Vainqueur à cinq reprises de la Coupe d’Afrique des nations et quart de finaliste de la Coupe du monde en 1990 en Italie, le Cameroun espère retrouver son lustre d’antan, avec des académiciens qui émergent depuis un certain temps, à l’image de VOGE Football Academy. Créée le 14 novembre 2022 à Douala, elle se concentre sur la conciliation entre le football et l’éducation pour favoriser un avenir meilleur pour ses étudiants.
VOGE Football Academy vise à dénicher des talents et à former des athlètes en leur enseignant des valeurs telles que le travail, la discipline et la détermination. Elle compte d’ailleurs s’imposer comme une vitrine dans le paysage du football camerounais et africain, en formant les meilleurs talents. Son président Jules Berlin Ndjeuga s’investit pleinement pour réussir ce pari.
Dans cet entretien exclusif à Africafoot, dans le cadre de la série d’articles #EspoirsAfrique, Jules Ndjeuga confie :
C’est avec mon salaire que je réussis à faire face aux charges de fonctionnement de l’académie : équipements, location stade, entretien éclairage stade (les entraînements se déroulent de 18h à 20h30), soins des joueurs, déplacement pour match, loyers pour dortoir, salaires du staff technique. Quant à la formation, elle a démarré depuis le 14 novembre 2022 avec la catégorie des U18. Cette année, nous avons lancé les U14 et U15. Ces derniers s’entraînent en journée 3 fois par semaine. Les U18 s’entraînent de lundi à vendredi en soirée (18h-20h30).
Les absences de subventions de la FECAFOOT
Le président Jules Berlin Ndjeuga a rencontré des difficultés au début de ce projet et continue d’ailleurs d’en faire face. Mais il ne compte pas baisser les bras. Tel un « Lion Indomptable », il compte franchir tous ses obstacles pour tenter de redorer le blason du football camerounais, qui a déjà eu à produire de nombreuses légendes du football africain, à l’instar de Samuel Eto’o Fils, ancien star du FC Barcelone et l’actuel président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT). Mais également Roger Milla, Rigobert Song, Joseph Kamga, Thomas N’Kono, Geremi Njitap ou encore Patrick Mboma. Tout en restant déterminé à aller jusqu’au bout de son rêve, il énumère :
Les difficultés que nous rencontrons généralement sont : la qualité des terrains d’entraînement et même de match ; la disponibilité et régularité des enfants ; la qualité des godasses des enfants. Il y a aussi des difficultés nutritionnelles relatives à la récupération des enfants, l’hostilité des parents, l’absence de compétitions bien organisées, l’absence de subventions de la fédération…
Le président Jules Berlin Ndjeuga fait aussi savoir :
Nous nous inscrivons dans la durée et participons activement à la détection et à la formation de talents qui contribueront à écrire plusieurs pages de l’histoire du football camerounais. Notre objectif est de nouer à terme un partenariat avec une équipe européenne, avoir ses propres infrastructures, mettre sur pied véritablement le concept sport et étude (apprentissage métier) pour insertion dans la vie active si échec côté football. Nous avons deux anciens pensionnaires qui évoluent actuellement en Europe, notamment avec la réserve de Cadiz en Espagne et un autre dans une équipe de 4ème division italienne. Nous avons aussi quatre joueurs passés en équipes nationales jeunes du Cameroun.
Une discipline stricte et recherche de l’excellence
Présent à l’académie depuis quelques années, Nikoé Nathan, 16 ans, qui évolue au poste de milieu défensif, a déjà des rêves plein la tête depuis son arrivée au sein de VOGE Football Academy. Mais le jeune joueur devrait prendre son mal en patience et continuer de bosser dur jusqu’à sa majorité, pour espérer décrocher son premier contrat professionnel en Europe. Comme Nikoé Nathan, ils sont une centaine de gamins à nourrir le même rêve. Nikoé Nathan, qui espère bientôt franchir un nouveau cap dans sa carrière de jeune footballeur, témoigne :
Notre formation est basée sur une discipline stricte, la rigueur dans le travail et la recherche de l’excellence. Mais nous avons quelques problèmes avec les infrastructures, genre les stades pour les entraînements et matchs, la récupération qui pourrait être meilleure. Mais les acquis, c’est qu’on a un très bon coach, engagé dans le travail et très dur avec nous. J’ose croire que cela nous fait progresser, nous assimilons aussi super bien les tactiques du coach. Et c’est cool, de jouer dans un club où le staff et le président font vraiment le maximum pour nous donner les moyens de faire de bons matchs et de nous permettre de réaliser nos rêves d’être footballeur professionnel.
Hervé Ngono, un « Lionceau » prêt à rugir comme Eto’o
Considéré comme l’un des héritiers de Samuel Eto’o Fils, le jeune avant-centre Hervé Junior Ngono, 19 ans, désormais ex-pensionnaire de VOGE Football Academy, s’est engagé l’été dernier en faveur de Cadiz CF, club de deuxième division espagnole. Le joueur a inscrit 9 buts en 6 matchs de Ligue Départementale du Littoral cette saison, avant de rejoindre le Royaume Ibérique. Il évolue dans un premier temps avec l’équipe réserve Cadix, en suivant les traces de ses illustres prédécesseurs, tels que Karl Etta Eyong, Aristide Njalla, Berrenger Toussaint. Il indique :
J’ai très bien vécu ma formation, tant sur le plan footballistique qu’éducatif. Le président (Jules Ndjeuga) mettait tout en œuvre pour que nous puissions avoir une bonne progression et le coach aussi, m’a fait progresser de par sa manière d’entraîner et de parler. J’ai vraiment progressé en tant que joueur et en tant que personne durant mon passage à VOGE Football Academy de Douala. Y’a vraiment pas eu de complications, car tout ce qu’on faisait pour moi, était pour me voir grandir dans le football et ça m’a beaucoup aidé.
Le jeune Hervé Junior Ngono, auteur de 5 buts en 21 matchs joués cette saison avec Cadiz II en Tercera Federación (D5 espagnole), se réjouit :
La différence entre la formation en Afrique et en Europe est que les Européens sont plus structurés. Il y a plus d’exigence, aucun détail n’est négligé et il y a de meilleures infrastructures (des bons terrains, des bons ballons, des bons équipements, Ndlr). Les coachs ont suivi de bonnes formations. En somme, le cadre est idéal pour la progression. Il y a des championnats bien organisés pour toutes les catégories, ce qui permet aux jeunes de compétir et d’évaluer leur niveau. Mon adaptation à la vie ici n’a pas été facile car j’étais dépaysé, loin de ma famille, de mes amis et tout le reste. Nouvelle langue, nouvelle culture… Avec le temps, j’ai su m’intégrer en apprenant la langue au fur et à mesure et de là ça a commencé à être moins difficile. À présent, je me sens de mieux en mieux. Je retrouve mon niveau peu à peu et ça me fait plaisir. Je ne suis qu’au début, mais je progresse bien, c’est le plus important.
Dans notre série d’articles #EspoirsAfrique, vous pouvez également lire : CSK, le réveil d’un géant de la fabrique de talents.




