À quelques semaines du lancement ou déjà dans le vif des championnats, Roger Janvier Enama, entraîneur, formateur et président du centre Bénin Foot Académie, livre une lecture sans détour des premiers pas de cinq internationaux béninois qui ont changé de club cet été.
Son critère principal n’est pas le prestige du maillot, mais le temps de jeu. Lors d’une interview exclusive accordée à Africafoot, il a affirmé :
Le temps de jeu est très important.
L’homme n’arrive pas en observateur improvisé. Formateur de base, entraîneur en championnat national, il rappelle que Bénin Foot Académie a déjà produit plusieurs professionnels, parmi lesquels Désiré Sègbè Azankpo, et que plus d’une trentaine de ses jeunes évoluent aujourd’hui dans le championnat local. Quatre autres se préparent pour la Turquie avec des partenaires turcs. C’est sur cette expérience qu’il appuie son diagnostic.
#1 Abdoul Rachid Moumini (FC Shamakhi, Azerbaïdjan) : le retour qui rassure
Quatre matchs, quatre titularisations. Pour Enama, Moumini est le symbole du joueur qui a repris sa place après blessure. Il souligne :
Le coach compte tellement sur lui.
À l’autre bout de l’Europe, le latéral donne des garanties concrètes : régularité, confiance du staff, minutes accumulées. Dans une sélection qui cherche à renouveler son ossature, ce profil compte :
C’est un type de joueur sur lequel nous pouvons compter pour bâtir une nouvelle génération des Guépards.
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#2 Mattéo Ahlinvi (Farul Constanța, Roumanie) : le « trois étoiles »
C’est le plus clair des cinq. Huit matchs, huit titularisations, deux buts, une passe décisive. Enama n’hésite pas à dire :
C’est quelqu’un à qui nous pouvons attribuer trois étoiles.
Le milieu n’est plus un espoir lointain. Il est déjà un point d’appui pour la relève. Le formateur en profite pour adresser un message aux médias et à l’entourage de la sélection : relayer ses performances, le mettre en confiance, le suivre de près.
Selon lui, Ahlinvi a le niveau pour viser plus haut que la SuperLiga roumaine, jusqu’à des clubs d’élite européens :
C’est un garçon qui a vraiment une qualité, capable d’aller plus loin que le niveau qu’il a aujourd’hui.
#3 Tamimou Ouorou (CSKA Sofia, Bulgarie) : le temps de la patience
Issu de l’USS Kraké, passé par les cadets puis les juniors, Ouorou a franchi un palier en rejoignant le CSKA Sofia. Les chiffres, eux, restent modestes : un match sur huit, 31 minutes depuis fin juillet.
Enama refuse d’y lire un recul :
Ce n’est pas quelqu’un sur lequel nous pouvons dire qu’il est en baisse de forme. Il est en post-formation.
Le diagnostic est pédagogique : laisser le joueur s’installer, accepter la progressivité. À 23 ans, le défenseur n’est pas jugé sur un début de saison incomplet, mais sur sa trajectoire.
#4 Yohan Roche (Iraklis Thessalonique, Grèce) : la valeur sûre
Déjà capé depuis plusieurs années, Yohan Roche n’a plus à prouver qu’il appartient à l’équipe nationale. Cet été, le joueur s’est engagé avec Iraklis Thessalonique. En Grèce, deux matchs sur trois, 90 minutes à chaque sortie.
Enama tranche :
C’est déjà une valeur sûre.
Le défenseur central apporte ce que la sélection cherche souvent : fiabilité, volume de jeu, expérience. Pour le formateur, il fait partie de ceux sur lesquels on peut « véritablement compter » pour accompagner la nouvelle génération.
#5 Felipe Santos (True Bangkok United, Thaïlande) : la confiance à reconquérir
Le plus fragmentaire des cinq dossiers. Un match, trois minutes, dès la première journée du championnat thaïlandais. Le message du coach local est limpide : la confiance n’est pas encore totale.
Enama ne le cache pas sur Felipe Santos :
C’est un garçon qui est encore assez à éprouver. Il doit beaucoup travailler pour gagner la confiance de son entraîneur.
Mais le verdict national reste positif : pour le Bénin, Santos demeure « une valeur sûre » et « un joueur d’avenir ». À condition de le suivre, sans le brûler.
Le tableau dressé par Enama n’est pas uniforme. Deux joueurs s’imposent déjà comme des piliers du club : Ahlinvi et Moumini. Roche confirme son statut. Ouorou et Santos, eux, sont encore dans la phase d’adaptation.
Tableau récapitulatif
| Joueur | Club | Valeur marchande |
| #1 Abdoul Rachid Moumini | FC Shamakhi | 450 000 euros |
| #2 Mattéo Ahlinvi | FCV Farul Constanta | 250 000 euros |
| #3 Tamimou Ouorou | CSKA Sofia | 450 000 euros |
| #4 Yohan Roche | Iraklis Thessalonique | 500 000 euros |
| #5 Felipe Santos | True Bangkok United | 1,4 million d’euros |



