Nommé par l’Espérance de Tunis au mois de février dernier pour succéder à Maher Kanzari, l’entraîneur français Patrice Beaumelle (47 ans) va diriger son quatrième match dimanche, à l’occasion du quart de finale aller de la Ligue des Champions CAF face aux égyptiens d’Al Ahly. L’ancien sélectionneur de l’Angola, qui s’est engagé pour un an et demi, a accepté d’évoquer les contours du projet sportif du club de la capitale de la Tunisie lors d’une interview exclusive accordée à Africafoot.
Après le Mouloudia Club d’Alger, vous voici à la tête de l’Espérance Tunis, votre second club en Afrique du Nord. Quelle sont vos premières impressions après un mois sur le banc de l’Espérance ?
J’avais effectivement déjà eu l’occasion d’entraîner un grand club en Algérie, très populaire, avec beaucoup de passion et de pression. L’Espérance est, comme chacun le sait, un des meilleurs clubs africains, très bien structuré, très professionnel, et qui dispose de moyens importants.
Il a gagné de nombreux titres, nationaux et continentaux, a participé à la Coupe du Monde des clubs. J’ai pour l’instant dirigé trois matchs de championnat (deux victoires, un nul). Je n’ai pas encore tout le recul nécessaire, mais j’ai vu que ce championnat est difficile, avec des matchs âpres, disputés.
Votre équipe est en tête du championnat, quart de finaliste de la Ligue des Champions et toujours en lice en Coupe de Tunisie. Quels sont les objectifs qui ont été fixés ?
Ici, les objectifs sont ceux d’un grand club : gagner des matchs et gagner des titres. Nous sommes en tête du championnat, nous voulons le gagner, comme nous voulons gagner les compétitions dans lesquelles nous sommes engagés. Mais il faut aussi gagner avec la manière, en produisant du jeu, car les supporters sont exigeants.
Vous projetez-vous sur la saison prochaine ? Car de nombreux joueurs, dont des cadres, seront en fin de contrat le 30 juin prochain…
Bien sûr. Cela a commencé avant mon arrivée. Yazid Mansouri, le directeur sportif (ancien international algérien, ndlr), travaille sur ce dossier. Il y a déjà des contacts qui ont été établis avec les joueurs concernés. Il est exact que plusieurs cadres de l’équipe, tels Yassine Meriah, Hamza Jelassi, Mohamed Ben Hamida ou Youcef Belaïli seront en fin de contrat dans trois mois et demi.
Il y a des réunions avec le board du club, le président, le vice-président, le directeur sportif et moi-même, et il y en aura d’autres. Personnellement, ma philosophie a toujours été la même : je suis partisan d’une certaine continuité, d’une stabilité. Je ne suis partisan des grands chamboulements d’effectif lors des mercatos.
Avez-vous identifié les différents besoins de votre effectif en vue de la saison prochaine ?
Non, j’ai encore besoin d’un peu de recul. Je ne suis là que depuis trois semaines. Bien sûr, entre les matchs et les entraînements, je connais mieux l’effectif. Mais il y a des joueurs qui sont blessés ou reviennent de blessures. J’ai encore besoin d’un peu de temps. Je discute de cela avec Yazid Mansouri, avec le président Hamdi Meddeb. Car il y a le cas des joueurs en fin de contrat, et ceux qui nous rejoindront.
En parlant des ceux qui sont en fin de contrat, il y a l’Algérien Youcef Belaïli, que vous aviez dirigé an MC Alger…
Oui. Youcef est un joueur à part. Il a cette capacité à vous faire gagner un match. Il a beaucoup de talent, et depuis mon départ d’Alger et mon arrivée à Tunis, j’ai continué à le suivre, tout en maintenant un lien avec lui.
Parcours de Youcef Belaïli, coûts des transferts, rémunération et plus
C’est un joueur que j’ai envie d’avoir dans mon effectif. C’est un peu le facteur X. Actuellement, il est blessé, il se soigne pour revenir. On verra avec lui et ses représentants pour la saison prochaine, mais j’aimerais effectivement le conserver.
Top 10 des joueurs algériens en fin de contrat le 30 juin 2026
On le dit difficile à gérer. Avez-vous des difficultés à le manager ?
Pas du tout. C’est un joueur imprévisible, sur et en dehors du terrain. Quand j’étais au Mouloudia, avec lui et son entourage, nous avions convenu qu’il fallait lui laisser une certaine liberté, mais une liberté cadrée. C’est, à mon avis, comme cela qu’on peut peut tirer le meilleur de lui. C’est un joueur qui aime les grandes ambiances, pour qui jouer devant 100 000 personnes est tout sauf un problème. Il adore ça, que l’ambiance lui soit favorable ou hostile.
Quelle sont les pistes explorées pour renforcer l’équipe ?
On regarde bien sûr le marché tunisien, car il y a de très bons joueurs. L’Espérance est un club qui attire, car il est prestigieux, ambitieux et très bien structuré. On regarde aussi les binationaux. Nous en avons déjà certains dans l’effectif (Mohamed Dräger, Elyas Bouzaiene, Elies Araar Fernandez, Mohamed Mouhli, Mohamed Derbali). Et bien sûr des joueurs africains ou autres. Nous avons la capacité de proposer un projet sportif de haut niveau, d’excellentes conditions de travail et de bons salaires.




