Le Français Sébastien Migné (53 ans) a été nommé sélectionneur du Gabon pour les trois prochaines années, après avoir patienté plus d’un mois avant de signer son contrat. Le technicien a accordé une interview à Africafoot pour expliquer les contours de son projet avec les Panthères.
Sébastien Migné est de retour en Afrique. Après avoir entraîné le Congo, le Kenya, la Guinée équatoriale, été adjoint en RD Congo et au Cameroun et effectué une pige en 2021 à Marumo Gallants (Afrique du Sud), le Vendéen, qui était en charge de la sélection d’Haïti, qu’il avait qualifiée pour la Coupe du monde, jusqu’au 13 juillet dernier, est officiellement le nouveau sélectionneur du Gabon.
Quelques heures après avoir résilié votre contrat avec Haïti, vous avez trouvé un accord avec le Gabon, qui a mis plusieurs semaines à se concrétiser avec la signature de votre contrat, le 20 août. Comment ce changement de banc s’est-il opéré ?
J’étais sous contrat avec Haïti jusqu’à la fin de l’année 2026. J’avais envie de relever un nouveau défi, et j’avais eu quelques contacts, notamment avec le Gabon. J’étais très intéressé, mais il fallait d’abord que je trouve un accord avec la fédération haïtienne. Au départ, elle n’était pas très encline à me laisser partir, mais finalement, tout est allé très vite. Nous avons résilié mon contrat, et j’ai trouvé un accord avec le Gabon, qui m’avait approché via un agent. Je me suis rendu à Libreville le 23 juillet pour finaliser quelques détails, et j’ai donc signé pour quatre ans.
Revenir en Afrique était-il une priorité pour vous ?
Pas forcément. Mais j’ai un lien très fort avec ce continent passionné de football, où j’ai vécu de très belles expériences, comme la CAN 2019 en Egypte avec le Kenya ou la Coupe du monde 2022 au Qatar avec le Cameroun. La proposition du Gabon m’a intéressé d’emblée. J’ai eu un échange avec Pierre-Alain Mounguengui, le président de la fédération. Mon profil a été validé par le Ministre des Sports (Paul Kessany, l’ancien capitaine de la sélection nationale, ndlr).
Que saviez-vous des Panthères avant votre signature ?
C’est une équipe que je connais bien, et qui a un potentiel très intéressant. Ella a failli se qualifier pour la Coupe du monde et a disputé la CAN au Maroc, où elle a hélas été battue à trois reprises. Le Gabon fait partie des bonnes sélections africaines. Nous partons sur un contrat de quatre ans, ce qui est intéressant, car je vais pouvoir travailler sur la durée. Il y a deux CAN, en 2027 et en 2028, et la Coupe du monde en 2030. Le premier objectif sera de se qualifier pour cette CAN. On va prendre les échéances les unes après les autres.
Vous évoquez la CAN 2027. Les qualifications vont débuter en septembre prochain. Votre nouvelle équipe n’a pas hérité d’un groupe insurmontable (Maroc, Niger, Lesotho)…
Il y a un gros morceau, c’est le Maroc, que je connais bien pour l’avoir affronté en Coupe du monde avec Haïti (défaite 2-4). C’est la meilleure sélection africaine du moment, et donc le favori du groupe. Mais comme il y a deux qualifiés par groupe, nous avons des chances réelles. Je vais me pencher sur le Niger, que nous recevrons lors de la 2e journée en octobre après un déplacement au Maroc. Je sais que c’est une formation accrocheuse. Le Lesotho a fait des progrès intéressants ces dernières années. Il faudra donc bien étudier nos adversaires et ne pas croire que ce sera facile.
Le Gabon, après la CAN, a disputé les FIFA Series en Ouzbékistan, mais n’a pas joué au mois de juin. Allez-vous conclure un match amical lors de la prochaine fenêtre FIFA de septembre-octobre ?
Nous allons voir si cela est possible, puisque nous n’avons pas encore les dates définitives des matchs au Maroc et contre le Niger à Franceville. J’ai déjà visionné les derniers matchs du Gabon. Je vais également entrer en contact avec les joueurs.
Parmi eux, plusieurs, dont Pierre-Emerick Aubameyang, n’ont pas rejoué en sélection depuis la CAN…
Oui, et je vais prendre contact avec lui très vite, ainsi qu’avec d’autres cadres de la sélection. Pierre-Emerick Aubameyang vient de signer en Espagne, au Deportivo La Corogne, ce qui signifie qu’il est encore très compétitif. Je vais lui exposer mon projet de jeu et le cadre que je vais définir pour la sélection. J’ai envie d’échanger avec lui comme avec d’autres pour savoir s’ils ont envie de faire partie du projet, ce qui n’est pas une garantie absolue d’y participer.
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Le Gabon s’appuie presque exclusivement sur des joueurs évoluant à l’étranger. Que savez-vous du championnat local, qui fournissait dans le passé de nombreux internationaux ?
Le championnat gabonais a connu des périodes sans activités ces dernières années, mais il fonctionne de nouveau, et il va reprendre en septembre ou en octobre. Il y a de bons footballeurs au Gabon. Et c’est notamment pour en trouver certains qui pourraient intégrer la sélection que je vais m’installer à Libreville, afin de travailler plus globalement sur le football local.
J’irai aussi régulièrement à l’étranger, notamment en Europe, car beaucoup d’internationaux y évoluent. Et il faudra trouver de nouveaux joueurs, dont des binationaux. Le Gabon, contrairement à d’autres pays, ne dispose pas d’un énorme réservoir de joueurs.




