Les Guépards du Bénin ouvrent leur campagne qualificative pour la CAN 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda face aux Étalons du Burkina Faso, tête de série du groupe F, également composé de la Mauritanie et de la République centrafricaine. Au micro d’Africafoot, Roger Janvier Enama, entraîneur, président de centre de formation et consultant sportif, dresse un diagnostic sans détour.
Burkina Faso – Bénin : heure, chaîne et où regarder le match
Pour lui, le dernier match amical entre les deux pays ne doit pas dicter le scénario, le vivier européen des Burkinabè pèse sur le papier, mais le Bénin a désormais le niveau pour regarder n’importe quelle nation africaine dans les yeux. À condition, insiste-t-il, de sortir d’un bloc trop défensif, d’organiser le pressing et de viser les trois points dès la première journée.
Un précédent à oublier et une nouvelle dynamique à confirmer
Roger Janvier Enama entame son analyse en écartant le piège de la mémoire récente. Le dernier amical entre les deux voisins s’était conclu par une défaite béninoise. Ce n’est pas, selon lui, un précédent à figer :
Il faudrait d’abord comprendre une chose : les matchs suivent, mais ne se ressemblent pas. Voilà, c’est d’abord ça que vous devez savoir.
Le consultant inscrit le rendez-vous de Ouagadougou dans une autre logique. Enama qualifie d’emblée la rencontre de « très déterminante » pour la sélection béninoise. Pas seulement parce qu’elle ouvre le groupe. Parce qu’elle doit confirmer une mutation déjà visible sur le continent :
Les Guépards ont déjà démontré par le passé sur le continent qu’ils n’ont plus peur de qui que ce soit. Aujourd’hui, nous sommes dans un nouvel élan. Les Guépards peuvent rivaliser avec toutes les équipes africaines sans avoir peur d’elles.
Le consultant rappelle les récentes confrontations avec les grandes nations comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire et d’autres nations, pour dire que le Bénin n’est plus une équipe qui subit par principe. La différence, désormais, « est tout simplement dans les schémas tactiques, dans la détermination, l’envie de gagner le match ».
Burkina Faso – Bénin : Gernot Rohr compte sur Junior Olaitan
Il insiste sur une génération « très forte » et cite nommément Junior Olaitan de Besiktas, figure d’un effectif capable, selon lui, de voir les autres sélections les yeux dans les yeux :
Nous n’envions aucune sélection et nous n’avons peur d’aucune sélection.
Le Burkina Faso garde un avantage sur le papier
L’autre critère avancé par Enama est la densité des effectifs et le niveau des championnats. Côté Burkina Faso, la liste d’Amir Abdou confirme une ossature très largement européenne : Hervé Koffi, Edmond Tapsoba, Nasser Djiga, Issa Kaboré, Dango Ouattara, Lassina Traoré et plusieurs autres évoluent dans des championnats d’Europe de l’Ouest, du Nord ou de l’Est. Enama donne son estimation :
90 %, voire 95 % des joueurs de cette liste jouent en Europe.
Chez les Guépards du Bénin, le constat est plus mixte. Une part importante de l’effectif évolue aussi en Europe, Junior Olaitan (Beşiktaş) en est le symbole le plus cité, mais le consultant chiffre à « 60 % » la part européenne, contre « 40 % dans d’autres championnats » :
Déjà, la valeur des championnats où les joueurs évoluent, on comprend que le quota de ratio ici, ce sont les Étalons du Burkina Faso qui ont un ratio un peu plus élevé que ceux des Guépards.
Mousso Ouédraogo « Morino » décrypte la sélection des Étalons avant d’affronter le Bénin
Le discours n’est pas défaitiste. Il pose un rapport de forces sur le papier. La décision, selon lui, se jouera ailleurs. Dans le schéma, l’envie et la capacité à empêcher les Étalons de contrôler le tempo.
Enama demande aux Guépards de sortir du bloc défensif
Enama ne demande pas un match fermé pour « limiter la casse » à Ouagadougou. Il plaide pour un football offensif, organisé, cyclé dans l’intensité.
Son principe : ne plus jouer trop défensivement. Laisser les joueurs jouer. Prendre le risque d’aller chercher l’adversaire haut. Il propose même un rythme de mi-temps. Celui de presser fort pendant une vingtaine de minutes, reculer en bloc bas une quinzaine de minutes, finir plus fort sur les dix dernières minutes. L’idée n’est pas un pressing anarchique. Elle est de « couper le match en deux », d’étouffer la relance burkinabè, de refuser la possession facile aux Étalons.
Concrètement, Roger Janvier Enama demande aux Guépards d’empêcher les Étalons de garder le ballon et de contrôler le match, de casser les lignes, de cadrer le porteur de la balle, d’organiser le pressing et le contre-pressing en continu, de respecter les transitions offensives et défensives :
Il est important que le sélectionneur essaie de libérer les joueurs. Laisser les joueurs jouer. Ne plus essayer de jouer défensivement. Si on libère ses enfants, on leur demande de jouer, de prendre le risque d’aller chercher l’adversaire très haut, de le presser.
Les trois points comme seule ambition face aux Étalons
Sur le premier match d’une campagne, Enama écarte les calculs :
Le seul calcul probable, c’est de prendre les trois premiers points. C’est très important de les prendre, de jouer à fond et de pousser l’adversaire aux retranchements.
Burkina Faso – Bénin : les compos probables avant le choc
Le consultant replace le derby ouest-africain dans la durée. Selon sa mémoire des confrontations, les deux sélections se sont affrontées 19 fois : 10 victoires pour le Burkina Faso, 5 pour le Bénin, 4 nuls :
Vous comprenez que la marge est presque au milieu. Le Bénin a le devoir aujourd’hui de pouvoir arracher une sixième victoire.
Le chiffre compte moins, dans son propos.
Le message à Gernot Rohr
Enama salue l’expérience du sélectionneur franco-allemand, « quelqu’un qui a assez d’expérience, qui sait ce qu’il veut ». Il ne remet pas en cause l’autorité du staff. Il formule un conseil de match :
Si j’ai juste un petit conseil à lui donner, c’est d’essayer de jouer un football offensif, bien organiser le principe de contre-pressing, essayer de cadrer le porteur de la balle, empêcher l’adversaire d’avoir l’angle de frappe, de progresser dans le dos de sa défense.
Le consultant rappelle aussi que les joueurs des deux pays sont aujourd’hui encadrés par des staffs professionnels. Il conclut :
Laissons les listes de joueurs, laissons les noms.
Le niveau individuel n’est plus l’excuse. Le match de vendredi soir sera tactique et mental.
Très bientôt, le Bénin disputera son match de la 1ère journée des qualifications de la CAN 2027 face au Burkina Faso. La société de paris 1xbet (vous pouvez télécharger 1xbet ici) propose les cotes suivantes pour ce match – le Bénin gagne à 6,50, un match nul est évalué à 3,60, et le Burkina Faso gagne à 1,47.




