Ils sont incontournables dans le monde du football. Tout comme les joueurs, les clubs ou encore les dirigeants d’équipes, les agents de joueurs occupent une place importante dans la sphère footballistique mondiale.
Durant ce mois d’avril, dans notre série d’articles #ParoleAuxAgents, la rédaction d’Africafoot va vous présenter des agents qui nous parleront de leur expérience dans le domaine.
Dans ce nouveau numéro, le très expérimenté agent ivoirien, Valère Saint-Clair, sociétaire de la structure SEG Football, raconte son parcours.
Sa passion pour la finance, les grands joueurs qu’il a eu sous son aile, ses conseils aux jeunes talents… découvrez tout dans cet interview exclusive qu’il a accordée à Africafoot.
Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a conduit à devenir agent de joueurs ?
Je suis Valère Gourizro, plus connu sous le nom de Valère Saint-Clair. Titulaire d’un BA Honours en Banking & Finance, ancien cadre de banque (Nationwide Bank, Barclays, HSBC Bank) à Londres. Consultant financier pour la HSBC Bank, j’ai eu la chance de conseiller des joueurs comme John Terry, Jermain Defoe, Ledley King…
Lorsque Didier Drogba signe à Chelsea, je crée le fan club Didier Drogba pour soutenir un Ivoirien qui venait de battre le record d’Alan Shearer, star du pays. Le soutien à Drogba et ma passion pour le business réveillent mon intérêt pour la finance. Je passe donc ma licence d’intermédiaire sportif en 2009. Je réalise ensuite le transfert de Franck Nouble de Chelsea à West Ham, ainsi que celui de Kolo Touré à Manchester City.
Comment accompagnez-vous vos joueurs dans leur carrière, aussi bien sur le plan sportif que personnel ?
Mon job de consultant financier m’aide beaucoup à accompagner mes joueurs, ainsi que mes relations à un certain niveau. L’agence SEG, la structure qui m’emploie (Top 3 mondial), m’apporte également un soutien précieux. Mes joueurs sont les premiers responsables de leur carrière. J’apporte mon expérience, mes connaissances et mes connexions pour les aider dans leurs décisions.
Quelles qualités cherchez-vous chez un joueur avant de le représenter ?
Le talent footballistique, la personnalité, l’éducation des parents et une grande écoute sont essentiels. Il n’est pas facile de passer de la précarité à l’abondance.
Y a-t-il un transfert ou une signature dont vous êtes particulièrement fier ?
La signature de Kolo Touré à Manchester City, celle d’Aruna Dindane à Portsmouth, de Gohi Bi Cyriac à Fulham, d’Harold Preciado (le Colombien) en Chine, de Christ Tiéhi à Wigan… Toutes mes signatures sont des moments de joie. Cédric Don à l’Hapoël, Abraham à ETO Gyor, Évina à Charlton…
Quels ont été les défis les plus marquants que vous avez rencontrés en début de carrière ?
J’ai eu la chance de connaître des décideurs dans le football grâce à ma passion. Relever le défi d’un Africain entrant dans un milieu où nous étions rares était un challenge. Ensuite, mon réseau en banque m’a permis de contourner certains obstacles.
Une anecdote particulière?
Quand je devais signer Kolo, il était déjà sous contrat avec l’une des plus grandes agences du monde. Moi, petit agent à l’époque, je lui ai dit que je pouvais lui obtenir un contrat à Manchester City. Il ne croyait pas, il ne me faisait pas confiance et il a demandé que je jure sur le coran pour lui. Étant Chrétien, il fallait que je pose la main sur le coran (rires).
On devait partir en avion puisque City devait affréter un avion pour nous. Il nous avait dit qu’il avait une peut bleue donc on a conduit 4h du temps de Londres à Manchester. Voilà une anecdote dont je voulais parler. »
#ParoleAuxAgents – Yannick Happi évoque son quotidien en tant qu’agent de joueurs
Comment se déroule une négociation entre un club et un agent ?
Mon rôle est simple : je suis au milieu, je trouve un accord qui arrange les deux parties, sans oublier celle que je représente. Si le club et le joueur sont heureux, l’agent sourit également.
Travaillez-vous en priorité avec certains championnats ou clubs ? Pourquoi ?
Je travaille partout, car ma compagnie est l’une des trois meilleures au monde et compte parmi ses clients des figures comme Pep Guardiola, Erik ten Hag, Robin van Persie, Rasmus Højlund, Cody Gakpo… Les meilleurs du game (milieu, en langage populaire ivoirien, ndlr).
Comment analysez-vous l’évolution du marché des joueurs africains en Europe ?
L’Afrique est l’avenir du football, tous les grands techniciens du football le savent. Tous les clubs cherchent à avoir des partenaires en Afrique. Le marché africain est très prometteur.
Pensez-vous que les jeunes talents africains sont suffisamment bien encadrés avant d’arriver en Europe ?
Certains joueurs africains percent en Europe, mais pas tous. Pour réussir, il faut être deux à trois fois plus fort que les joueurs locaux.
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes joueurs ivoiriens qui rêvent de signer dans un club européen ?
Il faut être très fort physiquement, techniquement et mentalement, tout en ayant un peu de chance. Celui qui vous donnera votre chance doit être disposé à le faire.
N’hésitez pas à découvrir le contenu de notre série #ParoleAuxAgents, notamment l’article sur Bassirou Sakho, agent sénégalais, qui évoque les difficultés de son métier.