À quelques jours d’un quart de finale au parfum d’histoire entre le Maroc et le Cameroun, Roger Milla, monument du football africain, a ravivé une mémoire que le public marocain connaît trop bien. Dans un entretien exclusif accordé à Africafoot, l’ancienne gloire des Lions Indomptables a exprimé sa satisfaction quant au parcours de la sélection camerounaise et son espoir de voir son pays revivre le scénario victorieux de 1988… déjà au Maroc.
Le rendez-vous entre les Lions de l’Atlas et les Lions Indomptables s’annonce comme l’un des sommets de cette Coupe d’Afrique des nations 2025. Au-delà de l’enjeu sportif, l’affiche convoque une lourde charge symbolique, tant les deux nations partagent une rivalité ancienne, nourrie par des confrontations décisives et des souvenirs encore brûlants.
En 1988, sur le sol marocain, le Cameroun avait écrit l’une des pages les plus marquantes de son histoire. Après avoir éliminé le Maroc en demi-finale sur le score étriqué de 1-0, les hommes de Valeri Nepomniachi avaient dominé le Nigeria en finale pour décrocher un sacre continental resté gravé dans la mémoire collective. Trente-sept ans plus tard, Roger Milla rêve d’un éternel recommencement. L’ancien attaquant, aujourd’hui figure tutélaire du football africain, confie :
Le Maroc est une grande équipe, organisée, portée par son public et par l’élan d’un pays hôte. Nous le savons. Mais le Cameroun possède une force mentale et une volonté capables de renverser n’importe quelle situation.
Conscient de la difficulté de la mission, Milla insiste sur l’importance de la maîtrise émotionnelle. Face à une sélection marocaine réputée pour son intensité, sa discipline tactique et sa capacité à confisquer le ballon, les Camerounais devront faire preuve de sang-froid et d’intelligence collective. Il analyse :
Le Maroc cherchera à nous empêcher d’imposer notre jeu. Il faudra rester calmes, patients, et frapper au bon moment.
Ce quart de finale revêt également une dimension réparatrice pour les Lions Indomptables. Écarté de la course à la Coupe du monde 2026, le Cameroun voit en cette CAN une occasion de redonner le sourire à tout un peuple. Milla affirme avec gravité :
Nous voulions être au Mondial, cela n’a pas fonctionné. Cette Coupe d’Afrique devient donc notre priorité absolue. Aller au bout et soulever le trophée à Rabat le 18 janvier serait une immense compensation.
Interrogé sur un éventuel pronostic, le Ballon d’Or africain 1976 se montre prudent, conscient de l’imprévisibilité d’un tel choc. Il déclare sans manquer d’esquisser un scénario qui ne manquera pas de faire frémir les supporters marocains :
Un match Cameroun–Maroc ne se prédit pas facilement. Ce sont deux grandes nations, capables du meilleur comme du pire. Mais je reste optimiste. Pourquoi ne pas répéter notre victoire contre l’Afrique du Sud et s’imposer 2-0 vendredi ?
Dans un stade acquis à la cause des Lions de l’Atlas, face à un Cameroun habité par son histoire et son orgueil, ce quart de finale promet bien plus qu’un simple billet pour le dernier carré. Il s’annonce comme un affrontement de mémoires, de caractères et de destins, où chaque détail pourrait faire basculer la rencontre. Et où, peut-être, Roger Milla espère voir le passé éclairer de nouveau le présent.




