Anthony da Silva, le nouveau sélectionneur franco-portugais du Mali, a parfaitement réussi ses débuts sur le banc des Aigles du Mali. Après les deux victoires face au Cap-Vert (3-1) et au Liberia (1-0) en qualifications pour la CAN, ainsi qu’un nul au Maroc (1-1) en amical, le technicien est revenu sur ces trois performances plus qu’encourageantes.
Votre nomination en juin dernier avait surpris les Maliens, notamment parce que vous n’aviez auparavant jamais entraîné de sélection nationale. Ces trois résultats ont visiblement convaincu les observateurs…
Il était tout à fait normal qu’il y ait eu des interrogations lors de ma nomination. Je ne suis pas très connu (j’ai entraîné des clubs en Roumanie et au Portugal) et j’avais été l’adjoint d’Antonio Conceiçao au Cameroun (2019 à 2022). Évidemment, pour moi, c’est très positif de débuter ainsi. Notre premier bilan est positif et encourageant. Avant ces trois matchs, nous avions beaucoup travaillé avec le staff technique pour préparer les deux matchs face au Cap-Vert et au Liberia.
Battre le Cap-Vert (3-1) est-il la performance la plus significative de cette trêve internationale ?
Ce résultat a marqué les esprits, car le Cap-Vert a participé à la Coupe du monde, où il a accroché l’Espagne (0-0) et l’Argentine (2-3). C’est une équipe de qualité, que je connais bien, car beaucoup de ses joueurs évoluent au Portugal et je vis au Portugal. On a fait un match très sérieux, très bien maîtrisé, et notre victoire est, à mon avis, totalement méritée. Mais je ne vais pas vous dire que c’est la performance la plus significative, car les trois matchs étaient différents, dans des contextes particuliers.
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Cela signifie-t-il que le succès au Liberia est presque plus remarquable ?
C’était un déplacement difficile. Le Liberia est toujours difficile à battre chez lui. On a joué sur un terrain synthétique compliqué pour les deux sélections, face à un adversaire motivé et qui a su nous poser des problèmes. Gagner au Liberia est une très bonne performance, qui a aussi montré que l’équipe est forte mentalement.
Et le match nul au Maroc ?
On devait jouer en Tunisie, mais le match a été annulé, et nous avons affronté le Maroc chez lui. Faire match nul sur le terrain de la meilleure sélection africaine est évidemment très intéressant. En fait, ces trois résultats sont une excellente base de travail pour la suite. Avec de bons résultats, on gagne aussi en confiance.
Et avec six points, vous vous rapprochez d’une qualification pour la CAN…
C’est l’objectif. On ne pouvait pas espérer meilleur départ dans ces éliminatoires. Mais rien n’est encore gagné. Au mois de novembre, nous affronterons deux fois le Rwanda, qui, lui aussi, a débuté par deux victoires et qui est un adversaire de qualité. Dans un mois, nous aurons la possibilité de nous rapprocher de la qualification pour la CAN. Nous voulons y participer, ainsi qu’à celle de 2028, et nous qualifier pour la Coupe du monde 2030, une compétition à laquelle le Mali n’a jamais participé. Cela doit aussi être un objectif.
Quelles ont été vos principales décisions lors de votre prise de fonction ?
Lors de mes premiers contacts avec les joueurs, j’ai compris qu’ils avaient été déçus par l’élimination en qualifications pour la Coupe du monde 2026. J’ai mis en place des règles basées sur la discipline, la rigueur, l’état d’esprit, la compétitivité et le patriotisme. Aucune place n’est garantie pour personne. Je veux une saine concurrence, je veux des joueurs qui se battent pour leur équipe, pour leur pays. J’ai également expliqué aux joueurs mes principes de jeu.
Vous aimez notamment que votre équipe ait la possession…
Oui. C’est un peu l’école portugaise. J’aime le football offensif, mais je sais aussi que la possession sur l’ensemble d’un match n’est pas toujours possible. C’est pour cela que j’insiste beaucoup sur la réactivité à la perte du ballon. Je suis aussi un entraîneur qui insiste beaucoup sur la maîtrise des temps faibles et sur le pressing, qui doit être régulier. Il faut attaquer ensemble et défendre ensemble. Je vous l’ai dit, j’aime le football offensif, mais il faut aussi une grande rigueur collective. Je souhaite que l’équipe soit généreuse, combative, disciplinée et qu’elle propose un jeu offensif. Ces trois matchs réussis, face à des adversaires présentant des caractéristiques différentes, nous ont déjà appris pas mal de choses.
Certains joueurs, dont Ange Tia (Reims), auteur de deux buts face au Cap-Vert et au Liberia, ont marqué des points lors de ce rassemblement…
Oui, c’est un jeune joueur très intéressant. J’ai apprécié son attitude et ses performances. On a dans cette équipe des jeunes très prometteurs et des éléments plus expérimentés, et cela a très bien fonctionné lors de ce stage. La sélection est ouverte, nous suivons notamment des binationaux qui pourraient prochainement rejoindre le groupe. J’ai signé un contrat de trois ans, avec un an en option en cas de qualification pour la Coupe du monde. Comme n’importe quel entraîneur, j’aime travailler sur la durée pour mettre en place mes idées. Et pour les joueurs, c’est également quelque chose d’important.




