La fédération ghanéenne a limogé le sélectionneur Otto Addo après les deux défaites enregistrées au mois de mars en Autriche (1-5) et en Allemagne (1-2). À un peu plus de deux mois de la Coupe du monde, le temps presse pour lui trouver un remplaçant.
Les quarante-huit sélections qualifiées pour la Coupe du monde (11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique) sont connues, et toutes savent par qui elles seront dirigées. Toutes, sauf une, puisque le Ghana a pris le risque de se séparer d’Otto Addo (50 ans), après les deux défaites subies en matches amicaux en Autriche (1-5) et en Allemagne (1-2), les 27 et 30 mars derniers à Vienne et Stuttgart.
L’ancien milieu de terrain d’Hambourg et des Black Stars (15 sélections), revenu aux affaires en mars 2024, après un premier passage en 2022, a donc payé au prix fort ces deux échecs, pas forcément rassurants avant la phase finale du Mondial où le Ghana affrontera l’Angleterre, la Croatie et le Panama, son premier adversaire en phase finale, le 18 juin. La priorité absolue de la fédération ouest-africaine est de nommer rapidement son successeur.
Un étranger plutôt qu’un local ?
Des noms n’ont pas tardé à circuler. Des locaux – Laryea Kingston (45 ans), Desmond Ofei (38 ans), Charles Akonnor (52 ans) et Kwesi Appiah (65 ans) – même si ce dernier, actuellement en poste au Soudan, a nié être candidat. Mais le choix de l’instance devrait se porter sur un technicien étranger. Juste après le départ d’Addo, l’hypothèse Walid Regragui (50 ans), qui a quitté le banc de la sélection marocaine, a été avancée. Mais le Franco-Marocain, épuisé après les trois ans et demi passés avec les Lions de l’Atlas, ne serait pas plus intéressé que cela par le challenge ghanéen.
Il fut aussi question du Français Hervé Renard (57 ans), qu’une partie de la presse saoudienne, elle-même relayée par des médias français, avait annoncé un peu trop vite comme futur chômeur. Malgré les deux défaites en amicaux avec l’Arabie saoudite à Djeddah contre l’Egypte (0-4) et la Serbie à Backa Topola (2-1), le Savoyard, ancien sélectionneur adjoint du Ghana (2007-2008), a été confirmé dans ses fonctions, et il faudra attendre sans doute la fin de la Coupe du monde pour acter son départ de Riyadh, où Regragui pourrait le remplacer.
La fédération prête à faire un effort financier
Il est également question du Belge Marc Brys (63 ans), l’ancien sélectionneur du Cameroun (2024-décembre 2025), et de son compatriote Tom Saintfiet (53 ans), lié au Mali jusqu’au mois d’août prochain, mais où il n’a pas touché son salaire depuis plusieurs mois. Il est également question de l’Allemand Winfried Schäfer (76 ans), qui n’a cependant plus travaillé depuis 2021. Enfin, selon nos informations, des contacts ont également été noués avec le Croate Slaven Bilić (57 ans). Il est également question d’un intérêt pour l’Allemand Joachim Löw (66 ans), mais qui n’a plus entraîné depuis juillet 2021 et la fin de sa collaboration avec la fédération de son pays.
Le top 10 des sélectionneurs les mieux payés en Afrique
Mais si la fédération ghanéenne espère attirer un technicien expérimenté et jouissant d’une bonne réputation, elle sait aussi qu’il lui faudra proposer le salaire qui va avec ce type de profil. Addo touchait 43 200 euros par mois, hors primes, et son licenciement, alors qu’il était sous contrat jusqu’en mars 2027, va coûter 430 000 euros à l’instance. Elle pourrait donc faire un effort financier conséquent, surtout si elle devait décider de nommer un sélectionneur pour un contrat courant jusqu’à la fin de la Coupe du monde. Mais elle envisage aussi de proposer un bail plus long, dans la perspective des deux phases finales de Coupe d’Afrique des Nations prévues en théorie en 2027 et 2028.
Un match au Mexique le 22 mai
Contacté par Africafoot pour donner son avis, le Français Nicolas Dupuis, l’ancien sélectionneur de Madagascar et actuel coach du Soudan du Sud, se veut prudent. Il déclare :
Le Ghana semble vouloir s’offrir un nom, mais cela coûte cher, à moins que ce ne soit que pour un contrat de quatre mois, auquel cas il pourra proposer un très bon salaire. Personnellement, un profil comme celui de Tom Saintfiet, qui connaît le job de sélectionneur en Afrique, pourrait être intéressant. Ou de l’Italien Stefano Cusin (57 ans, ex Comores). Des techniciens qui n’ont certes pas des noms aussi prestigieux que Löw ou Renard, mais qui savent travailler sur la durée et qui ont eu des résultats.
La fédération ghanéenne, qui poursuit ses prospections, devrait faire connaître son choix rapidement. Le nouveau sélectionneur devra établir la liste des vingt-six joueurs retenus pour le Mondial et préparer les matches amicaux. Pour l’instant, le Ghana a conclu une rencontre au Mexique le 22 mai et une autre au pays de Galles le 2 juin. Un dernier test est normalement prévu autour du 10 juin, face à un adversaire qui n’est pas encore connu.




