Au micro d’Africafoot après la victoire du Cameroun face aux Comores (3-1), l’ancien entraîneur adjoint des Lions U23, Laurent Djam, a livré une analyse pointue de la rencontre, entre satisfaction tactique et coup de gueule sur la sécurité.
La philosophie de Pagou
Pour le technicien camerounais, il faut d’abord comprendre la philosophie du sélectionneur David Pagou avant de le critiquer :
Je crois qu’on a assisté à une belle rencontre. J’entends les gens parler de l’organisation du jeu et du plan que le coach met en place, mais il faut reconnaître qu’il met son organisation en place en fonction de son système de jeu. Et dans le système, c’est pour ça que vous allez constater qu’il y a beaucoup de joueurs qui rentrent dans sa présélection, parce que son organisation demande beaucoup d’énergie à dépenser.
Sur le contenu proposé, malgré seulement deux jours de préparation, il a vu du mieux par rapport à la dernière CAN :
On a vu une équipe new-look qui ne ressemblait pas à celle de la CAN. Les Comores, qui ont toujours été une équipe difficile pour le Cameroun, n’ont pas démontré grand-chose. On a vu qu’en deux jours, le coach a essayé de mettre quelque chose en place. On sent qu’il avait déjà visionné ces joueurs avant et ce qu’il a proposé était intéressant dans le contenu et les phases de jeu.
Les tops : Danny Namaso, Samuel Kotto et Bryan Mbeumo
Parmi ses satisfactions, deux noms ressortent clairement. Danny Namaso d’abord, pour son intelligence de placement, même s’il doit encore progresser dans le jeu collectif :
On a vu une équipe qui utilise le ballon avec un joueur comme Namaso qui se dispose bien, qui amorce les attaques et organise le jeu. Même si je pense qu’il est encore un peu égoïste, il gagnerait à donner des ballons à temps et à faire preuve d’altruisme. Il a délivré une passe décisive et marqué un but, donc il a clairement été le facteur X de cette rencontre.
Parcours de Danny Namaso, coûts des transferts, rémunération et plus
Ensuite, Samuel Kotto, le défenseur du Stade de Reims en Ligue 2, qu’il a trouvé solide et entreprenant :
On a quand même un Samuel Kotto qui fait bien son travail. Il est solide dans les duels et fait preuve de sérénité. Ce qui est une très bonne chose pour un défenseur. En plus, il essaie de participer au jeu en tant que rampe de lancement et essaie de se projeter vers l’avant. C’est intéressant pour un défenseur.
Il note aussi le mieux chez Bryan Mbeumo :
Au niveau de l’attaque, Mbeumo est un joueur qui a intérêt à prendre un peu plus ses responsabilités. Il est le leader et doit se donner un peu plus que les autres. Toutefois, son apport est déjà conséquent et il a fait un match correct, même s’il pouvait faire mieux. Je vois qu’il commence à prendre de la confiance et le but marqué va lui faire du bien.
Parcours de Bryan Mbeumo, coûts des transferts, salaires et plus
Les flops : les fautes évitables
Malgré une équipe qu’il juge bien organisée, il pointe les fautes évitables qui ont coûté le but sur coup franc dévié :
On a vu une bonne équipe bien organisée, mais une défense attentiste qui a conduit à ce but concédé sur coup franc dévié. On gagnerait à éviter ce genre de fautes les prochaines fois. Maintenant, il faut regarder ce qui n’a pas marché et s’appuyer dessus, mais surtout marcher sur ce qui a marché et le fructifier.
Le coup de gueule : la sécurité
Son plus gros coup de gueule reste extra-sportif et concerne la sécurité d’après-match, où plusieurs individus se sont introduits sur la pelouse avec leurs téléphones pour approcher les joueurs :
Comme point faible, je crois qu’il faut que la sécurité soit un peu plus sérieuse. On ne peut pas voir, après le match, des individus qui entrent avec les joueurs avec les téléphones, ça pouvait être un poignard, ça pouvait être un couteau. Pour moi, c’est le plus important.
Le cas du gardien
Il conclut enfin avec une préférence personnelle pour le poste de gardien :
J’aurais pensé peut-être qu’il aurait aligné Simon Ngapandouetnbu au lieu de Blondy Noukeu, qui a montré des signes de fébrilité parce que je le connais un peu, mais le reste, je crois que c’était bien. Qu’il continue dans cette voie-là, c’est tout le meilleur qu’on lui souhaite.
Conclusion
Une analyse d’autant plus crédible que Laurent Djam connaît parfaitement cette génération. Durant son passage chez les U23, il a eu sous son aile plusieurs des Lions d’aujourd’hui, à l’image de Simon Ngapandouetnbu, Arthur Avom, Stéphane Keller, Samuel Kotto ou encore Alioum Moubarak. Des joueurs qu’il a vus grandir et dont il suit l’éclosion en sélection A avec un regard à la fois exigeant et bienveillant. Pour lui, si le Cameroun garde cette rigueur et corrige ses failles défensives et sécuritaires, les Lions ont les armes pour aller loin.




