Créé en 2003, le Diambars Football Club est un club de football sénégalais basé à l’Institut Diambars, à Saly, sur la Petite-Côte. Le projet est lancé en 2000 par Saër Seck, Jean Marc « Jimmy » Adjovi-Boco, Bernard Lama et Patrick Vieira. L’objectif est de créer une structure de formation qui associe football et éducation, avec l’idée de faire du sport un moyen d’insertion et de réussite scolaire.
Dans cet entretien exclusif accordé à Africafoot, dans le cadre de notre série d’articles #EspoirsAfrique, Chérif Sadio, directeur du développement et des partenariats de l’Institut Diambars et de Diambars Football Club, est revenu sur l’historique, les objectifs et les ambitions de cette structure qui a formé plusieurs internationaux sénégalais.
#1 L’initiative de la création de Diambars
Dans le souci de permettre au Sénégal d’avoir d’excellentes structures sportives et académiques, après un parcours exceptionnel à la Coupe d’Afrique des Nations et à la Coupe du monde 2022, que Saër Seck, en collaboration avec Jimmy Adjovi-Boco, Bernard Lama et Patrick Vieira, a ouvert officiellement les portes de Diambars Football Club. Chérif Sadio a révélé :
Le projet Diambars est né d’une réflexion portée par plusieurs personnalités du football, notamment notre légendaire Président Saër Dieye Seck, Jimmy Adjovi-Boco, Bernard Lama et Patrick Vieira (actuel sélectionneur des Lions du Sénégal, Ndlr).
Leur volonté était de proposer un modèle différent : utiliser la passion du football comme un vrai moteur d’éducation, de formation et d’insertion sociale. À l’origine, l’Institut Diambars n’a pas été conçu uniquement comme un centre destiné à fabriquer des footballeurs professionnels. L’ambition demeure de former des jeunes capables de construire leur avenir, qu’ils réussissent ou non à faire carrière dans le football.
C’est autour de cette philosophie que l’Institut a été créé au début des années 2000, en 2003 plus précisément. Le principe fondateur est resté le même : faire du football une école de la vie. À Diambars, la réussite sportive ne doit jamais se construire au détriment de l’éducation, c’est notre philosophie. Le jeune est d’abord considéré dans sa globalité, avec sa personnalité, son parcours scolaire, ses qualités humaines et son potentiel sportif.
#2 Le mode de recrutement et de formation
Chaque année, le Diambars FC organise des tests de détection à travers le Sénégal. Si l’académie n’était ouverte qu’au Sénégal à ses débuts, elle recrute maintenant des joueurs d’autres pays africains, comme la Côte d’Ivoire, le Mali, la Gambie. Chérif Sadio a expliqué :
Notre recrutement repose principalement sur l’observation, la détection et l’organisation de tests permettant d’identifier des jeunes présentant un potentiel réel. Nous ne regardons pas seulement les qualités techniques ou physiques. Nous accordons également beaucoup d’importance à l’intelligence de jeu, à la capacité d’apprentissage, à l’état d’esprit, à la discipline et au comportement.
Le Sénégal, ou l’Afrique de l’Ouest en particulier, possède un réservoir de talents exceptionnel. Notre responsabilité consiste à élargir autant que possible notre champ d’observation afin de ne pas limiter le recrutement aux zones traditionnellement les plus sensibles. Nous voulons pouvoir repérer des jeunes issus de toutes les régions et de tous les milieux sociaux.
Une fois admis à l’Institut, le jeune bénéficie d’un accompagnement à la fois sportif, scolaire, médical, éducatif et social. S’il était déscolarisé, nous le réintégrons dans le circuit scolaire, car notre politique de formation est progressive et adaptée à chaque âge. Elle comprend le travail technique, tactique, athlétique et mental, mais également l’apprentissage de la vie collective, de la rigueur, du respect et de l’autonomie.
#3 Les partenaires
À l’image de toutes les grandes académies africaines, le Diambars FC, qui a été le pionnier du domaine au Sénégal, compte de nombreux partenaires, comme Oryx Energies, TECTRA ou encore la Nouvelle Minoterie Africaine Sanders.
Le club, qui évoluera cette saison en Ligue 1 sénégalaise, avait d’ailleurs une collaboration avec l’Olympique de Marseille. Chérif Sadio a expliqué :
Un projet comme Diambars ne peut pas se développer durablement sans partenaires solides partageant sa vision. Nous travaillons avec plusieurs entreprises et institutions qui nous accompagnent dans nos activités sportives, éducatives et sociales.
Parmi nos partenaires figurent notamment Oryx Energies, partenaire majeur de notre projet, ainsi que TECTRA, la Nouvelle Minoterie Africaine Sanders, entre autres. Leur accompagnement nous permet de renforcer progressivement nos programmes, d’améliorer les conditions de formation des jeunes et de soutenir le développement du club.
