au fil de la rencontre. Il relève notamment des hésitations dans ses prises de décision, plusieurs pertes de balle ainsi qu’une contribution défensive jugée insuffisante face aux transitions rapides du Burundi. Aït Djoudi, qui considère son rendement comme inférieur aux attentes, analyse :
Chaïbi a eu beaucoup de difficultés à retrouver suffisamment de sérénité après son erreur.
#2 Melvin Mastil – des difficultés dans la coordination défensive
Melvin Mastil est le deuxième joueur retenu par Azzedine Aït Djoudi dans son Flop 3. L’ancien technicien estime que le gardien algérien a manqué de coordination avec sa défense durant une première période au cours de laquelle les Verts ont encaissé deux buts dans les douze premières minutes.
Aït Djoudi relève notamment des hésitations dans les sorties aériennes et dans la gestion de certaines situations dans la surface de réparation.
Selon lui, le manque de communication entre le gardien et les défenseurs a également contribué aux difficultés rencontrées par l’arrière-garde algérienne. L’ancien sélectionneur olympique explique :
La communication entre le gardien et sa défense est essentielle dans ce type de rencontre, et j’ai trouvé que la coordination n’était pas toujours suffisante.
Aït Djoudi estime ainsi que Mastil n’a pas offert, selon lui, toutes les garanties attendues dans cette rencontre.
#3 Monsef Bakrar – une influence offensive limitée
Enfin, Azzedine Aït Djoudi retient Monsef Bakrar dans son Flop 3. Entré en cours de rencontre, l’attaquant n’a, selon l’analyse du technicien, pas suffisamment pesé sur le jeu offensif algérien.
Aït Djoudi estime que Bakrar a été trop isolé et n’a pas suffisamment participé au pressing ni constitué une véritable solution pour ses partenaires dans les phases de construction et de transition offensive. L’ancien entraîneur analyse :
Il a très peu touché le ballon et n’a pas réussi à avoir l’influence attendue d’un joueur offensif entré pour apporter davantage de danger.
Selon Aït Djoudi, son entrée n’a donc pas permis aux Verts de bénéficier d’un impact offensif supplémentaire dans la dernière partie de la rencontre.
Une réaction qui permet à l’Algérie de préserver l’essentiel
L’analyse d’Azzedine Aït Djoudi met ainsi en évidence deux visages de l’Algérie à Bujumbura.
Selon l’ancien sélectionneur olympique, Mohamed Bachir Belloumi, Adil Boulbina et Achref Abada ont été les principales satisfactions individuelles de la rencontre. Belloumi a relancé les Verts, Boulbina a permis à l’Algérie d’égaliser tandis qu’Abada a, selon lui, contribué au rééquilibrage du milieu de terrain.
À l’inverse, Aït Djoudi estime que Farès Chaïbi, Melvin Mastil et Monsef Bakrar ont affiché un rendement inférieur aux attentes.
L’Algérie peut toutefois retenir sa capacité à réagir après avoir été menée 2-0 dès les premières minutes. Les réalisations de Belloumi et Boulbina ont permis aux Verts de revenir dans la rencontre et de repartir de Bujumbura avec un point.
Pour Aït Djoudi, cette réaction constitue un élément positif, mais le technicien estime que la sélection algérienne devra tirer les enseignements de son entame de match et corriger certaines insuffisances défensives et individuelles lors de ses prochaines sorties.
Avec quatre points après deux journées, l’Algérie reste ainsi en tête de son groupe. Cette rencontre aura surtout permis, selon l’analyse d’Azzedine Aït Djoudi, de faire ressortir plusieurs tendances individuelles, entre des joueurs qui ont porté la réaction des Verts et d’autres qui devront rapidement retrouver davantage d’influence.




