Le Sénégal va disputer dimanche à Rabat, face au Maroc, la finale de la CAN 2025, une compétition qu’il a remportée en 2022 au Cameroun. Finaliste de l’édition 2002, Ferdinand Coly envisage une rencontre ouverte entre deux équipes qui présentent, selon lui, de nombreux points communs. Dans une interview question-réponse accordée à Africafoot, l’ancien arrière droit des Lions de la Teranga donne son avis.
Le Maroc et le Sénégal ont attendu la finale de la CAN 2025 pour s’affronter enfin en phase finale de la compétition. Beaucoup d’observateurs, qu’ils soient marocains, sénégalais ou tout simplement neutres, ont du mal à dégager un favori. Est-ce aussi votre cas ?
Oui, c’est très difficile, car ces deux sélections sont très proches l’une de l’autre. Ce sont les deux meilleures sélections africaines, et leur présence en finale est logique. Le vainqueur aura mérité son titre. Comme je suis Sénégalais, je mise bien sûr sur une victoire des Lions de la Teranga. Mais vous savez que le Maroc et le Sénégal entretiennent des relations très fortes. Les Marocains sont chez eux, ils ont un public qui va les pousser, et une très belle équipe également.
Sénégal – Maroc : les compos probables avant le choc
Iriez-vous jusqu’à dire que ces deux sélections ont des similitudes ?
En effet. Elles ont chacune un superbe effectif, avec des joueurs de niveau international, qui évoluent ou ont évolué dans les meilleurs championnats du monde. C’est un mélange d’expérience et de jeunesse. Tactiquement et techniquement, elles sont très bonnes et ce sont deux équipes qui aiment avoir le ballon. C’est pour cela que je m’attends davantage à une finale assez ouverte, avec des buts. Mais il y a également un autre aspect où Marocains et Sénégalais se ressemblent ?
Lequel ?
Sur cette CAN, en tout cas, elles m’ont donné l’impression, au moins jusqu’aux quarts de finale, d’avoir gagné sans vraiment forcer. Elles semblent en avoir gardé sous le pied, jusqu’à monter en puissance au fil de la compétition. On l’a vu avec le Maroc lors du quart de finale contre le Cameroun (2-0), puis en demi-finale face au Nigeria (0-0, 4-2 aux t.a.b.). Plus on avance dans la compétition, plus les équipes se sont montrées à leur avantage.
Sénégal – Maroc : heure, chaîne et où regarder le match
La fatigue pourrait-elle constituer un handicap pour les deux finalistes ?
J’en doute. Les joueurs fatiguent moins quand ils gagnent. Les staffs des deux sélections sont compétents, ils vont savoir gérer la fatigue et les moments de récupération. Et les joueurs sont de vrais professionnels. C’est plus au niveau mental que cela pourrait se jouer. Le Maroc a une pression énorme, il joue à domicile, et il faudra voir comment, en fonction du déroulé du match, ses joueurs vont réagir.
L’ambiance de Rabat pourrait-elle perturber les Sénégalais ?
Je ne pense pas. Ce sont des joueurs qui ont l’habitude des matches à gros enjeux, en club ou en sélection, dans des ambiances parfois hostiles. Ils ont l’expérience pour gérer cela.
La défense sénégalaise n’a cédé que deux fois depuis le début de la CAN, face à la RD Congo (1-1) et au Soudan (3-1)…
Et je pense que les Marocains, qui ont de très bons éléments offensifs, vont challenger notre défense. Elle aura sans doute plus de travail que face à l’Égypte. Et il faudra aussi que le Sénégal se montre plus tueur offensivement. Face au Mali (1-0), les Lions ont vite marqué, mais malgré plusieurs occasions, ils n’ont pas réussi à se mettre à l’abri, et le Mali, en étant plus réaliste, aurait pu égaliser.
Sadio Mané a annoncé qu’il disputait sa dernière CAN. Quelle est votre réaction ?
On a vu l’importance de ce joueur de très haut niveau, notamment contre l’Égypte. On a l’impression que c’est lui qui donne le tempo d’un match. Il est intelligent, toujours capable de faire le geste décisif. Il a estimé que c’était sa dernière CAN. C’est son choix, il faut le respecter, même si Sadio Mané manquera au Sénégal. Il veut remporter une deuxième CAN avant de disputer la Coupe du monde. Il ne veut pas faire l’année de trop. Il est encore avec la sélection pour quelques mois, profitons-en…




