La Ligue 1 sénégalaise a officiellement fait son entrée dans la base de données de Transfermarkt à l’aube de la saison 2025/26. Une étape importante pour la visibilité du championnat local. Ce vendredi, la plateforme spécialisée a procédé à une première mise à jour des valeurs marchandes des joueurs sénégalais.
En tête du classement figure le meilleur buteur du championnat, Abdourahmane Mbodj, sociétaire de Génération Foot. À seulement 17 ans, il est valorisé à 300 000 euros et attire déjà les convoitises de plusieurs grands clubs européens.
Il est suivi par l’attaquant Boubacar Coly du Casa Sports et par Mouhamed Diop de l’AJEL de Rufisque, tous deux estimés à 250 000 euros.
Ass Mamoune Diop : « Nos joueurs sont sous-évalués »
Ancien international sénégalais et fin observateur du marché africain, Ass Mamoune Diop décrypte cette mise à jour. Au micro d’Africafoot, il a expliqué :
Ce classement confirme une chose : le Sénégal continue de produire du talent, mais il ne valorise pas encore pleinement son produit.
Pour lui, la tendance est claire : la jeunesse est devenue le principal actif du marché :
Aujourd’hui, le marché ne paie plus seulement la performance, il paie le potentiel. À 17 ou 21 ans, ces joueurs représentent un investissement. Les clubs européens anticipent leur progression.
Selon l’ancien Lion, la Ligue 1 sénégalaise s’impose progressivement comme un championnat de transition, un véritable tremplin vers l’Europe.
Malgré cette avancée, Ass Mamoune Diop estime que les montants restent en deçà du potentiel réel :
Quand on compare avec le Maroc, la Tunisie ou même certains clubs sud-africains, nos joueurs sont sous-évalués. Le talent est là, parfois supérieur, mais la vitrine est moins forte.
Il identifie trois freins majeurs :
- le manque de visibilité internationale,
- l’absence de performances régulières en compétitions CAF,
- la faiblesse du pouvoir de négociation des clubs.
Pour franchir un cap économique, l’expert insiste :
Il faut structurer le marché local. Des contrats solides, une meilleure communication, une stratégie marketing autour des jeunes talents. Le football moderne, c’est aussi du business.
Ass Mamoune Diop souligne qu’un joueur conservé une saison supplémentaire, avec des performances constantes, peut voir sa valeur doubler.
Malgré ces limites, l’optimisme reste de mise :
Les recruteurs sont présents au Sénégal. La réputation de notre formation est intacte. Si un joueur performe régulièrement, sa valeur peut exploser très vite.
Cette première mise à jour confirme une tendance forte :
- la Ligue 1 sénégalaise est un vivier crédible,
- les jeunes profils dominent la hiérarchie des valeurs,
- le potentiel économique du championnat demeure largement exploitable.
L’expert conclut :
Le défi aujourd’hui n’est plus de former. Le défi est de vendre mieux et au bon moment.




