Quart de finaliste de la Coupe de la CAF face à l’USM Alger (15 et 22 mars), toujours engagé en Coupe de la RD Congo et concerné par la conquête du titre national, l’US Maniema Union connaît une vraie dynamique sportive. L’ancien international Papy Kimoto, son entraîneur depuis 2022, explique pour Africafoot la politique de recrutement du club situé à Kindu.
Les résultats de Maniema ces dernières années ont-ils des conséquences sur votre politique de recrutement ?
Oui, car certains de nos joueurs sont sollicités, comme lors du dernier mercato estival. Huit sont partis, dont quatre titulaires. Comme Maniema obtient de bons résultats, en RD Congo mais également en Afrique, puisque nous avions participé à la phase de groupes de la Ligue des champions.
L’intérêt de certains clubs plus huppés et plus riches pour nos joueurs montre que nous travaillons bien. Cela se traduit par des transferts qui rapportent des centaines de milliers d’euros. Et cela permet à Maniema de pouvoir recruter et d’attirer de bons joueurs, congolais et étrangers.
Comment recrutez-vous les joueurs congolais ? Travaillez-vous avec une cellule recrutement dédiée à cette mission ?
Non, je m’en occupe personnellement, avec l’aide des membres de mon staff technique. Nous avons l’avantage de très bien connaître le championnat congolais. Nous affrontons des équipes en championnat, en Coupe et en matches amicaux.
Au cours de la saison, j’analyse les besoins de mon équipe, et les matchs que nous disputons me permettent aussi d’observer nos adversaires et d’identifier des joueurs qui correspondent à nos besoins. Et j’ai également des observateurs dans différentes régions du Congo qui me donnent des renseignements sur d’autres profils.
Et pour les joueurs évoluant à l’étranger ?
Je regarde moi-même des matchs et j’ai également des personnes qui me donnent des informations. Nous avons actuellement des joueurs de plusieurs nationalités dans l’effectif : du Nigeria, du Congo-Brazzaville, du Burkina Faso, de Guinée…
Est-il facile de les attirer ?
Oui. Ils savent que Maniema a des ambitions sportives élevées : on joue pour le titre, pour gagner la coupe nationale et nos résultats sur la scène continentale sont positifs. De plus, Maniema est un club stable, bien structuré et qui respecte ses engagements. Les salaires sont versés dans les temps, les primes également.
Quelle est la moyenne des salaires à Maniema ?
Autour de 2 200 euros par mois, ce qui est un très bon salaire en RDC, auquel il faut ajouter les primes et les avantages. La stabilité du club et son sérieux au niveau financier sont des arguments quand nous souhaitons recruter des joueurs, qu’ils soient Congolais ou étrangers.
Le principe de recrutement est-il justement le même en fonction de la nationalité des joueurs ciblés ?
Non. Quand nous nous intéressons à des joueurs congolais, nous ciblons des profils jeunes, de 19, 20, 21 ou 22 ans. Des joueurs qui ont des qualités mais également une intéressante marge de progression. L’idée, c’est qu’ils passent deux ou trois ans chez nous, qu’ils s’aguerrissent, notamment lors des matchs de Ligue des Champions et de Coupe de la CAF, avant d’être transférés.
Quant aux étrangers, notre démarche est différente : nous recrutons des joueurs qui ont déjà un vécu, qui ont de l’expérience et qui vont nous apporter ce bagage.
Est-il facile de rivaliser avec le TP Mazembe, l’AS Vita Club, Saint-Eloi Lupopo ou Motema Pembe, des clubs qui ont acquis une renommée internationale depuis plusieurs années et qui bénéficient de moyens plus importants ?
Disons que l’écart a tendance à se réduire. Mazembe ou Vita Club peuvent effectivement s’appuyer sur des moyens financiers importants. Le premier est situé à Lubumbashi, le second à Kinshasa, les deux plus grandes villes du pays. Mais outre nos résultats et la bonne réputation que nous avons en matière de gestion financière, nous faisons en sorte de professionnaliser le club petit à petit. Nous avons recruté un analyste vidéo, nous avons étoffé le staff médical notamment.
Vous serez en fin de contrat à l’issue de la saison. Vous faites vous-même l’objet de diverses sollicitations. Serez-vous encore l’entraîneur de Maniema en 2026/27 ?
J’ai déjà été approché par plusieurs clubs la saison dernière, mais je voulais rester, par loyauté et parce qu’il y a un projet sportif intéressant. J’ai effectivement des sollicitations, mais nous avons prévu de nous voir avec les dirigeants prochainement pour en discuter.