Notre démarche ne consiste cependant pas seulement à rechercher des financements. Nous voulons construire de vrais partenariats stratégiques fondés sur des valeurs communes et sur des projets concrets. Une entreprise qui accompagne Diambars ne soutient pas uniquement une équipe de football : elle participe à un projet éducatif et social qui transforme durablement la trajectoire de jeunes Sénégalais.
Dans le cadre de la politique de développement et de partenariats que nous mettons actuellement en place, nous souhaitons également diversifier nos ressources, renforcer notre identité de marque, développer nos produits dérivés, améliorer notre présence numérique et créer de nouvelles collaborations au Sénégal comme à l’international.
#4 Les objectifs et les ambitions
Après une période en 2e division, le Diambars FC retrouve la Ligue 1 à l’issue de la saison 2025/26. Le club termine 2e de Ligue 2, derrière l’Essamaye FC, et obtient sa promotion dans l’élite sénégalaise. La même saison, Diambars atteint la finale de la Coupe du Sénégal, perdue contre l’Université Sporting Club de Saint-Louis (0-0, 3 tab. 1).
Le directeur du développement et des partenariats de l’Institut Diambars et de Diambars Football Club espère :
À court terme, notre objectif est de réussir notre retour en Ligue 1 déjà acquis et d’y installer durablement Diambars Football Club. La montée obtenue la saison dernière constitue une étape importante, mais elle ne représente pas un aboutissement. Nous voulons retrouver notre place parmi les clubs les plus compétitifs du football sénégalais.
Nous souhaitons construire une équipe capable de rivaliser au plus haut niveau national tout en conservant notre identité : donner la chance aux jeunes issus de notre formation et les accompagner vers le football professionnel. Nous avons également une échéance continentale importante avec notre participation à la Coupe de la Confédération africaine. Cette compétition doit nous permettre de représenter dignement le Sénégal, d’offrir une expérience supplémentaire à nos joueurs et de replacer progressivement Diambars sur la scène africaine.
À moyen et long terme, notre ambition est de consolider l’ensemble du modèle Diambars. Cela passe par l’amélioration continue de la formation, la modernisation de nos infrastructures et de nos outils de travail, le développement de la performance sportive et médicale, une utilisation plus importante des données, ainsi que la diversification de nos ressources économiques. Nous voulons faire de Diambars une institution sportive moderne, performante et économiquement viable, capable de conserver sa vocation éducative tout en répondant aux exigences du football professionnel contemporain.
#5 Les grandes réussites de Diambars
Depuis sa création, le Diambars FC est devenu, par la force des choses, l’un des piliers du football sénégalais. Plusieurs joueurs ont évolué dans les différentes catégories, à l’image d’Idrissa Gana Gueye, Serigne Kara Mbodj, Pape Ndiaye Souaré, Pathé Ciss et Bamba Dieng. Cet été, Etienne Mendy a rejoint les rangs de l’AS Saint-Etienne.
Chérif Sadio raconte :
Cela peut naturellement être mesuré à travers le nombre de joueurs formés par l’Institut qui ont rejoint des championnats professionnels, disputé des compétitions internationales ou représenté le Sénégal dans les différentes catégories.
Des joueurs comme Idrissa Gana Gueye, Pathé Ciss, Bamba Dieng, Abdoulaye Faye, Mouhamed El Bachir Ngom, Pape Demba Diop ou encore Massire Sylla, illustrent la capacité de Diambars à accompagner des jeunes jusqu’au très haut niveau. Certains ont participé aux plus grandes compétitions internationales et contribué aux succès historiques de l’équipe nationale du Sénégal.
Au fil des années, de nombreux autres joueurs formés à Diambars ont également rejoint des clubs en Europe, en Afrique et dans différents championnats professionnels. Cette présence régulière constitue une reconnaissance importante de la qualité de notre formation. Les transferts sont indispensables à l’équilibre économique d’une académie comme la nôtre, mais à leurs familles également.
Ils permettent de valoriser le travail accompli pendant plusieurs années et de réinvestir dans la détection, l’encadrement, la scolarité, les infrastructures et la formation des générations suivantes. Mais notre stratégie ne consiste pas à transférer les jeunes le plus rapidement possible. Nous voulons identifier le bon projet sportif, le bon environnement et le bon moment pour chaque joueur.
Il a ajouté :
Surtout, nous ne réduisons pas la réussite de Diambars aux carrières professionnelles ou aux montants des transferts. Elle se mesure également au parcours scolaire et humain de tous les jeunes passés par l’Institut. Tous ne deviendront pas internationaux ou joueurs professionnels, mais chacun doit pouvoir sortir de Diambars avec une éducation, des valeurs, des compétences et de véritables perspectives d’avenir. C’est probablement cela la plus grande réussite de notre modèle : avoir démontré qu’en Afrique, il était possible d’associer durablement l’exigence du haut niveau sportif à une véritable ambition éducative.
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