Lors d’un entretien exclusif accordé à Africafoot, le président de la Renaissance Sportive de Berkane, Hakim Ben Abdellah, est revenu en détail sur deux dossiers particulièrement sensibles ayant marqué l’actualité récente du club : le départ de l’international sénégalais Mamadou Lamine Camara vers la Libye et le contentieux opposant la formation berkanaise à son compatriote Paul Valère Bassène devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Au-delà de leur dimension sportive, ces deux affaires ont surtout pris une tournure financière et juridique, obligeant la direction de la RS Berkane à défendre ses intérêts sur plusieurs fronts.
Camara, une opération qui a connu plusieurs rebondissements
Le départ de Mamadou Lamine Camara vers la Libye a été loin d’être une simple opération de transfert, comme nous l’avions expliqué en exclusivité il y a quelques mois. Dans son échange avec Africafoot, Hakim Ben Abdellah a apporté plusieurs précisions inédites sur l’historique du dossier et sur les conditions financières finalement retenues.
Le président Berkani révèle notamment que le milieu de terrain sénégalais avait, à une période antérieure, suscité l’intérêt de Stoke City. Une opération qui n’avait toutefois pas pu aboutir, notamment en raison d’une blessure contractée par le joueur alors qu’il était encore jeune.
Mamadou Lamine Camara : les dessous juridiques d’un transfert avorté vers Al Ahli Tripoli
Cette situation avait conduit la Renaissance Sportive de Berkane à prolonger le contrat de son joueur et à revoir à la hausse les garanties financières liées à son éventuel départ. La clause libératoire avait ainsi été fixée à 2,4 millions d’euros, assortie de 25 %, selon les précisions apportées par le dirigeant.
Un accord finalement trouvé avec le club libyen
Le dossier allait cependant connaître un nouveau rebondissement lorsque Camara a entrepris de faire jouer cette clause afin de quitter le club marocain.
Pour Ben Abdellah, le problème ne résidait pas uniquement dans le principe du départ, mais dans le respect des procédures et des conditions prévues contractuellement. Le président de la RS Berkane explique ainsi que certaines exigences légales n’avaient pas été respectées, ce qui avait initialement conduit à la suspension de l’opération.
Un transfert estimé à près de 3,16 millions d’euros
La situation a finalement été débloquée après de nouvelles discussions avec la partie libyenne. Selon les explications du président Berkani, un accord a été trouvé avec le club libyen sur la base d’un montant supplémentaire de 500 000 euros, auquel se sont ajoutés différents montants et éléments financiers liés à l’opération.
Au total, la valeur globale du transfert atteint ainsi, selon Hakim Ben Abdellah, près de 3,16 millions d’euros. Une opération particulièrement importante pour la RS Berkane, qui avait vu son milieu sénégalais s’imposer comme l’un des éléments majeurs de son effectif avant son départ vers la Libye. Le transfert avait par ailleurs été marqué par plusieurs péripéties administratives et juridiques avant de finalement aboutir, comme annoncé en exclusivité par Africafoot.
Bassène, un dossier désormais entre les mains du TAS
L’autre dossier évoqué par Hakim Ben Abdellah est d’une tout autre nature. Le président de la RS Berkane a également accepté de revenir sur le contentieux concernant Paul Valère Bassène, autre joueur sénégalais passé par les rangs du club, un dossier également suivi par Africafoot.
Sur ce dossier, le dirigeant assure que la procédure est toujours en cours devant le Tribunal arbitral du sport et qu’aucune décision n’a, à ce jour, été rendue. La direction de la Renaissance Sportive de Berkane a confié la défense de ses intérêts à un avocat suisse, chargé de suivre le dossier devant l’instance arbitrale internationale.
Hakim Ben Abdellah préfère toutefois rester extrêmement prudent sur cette affaire. Le président berkani refuse notamment de dévoiler les éléments précis de la procédure ou de commenter le fond du litige, afin de ne pas fournir d’éléments qui pourraient être utilisés contre la position du club devant le TAS.
Cette prudence illustre l’importance accordée par la direction de la RS Berkane à ce dossier, dont l’issue pourrait avoir des conséquences importantes pour les différentes parties concernées.
Deux dossiers, une même volonté : protéger les intérêts de Berkane
À travers ces deux affaires, Hakim Ben Abdellah affiche surtout une ligne directrice claire : la RS Berkane entend défendre jusqu’au bout ses intérêts contractuels et financiers.
Le dossier Camara s’est finalement conclu par un accord permettant au joueur de poursuivre sa carrière en Libye, après plusieurs semaines de tensions et de négociations. Le contentieux Bassène, lui, reste ouvert et devra encore attendre l’arbitrage du TAS.
Deux affaires très différentes, donc, mais qui illustrent toutes deux la complexité croissante de la gestion des contrats, des clauses libératoires et des litiges internationaux dans le football africain.
À travers cet entretien exclusif accordé à Africafoot, Hakim Ben Abdellah a ainsi accepté de lever une partie du voile sur deux dossiers qui ont particulièrement animé les coulisses de la Renaissance Sportive de Berkane ces derniers mois, tout en maintenant une réserve totale sur les éléments encore soumis à la justice sportive.




