La phase de groupes de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc, a constitué un véritable test pour les étoiles sur lesquelles les supporters africains avaient placé de grands espoirs.
Ce rendez-vous continental n’a pas seulement servi de scène pour révéler de nouveaux talents, mais aussi comme un miroir impitoyable montrant l’écart entre la réputation des joueurs et leur rendement réel sur le terrain.
Malgré l’intensité du tournoi et le niveau élevé de la compétition, certains cadres attendus n’ont pas été à la hauteur et sont apparus loin de leur valeur technique habituelle.
Dans ce contexte, l’ancien joueur du Wydad Casablanca et analyste technique de médias sportifs marocains, Mohammed Sahil a livré une lecture précise des raisons du recul de performance de plusieurs noms marquants lors de cette première phase, mettant en avant les dimensions psychologiques, tactiques et physiques.
#1 Soufiane Rahimi… la pression de jouer à domicile
Selon Mohammed Sahil, le cas de Soufiane Rahimi illustre clairement l’impact de la pression du public sur le joueur. Il explique :
Cette CAN devait être le tournoi de la confirmation pour Rahimi, surtout en jouant à domicile. Mais la pression du public, ajoutée au penalty manqué dès le début, a pesé lourdement sur lui.
Sahil souligne également que l’usage tactique de Rahimi n’a pas été idéal, puisqu’il a été aligné comme avant-centre alors qu’il est naturellement un ailier de percussion, ce qui a réduit sa dangerosité offensive.
À cela s’ajoute la comparaison permanente avec Ayoub El Kaabi, qui a accentué la pression psychologique et l’a empêché de jouer libéré.
#2 El Bilal Touré… d’atout offensif à fardeau
Pour ce qui est d’El Bilal Touré, attaquant du Mali, Sahil le considère comme l’une des plus grandes déceptions offensives du tournoi jusqu’ici. Il déclare :
Il était censé être un point fort de l’attaque malienne, mais il s’est parfois transformé en fardeau. Les signes d’un manque de préparation étaient visibles.
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Il précise que Touré a souffert d’une condition physique insuffisante, apparaissant lourd dans ses déplacements et incapable de suivre le rythme de la compétition.
Il évoque également un manque d’automatismes avec le milieu de terrain, ce qui l’a souvent laissé isolé dans la surface, sans oublier le penalty raté, symbole d’un déficit de confiance dans les moments décisifs.
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#3 Akor Adams… une présence sans influence
Concernant l’attaquant nigérian Akor Adams, Sahil parle d’une déception « silencieuse » :
Ce n’est pas une chute spectaculaire, mais plutôt une absence d’impact. L’équipe a bien fonctionné collectivement, mais la contribution individuelle d’Adams a été quasiment inexistante.
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Selon lui, le style de jeu du Nigeria, très orienté vers les ailes, a limité le nombre de ballons exploitables pour Adams dans l’axe. Il ajoute que ses déplacements sans ballon ont manqué d’efficacité et qu’il n’a pas su créer des espaces pour lui-même, tandis que son manque d’expérience continentale s’est fait sentir face à des défenses africaines dures et physiques.
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#4 Hazem Mastouri… un talent qui n’a pas répondu présent
À propos du Tunisien Hazem Mastouri, Sahil estime que l’écart entre attentes et réalité a été très important. Il explique :
Les attentes ont explosé après ses performances en matchs amicaux, notamment contre le Brésil. Mais la compétition réelle exige une présence sous pression, et dans ces moments-là, Mastouri a disparu.
Sahil observe que Mastouri a souffert d’un mauvais positionnement répété, d’un manque de lucidité dans le dernier geste et d’une incapacité à s’intégrer dans le rythme offensif de l’équipe tunisienne. Il n’a pas su exploiter les demi-occasions obtenues, ce qui lui a valu de nombreuses critiques avant les phases à élimination directe.
#5 Bruno Ecuele Manga… un brassard sans poids
Quant au capitaine gabonais Bruno Ecuele Manga, Sahil le classe parmi les plus grandes déceptions à la fois sur le plan défensif et sur le plan du leadership :
Le problème n’était pas uniquement défensif, mais aussi lié au leadership. Il devait être le garant de la stabilité, mais il n’a pas affiché la personnalité attendue d’un capitaine.
D’après Sahil, sa lenteur dans les déplacements, son mauvais placement défensif et son manque d’impact émotionnel sur ses coéquipiers ont contribué aux défaites gabonaises. Il n’a pas su organiser la ligne arrière ni galvaniser son équipe dans les moments difficiles.
Conclusion… le nom ne suffit pas.
Pour conclure son analyse, Mohammed Sahil insiste sur la leçon principale de cette phase de groupes :
La notoriété ne suffit pas. Dans les grandes compétitions, ce qui fait la différence, c’est la préparation mentale, tactique et physique avant tout.
Sous la pression du public, à cause d’un mauvais usage tactique ou d’une perte de confiance, plusieurs stars annoncées se sont retrouvées en marge du jeu. Reste désormais une question ouverte : Ces joueurs pourront-ils réagir lors des matchs à élimination directe, ou confirmeront ils l’image de déception laissée au premier tour ?




